L'Europe redevient le premier investisseur dans les pays du sud de la MéditerranéeEn 2009, les IDE en Méditerranée ont mieux résisté à la crise que dans le reste du monde et l'Europe a repris sa place de premier investisseur dans la région, jouant la carte de la proximité et des relations à plus long terme. Ce sont les principaux enseignements du bilan qui vient d'être publié par l'Observatoire Anima et désormais accessible en temps réel par cartographie internet.
ANIMA publie désormais un Atlas en ligne des investissements en Méditerranée réactualisé en temps réel
MEDITERRANEE. Sans surprise, 2009 a été marquée par une baisse des Investissements directs étrangers (IDE) dans les pays de la Méditerranée. Le montant net des IDE s'élève à 32,3 mds€, en diminution de 17% par rapport à 2008 (39,08 mds€).
"Mais c'est nettement moins que la baisse au niveau mondial qui a été de 35%", remarque Benedict de Saint-Laurent, délégué général d'Anima qui vient de publier la dernière mouture de l’Observatoire des annonces d’investissement et de partenariats en Méditerranée (ANIMA-MIPO), réalisé dans le cadre du programme européen Invest in Med. On est loin des records de 2006 où le total des IDE avait atteint 65,22 mds€ pour une moyenne d’investissements de 89 M€ contre 62,3 M€ en 2009! Il est vrai que cette année là comme en 2007, les IDE avaient culminé « sous la poussée d’un nouvel arrivant, les pays du Golfe, dans un contexte d’Eldorado », remarquent les auteurs du rapport. L’Eldorado c’était alors la hausse des prix pétroliers, le besoin de diversification des pétrodollars dans l’immobilier, le tourisme, la banque ou encore les opportunités conjoncturelles comme la privatisation des télécoms. Le bonus de la proximité
Mais ces grandes tendances se sont enrayées dès 2008 et plus fortement encore en 2009. Avec la fin de cet argent facile, les investissements des pays du Golfe ont sensiblement diminé et l’Europe est redevenue le premier investisseur de la région. "C'est le bonus de la proximité", remarque Benedict de Saint-Laurent. Avec quelques évolutions notables.
Depuis 2008, la France est largement dépassée par le Royaume-Uni qui investit dans des gros projets énergétiques. L’Italie est dépassée par l’Allemagne et par les Pays Bas. Les Etats-Unis reste le premier pays d’origine des IDE mais avec une chute considérable, les flux investis passant ainsi de 19,04 mds€ en 2006 à 4,3 mds€ en 2007 puis 4,56 mds€ en 2008 et 3,7 mds€ en 2009. Enfin sur sept ans, les investissements intra-MED ne représentent que 5% du flux total entrant sur la région (12,7 mds€), « témoignant d’une faible intégration régionale et de pays qui comptent davantage sur l’extérieur que sur leurs voisins proches ». Une nouvelle forme de partage de la valeur entre le nord et le sud
Le nombre de projets réalisés en partenariat a explosé en 2009 (document ANIMA-MIPO)
Autre nouveauté particulièrement tangible en 2009 : le boom des partenariats! ANIMA-MIPO en recense 300 contre 203 en 2008. « Il y a un effet de substitution entre les IDE et les partenariats d’affaires qui (…) augure une nouvelle forme de partage de la valeur entre entreprises du nord et du sud de la Méditerranée », estime le rapport.
Pour les responsables d’Anima, la région MED traverse la crise de façon atténuée. D'autant que la baisse de 17% des IDE est largement imputable à la chute des investissements en Turquie (15,3 mds€ contre 19,9 mds€ en 2008) et en Israël (2,5 mds€ contre 3,3 mds€), plus mondialisés et donc plus touchés par la crise. En revanche le montant global des IDE a légèrement augmenté pour les pays arabes du Maghreb et du Machreck. Pour l’avenir, l’optimisme est de rigueur avec une reprise sensible au dernier trimestre 2009 et surtout au premier trimestre 2010. Le nombre d’annonces d’investissements est en hausse de 50% et les partenariats progressent de 60% , mais le montant net des investissements est stable avec 7,1 mds€ annoncés entre janvier et mars. On constate également un retour des grands projets avec dix dossiers entre 1 et 2 mds€ et 4 mégaprojets de plus de 2 mds€. « Le réservoir de croissance qui existe dans la région Med devrait continuer à encourager les entreprises», estiment les rapporteurs. L'Atlas en ligne de l'investissement et des partenariats : www.medmaps.eu Lire aussi : Les IDE en Turquie pourraient atteindre les 10 mds$ en 2010 Chute des investissements directs étrangers en Algérie Brigitte Challiol
Mardi 18 Mai 2010
Lu 1937 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info |
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version
Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.
Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Par Michel Roche, consultant Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.
|
|
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||




Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Par Michel Roche, consultant 







