L'Europe sauve la Grèce
Après des semaines de tergiversations, les chefs d'Etats européens trouvent un accord sur les modalités d'un plan d'aide à la Grèce et de sauvetage de l'Euro.
George Papandréou, premier ministre grec, Herman Van Rompuy, Président du Conseil Européen, Jose Manuel Barroso, Président de la Commission européenne : un accord difficile à trouver mais finalement obtenu. Photo Conseil de l'Union européenne.
Europe: Il aura fallut tout de même plusieurs semaines de négociations en coulisse et sept heures de discussions directes entre chefs d'Etats pour que l'Europe trouve une solution (déclaration complète ) à la crise financière grecque et en cascade à celle qui se dessinait pour les pays du sud de la zone euros. Ils revoient le contenu du premier plan de sauvetage, trop brutal au niveau des taux d'intérêts comme des délais de remboursement. Le remède qui risquait de tuer les malades est enfin adouci. Le fonds européen de stabilité financière (FESF) lancé en 2010 est dopé. Mais surtout, il pourra ainsi lever de l'argent sur les marchés financiers. Puis il prêtera les sommes collectées, à des taux variant de 3,5 à 4%, aux pays trop fortement endettés pour pouvoir se refinancer à des taux acceptables. La Grèce, l'Irlande et le Portugal vont donc voir baisser les taux d'intérêts de leurs dettes. Pour la première fois, le FESF ne va pas se contenter d'acheter de nouvelles émissions de dettes, mais pourra acquérir de la dette publique sur les marchés, à condition que la BCE et l'unanimité des Etats de la zone euro aient donné leur feu vert. Il devient ainsi de fait l'outil de solidarité prôné par la Commission européenne. Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, estime qu'il s'agit d'un pas vers les euro-obligations et que le FESF devient le premier instrument de mutualisation de la dette. Le FESF pourra également prêter directement à des banques en difficulté. Seconde avancée, le FESF ne prêtera plus à 10 ans mais à 15, voire 30 ans. Il s'agit d'une avancée considérable car le premier plan ne donnait pas le temps à la Grèce de relancer son économie en pleine récession. Cette évolution (révolution?) du rôle du FESF prendra plusieurs mois car elle exige une modification des statuts du fonds et un vote des parlements nationaux.
Les banques mettent la main à la poche.
L'Euro enfin sauvé? Photo DR.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a obtenu gain de cause concernant la participation des banques privées à l'effort de redressement de la Grèce. Les établissements financiers vont dégager 50 Mds€. 37Mds€ iront à une contribution volontaire sous forme d'abandon de créances et 12,6 Mds€ serviront à racheter aux marchés une partie de la dette grecque. De plus, les banques limiteront les taux d'intérêts des emprunts grecs à 4,5% sur 30 ans. Parallèlement, l'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente 400 grands investisseurs privés, a annoncé jeudi 21 juillet que les banques et assureurs créanciers de la Grèce participeraient à un nouveau plan d'aide. Ils apportent en 2011 à Athènes un financement de de 54 Mds€ sur trois ans, et 135 Mds€ sur dix ans. "Nous sommes prêts à participer à un programme volontaire d'échange de dette et à un plan de rachat de dette conçu par le gouvernement grec", indique l'IIF. Les investisseurs vont soit refinançer la Grèce avec des titres de maturité plus longue, soit maintenir leurs engagements en reprenant des titres de même maturité, soit vendre leurs obligations grecques avec une décote. Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé son implication dans le sauvetage de la Grèce. Il s'est engagé à fournir les 12,5 Mds€ manquant au prêt de 30 Mds€ qu'il a accordé à Athènes en 2010. Pour éviter une récession trop importante de la Grèce, la Commission européenne crée une cellule spéciale chargée d'aider la Grèce à mettre en place les réformes votées et de mobiliser les « fonds structurels » européens non consommés pour financer des projets d'infrastructure. Ils représenteraient une enveloppe de 8 Mds€. Enfin, au niveau politique, les chefs d'Etats français et allemands ont annoncé qu'ils feraient cet été des propositions en vue d'un renforcement de la gouvernance de la zone euro, afin d'éviter à l'avenir les hésitations de ces derniers mois. Au total, le plan de sauvetage de la Grèce représente donc une enveloppe de 158 Mds€, les deux tiers de la somme étant abondés par l'Europe. Il devrait faire reculer le taux d'endettement de la Grèce de près de 20% et couvrir ses besoins d'endettement jusqu'en 2020. Ce plan semble avoir convaincu les marchés. Toutes les bourses européennes sont repartis à la hausse à la suite de la divulgation de son contenu.
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