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L'Italie adopte un plan de rigueur allégé


Malgré les menaces des marchés qui critiquent l'état des finances publiques et l'endettement massif de l'Italie, Silvio Berlusconi a finalement du sacrifier quelques mesures de son plan d'austérité pour satisfaire sa majorité. La taxe sur les revenus des plus riches est ainsi abandonnée.



Silvio Berlusconi et Umberto Bossi ont réussi à s'entendre sur le plan de rigueur (photo DR)
Silvio Berlusconi et Umberto Bossi ont réussi à s'entendre sur le plan de rigueur (photo DR)
ITALIE. Le plan d'austérité budgétaire a été adopté dans l'urgence lundi 29 août 2011 en Italie après des concessions de Silvio Berlusconi aux différentes composantes de sa coalition gouvernementale et notamment à Umberto Bossi, le patron de la Ligue du nord. Sept heures de discussions ont été nécessaire pour arriver à un accord.

Principal recul, l'abandon de la taxe sur les revenus élevés (contribution de solidarité) qui devait toucher les Italiens les plus riches avec un prélèvement de 5% sur les revenus supérieurs à 90 000 € par an et de 10% au-dessus de 150 000 €. Prévue lors de la présentation du plan de rigueur le 12 août 2011, cette mesure sera remplacée par une lutte plus accrue contre les évasions fiscales. Avec principalement une taxe sur le patrimoine des fraudeurs. Mais les parlementaires resteront assujettis à cette contribution de solidarité.

Autres révisions, les années de service militiare ou d'études ne seront plus inclues dans le décompte des années de cotisation pour la retraite et le gouvernement a finalement reculé en réduisant le montant des économies réclamées aux collectivités locales. La pression de la Ligue du Nord était très forte sur ce point. La hausse de la TVA de 20 à 21% prévue dans la première mouture est également abandonnée.

Par contre, pour lutter contre les coûts de la classe politique, le plan d'austérité prévoit une réforme constitutionnelle qui permettra de réduire de moitié le nombre de parlementaires tout en supprimant les Provinces au profit du renforcement des régions.

L'opposition gronde

Le plan d'austérité prévoyait une réduction des dépenses budgétaires de 45.5 mrds€ sur deux ans permettant un retour à l'équilibre budgétaire en 2013 soit un an plus tôt que programmé initialement. La dette publique de l'Italie se chiffre à 1 900 mrds€ représentant environ 120 % du PIB. Il arrive en complément d'une cure d'austérité de 48 mrds€ déjà adoptée mi-juillet 2011.

Faisant profil bas, Giulio Tremonti, ministre italien de l'économie sur la sellette, à l'origine de ce plan d'austérité beaucoup remanié, a annoncé que les discussions entre Silvio Berlusconi et les autres ministres de sa fragile majorité se sont avérées "fructueuses". Le montant global du plan ne serait pas modifié selon le gouvernement, qui prévoit de faire adopter d'autres mesures pour compenser les retraits par rapport à la première mouture. Reste à voir si ces mesures sacrifiées sur l'autel de la bonne entente des différentes composantes de la majorité gouvernementale vont satisfaire les marchés titillés par un état pitoyable des finances publiques italiennes et un endettement massif.

Mais l'opposition s'inscrit en faux sur les déclarations du gouvernement et considère que le plan "frappe les plus faibles et les pauvres gens, ne fait rien pour la croissance et ne nous met pas à l'abri de la tempête", selon le leader du Parti démocrate, Pierluigi Bersani.

Par ailleurs, les maires des grandes villes toutes tendances confondues ont manifesté à Milan où se réunissaient Silvio Berlusconi et Umberto Bossi dans la villa luxueuse du président du Conseil italien. Tous réclament plus d'efforts de l'Etat. Le maire de Rome, Gianni Alemano, pourtant de droite, affirme que "l'Etat représente 75% des dépenses publiques. Il devrait donc faire 75% des efforts et non 24% comme prévu." Son homologue de Milan, de centre gauche, Giuliano Pisapia se plaint également : "Ils taillent dans les fonds aux collectivités locales qui sont les plus proches des citoyens." Il suggère lui aussi de "tailler dans les dépenses au niveau national."

Ces modifications seront soumises sous forme d'amendements au Sénat. L'objectif du gouvernement est de faire voter définitivement ce plan d'austérité par le Parlement d'ici le 18 septembre 2011.


Astrid Jousset avec Frédéric Dubessy


Mardi 30 Août 2011



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