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L'Italie de Matteo Renzi a du mal à redresser la barre


Malgré ses promesses, le premier ministre italien n'arrive pas à relancer les moteurs de la péninsule. Les comptes sont toujours dans le rouge, le chômage persiste et Bruxelles s'inquiète.



Matteo Renzi n'arrive pas à faire redécoller l'Italie (photo : présidence du conseil italien)
Matteo Renzi n'arrive pas à faire redécoller l'Italie (photo : présidence du conseil italien)
ITALIE. Récession, déflation, réduction des dépenses publiques, chômage. En Italie, les changements ponctuels de gouvernement n'ont aucun impact sur le lexique économique qui traduit toujours avec les mêmes mots, une situation difficile.

"Nous perdons encore 1 000 emplois par jour, l'économie réelle a besoin d'un gouvernement qui agisse vraiment au lieu de prétendre qu'il agit" déclarait Luigi Angeletti, le secrétaire général du syndicat UIL (Union italienne du travail) début septembre 2014.

Le constat est sévère, mais réel. En juillet 2014, le taux de chômage était estimé à 12,6% au niveau national avec des pointes de 41 voire 42% chez les jeunes qui émigrent de plus en plus vers des cieux plus propices ou soi-disant tels. 

L'Institut national de statistiques (Istat), annonce une poursuite de la baisse des prix durant le courant de l'automne. Les derniers chiffres sur le PIB publiés durant le mois d'août soulignent une nouvelle contraction de 0,2% pendant le deuxième trimestre 2014 qui s'ajoute à la baisse enregistrée au cours du premier trimestre de l'année en cours.

Autre mauvais signal: le taux de croissance qui devait frôler la barre des 0,8% d'ici la fin de l'année selon les prévisions optimistes du gouvernement de Matteo Renzi, ne devrait pas dépasser les 0,3%. Enfin, le déficit en mai 2014 avait littéralement explosé avec un chiffre record de 2166 mrds€, c'est-à-dire 100 mrds de plus que l'an passé. Sur le front de l'industrie et du commerce, les drapeaux sont en berne.

Selon Confesercenti, la confédération des commerçants, environ 302 magasins ont mis chaque jour la clef sous le paillasson durant le premier semestre 2014. Toujours durant les six premiers mois de l'année, 8 101 entreprises ont déclaré faillite soit une augmentation de 10% par rapport au premier semestre 2013. Le bâtiment fait partie des secteurs les plus atteints.

"L'Italie n'est pas le seul pays touché par une situation économique difficile. La France traverse une période plus ou moins identique. L'un des gros problèmes de la reprise concerne la politique monétaire imposée par Bruxelles et qui est totalement impuissante" souligne Sergio De Nardis, chef du département économique de l'institut d'études économiques Nomisma.
"Quant aux réformes structurelles réclamées par Bruxelles, elles ne peuvent pas être mises en place en période de récession. À titre d'exemple, la BCE devrait adopter des taux d’intérêt négatifs, ce qui est impossible. J'ai le sentiment que nous nous trouvons dans une situation identique à celle de 1930. On demandait aux pays en déficit d’être vertueux et de se prendre en charge tandis que les pays en surplus, ne voulaient pas intervenir et participer à l'effort de redressement de leurs partenaires" poursuit-il.

Pour Sergio De Nardis, il convient d'être particulièrement attentif, la crise de 1930 ayant été suivie par la Deuxième Guerre mondiale. "Nous ne sommes pas dans ce type de scénario, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas tout mettre en œuvre pour éviter un schéma de prospective de désagrégation de la monnaie unique et de l'union monétaire" assène l'économiste italien.

Bruxelles tire la sonnette d'alarme

La situation italienne appartient toutefois à la catégorie des très mauvais scénarios pour les techniciens de Bruxelles. Ils ont demandé au jeune président du Conseil de concrétiser ses multiples promesses sur la reprise de l'Italie grâce à la mise en place d'une nouvelle équipe plus jeune et plus dynamique après la chute du gouvernement d'Enrico Letta.  
 
Mais visiblement le message a du mal à passer. Le Florentin continue de multiplier les déclarations à l'emporte-pièce sur les réformes ciblées par son gouvernement pour remettre l'Italie sur les rails. Ainsi, il annonçait, la veille de la rentrée du 1er septembre 2014, la mise en œuvre de deux grands chantiers: la justice, dont les coûts et la lenteur sont exaspérants, et l'accélération des grands travaux sur les infrastructures avec notamment la construction de nouveaux réseaux ferroviaires dans le sud de la botte.

Pour rassurer Bruxelles, Matteo Renzi a aussi promis que son gouvernement respectera les grands principes sur la maîtrise des déficits. "Voici six mois, j'aurais prédit une reprise timide au mois de septembre. La situation actuelle nous surprend, mais il ne faut pas accuser le gouvernement de tous les maux de la péninsule. Il est normal qu'un nouveau premier ministre suscite des attentes et l'espoir. Nous avons toujours tendance à imaginer qu'il sera une sorte de magicien capable de redresser la situation en peu de temps. Matteo Renzi a joué sur ces attentes en multipliant les promesses" estime Sergio De Nardi. 
 
Après avoir exclu de nouvelles augmentations d'impôts pour ne se pas fâcher un peu plus avec les Italiens, l’exécutif a annoncé un nouveau train de mesures pour réduire les dépenses notamment dans l'administration publique qui crie famine. Le gel des salaires des fonctionnaires bloqués depuis 2010 a été reconduit jusqu'en 2015 ce qui permettra à l’État d'économiser 21 mrds€.
 
Mais cette décision a provoqué la colère des syndicats et des forces de l'ordre qui brandissent pour la première fois, l'arme de la grève. L'idée est de réduire les dépenses publiques de 20 mrds€ d'ici la fin 2014. Dans cette optique, les ministères vont subir un régime strict, l'objectif étant de réduire les frais de 3%. Le conseil des ministres devrait annoncer, mi-septembre 2014, le type de coupes qui seront effectuées.




Mardi 9 Septembre 2014



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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