L'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée trace sa feuille de routeLors d'une réunion à Barcelone, l'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée (Catalogne, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Îles Baléares) affiche ses priorités : les projets créateurs d’emploi et favorisant la construction européenne. L’innovation, l’enseignement supérieur, le développement durable et la culture s’inscrivent dans l’agenda eurorégional pour les années à venir.
Les quatre représentants de l'Eurorégion (de gauche à droite) : Antonio Gomez, Artur Mas, Martin Malvy et Christian Bourquin (photo : F. Matéo)
ESPAGNE / MÉDITERRANÉE. Huit ans après la création de l'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, ayant pour vocation la coopération et le développement au nord-ouest de la Méditerranée, il faut bien reconnaître que ce GECT (Groupement Européen de Coopération Territoriale) a du mal à se donner une identité institutionnelle forte.
D'abord à cause des turbulences internes, qui ont entraîné le départ des régions d'Aragon et de Valencia. Aujourd'hui, l'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée est donc composée de la Catalogne, Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon et les Îles Baléares. Mais les difficultés sont aussi conjoncturelles ; à l'heure des restrictions à tout va, il est évidemment plus difficile de fédérer les volontés sur des institutions transversales et transfrontalières. Un constat que Christian Bourquin, président de la Région Languedoc-Roussillon, a voulu prendre à contrepieds : « L’Eurorégion est une structure pour faire face à la crise économique, parce qu'une partie de la solution est sur nos territoires ». Une volonté affichée au terme de la réunion du 13 février 2012 à Barcelone, où le président de la Generalitat de Catalogne, Artur Mas, a fait le point avec homologues sur les projets créateurs d’emploi de l'Eurorégion, dans le contexte de l'intégration européenne. « Premier campus d'Europe »
Pour stimuler l'activité, l’éducation fait partie des principaux « leviers » de l'Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, dont Christian Bourquin a rappelé qu'elle représente « le premier campus d’Europe », avec plus de 500 000 étudiants et plus de 80 établissements d'enseignement supérieur. Dans ce contexte, l’Eurorégion va lancer des doubles diplômes, des co-tutelles de thèses et favoriser la mobilité des étudiants et des enseignants. Ces nouvelles dynamiques permettront « d’investir dans les jeunes talents pour faire face à la crise économique actuelle», souligne le président de la région Languedoc-Roussillon.
Les représentants politiques ont également constaté que le pourcentage d’investissement en « recherche et développement » des régions du GECT Pyrénées-Méditerranée est supérieur à la moyenne nationale. D'où la volonté d'orienter les actions en matière d'innovation, notamment dans les secteurs stratégiques de la bio-médecine et de l'aéronautique. L'objectif est d’arriver à « une véritable économie de la connaissance sur le territoire », souligne le président de la Région Midi-Pyrénées, Martin Malvy. L'idée étant également de prolonger ce volet éducatif jusqu'à la création d'emplois à travers le projet Creamed, d'aide au financement des pépinières d'entreprises au sein de l'Eurorégion ; cette initiative bénéficie d'un budget de 1,4 M€, financé à 75% par les fonds européens du FEDER. Le « conseiller » de la Communauté des Baléares, Antonio Gomez, a rappelé que sa région accueillera en décembre 2012 le troisième forum Creamed, dédié justement à ces « incubateurs d'entreprises ». Et dans le cadre de cette politique, l'Eurorégion veut particulièrement se positionner sur le créneau du développement durable, en s'inscrivant dans les programmes « Énergie Intelligente pour l'Europe » ou « LIFE + » de la Communauté Européenne, dans l'optique du nouveau cadre de programmation qui va être défini pour les cinq ou six prochaines années. Des infrastructures pour traverser les Pyrénées
Artur Mas relance le projet de prolongement des eaux du Rhône jusqu'en Catalogne (photo : Generalitat de Catalunya)
De son côté, Artur Mas a souligné à Barcelone les enjeux de la coopération entre les différents territoires en matière d'infrastructures. À commencer par le développement du « corridor Méditerranéen », impliquant un renforcement des liaisons ferroviaires, routières et maritimes.
Le président de la Generalitat a assuré notamment que la ligne de train à grande vitesse entre Barcelone et Perpignan (via Gérone et Figueras) sera terminée d'ici la fin de cette année. Avant de rappeler que la traversée des Pyrénées concerne également des projets d'infrastructures aussi importants que l'électricité, le gaz et l’eau. « Le dialogue que nous entretenons dans le cadre de l'Eurorégion doit notamment faciliter la mise en œuvre d'une solution pour le transfert des eaux du Rhône, afin de régler durablement les problèmes de sècheresse que nous connaissons régulièrement en Catalogne». Le président catalan a réveillé ainsi un vieux serpent de mer, qui suscite d’ailleurs davantage d'oppositions entre la Generalitat et le gouvernement central espagnol qu'avec les autorités françaises. Francis Mateo, à BARCELONE
Mercredi 15 Février 2012
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