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L'Europe pose ses conditions aux pays en transition


Au cours d'un séminaire réservé aux journalistes européens et de la rive sud de la Méditerranée, Michael Mann, porte parole principal de Catherine Ashton, et Bernardino Leon, représentant spécial de l'Union européenne pour la Méditerranée du sud, ont précisé la position de l'Europe sur les pays en transition démocratique.Une aide conditionnelle.



Bernardino Leon gère pour l'Union européenne les pays en transition (photo F.Dubessy)
Bernardino Leon gère pour l'Union européenne les pays en transition (photo F.Dubessy)
« Nous ne sommes pas là pour imposer quoi que ce soit mais pour aider les pays du printemps arabe à réussir leur transition. » Pour Michael Mann réaffirme la conditionnalité de cette aide.  

Dans son intervention, lors d'un séminaire sur « les relations euroméditerranéennes et le printemps arabe deux ans après » à Bruxelles jeudi 6 juin 2013, le porte parole principal de Catherine Ashton, vice présidente et haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a répété le slogan « more for more » (« plus pour plus » à la centaine de journalistes venus d'Europe et de la rive sud.

« Ce concept s'applique à tous les pays. Nous débloquerons les sommes selon le développement de ces pays vers une démocratie, le travail constaté en ce sens sur le terrain. Plus ils font de réformes pour arriver à cela, plus nous les aiderons. Nous sommes leurs voisins donc les mieux placés pour le faire. Le fait qu'ils aillent chercher des fonds ailleurs (ndlr : Arabie Saoudite, Qatar, Asie....) ne nous dérange pas ! » souligne-t-il.


"Nous travaillons sans a-priori"

Dans les pays en transition, la position de l'Europe semble claire : « Nous discutons avec et nous aidons les gouvernements qui ont été élus démocratiquement. » Michael Mann souligne toutefois la nécessité d'installer la démocratie dans le temps et pas seulement pour une élection. Ce que Catherine Ashton qualifie de « deep democracy ». Pour Bernardino Leon, représentant spécial de l'Union européenne pour le sud de la Méditerranée, qui intervenait la veille, « Si après une élection libre, un gouvernement est désigné, nous n'avons pas à nous prononcer sur ce choix. Il ne faut pas juger sur ce qu'ils disent mais sur ce qu'ils feront ! » Et de poursuivre, « tant que la transition continue et que les droits de l'homme sont respectés, nous travaillons sans a-priori. Mais si les limites sont dépassées, ce pays ne sera pas un partenaire pour l'Europe. »

A propos de la situation en Égypte, Michael Mann se veut ferme. "L’Égypte a connu un grand bond même s'il reste des problèmes à régler que l'Europe connait. Dans ce pays, une transition est en route et nous l'encourageons. Il existe beaucoup d'argent pour aider ce pays mais cet argent est conditionnel. Nous voulons un dialogue entre le gouvernement et l'opposition. » Même avis de Bernardino Leon pour qui, « en période de transition, il est important d'écouter tout le monde avant de prendre des décisions. Le dialogue, par exemple en Égypte demeure indispensable. »


"Il appartient à chaque pays de décider quel modèle il veut suivre"

Quant à la Syrie, affirme Bernardino Leon, « l'Union européenne travaille pour que ce pays se débarrasse d'un régime qui est le plus cruel, le plus sanguinaire qu'ait connue la région. »

Le porte-parole de Catherine Ashton demeure lui plus prudent. « Le plus important reste de stopper la violence. Il faut vite négocier un traité de paix et aider les pays frontaliers à accueillir les réfugiés. »

Sur le Maroc, Michael Mann note qu'il s'agit « du pays qui a fait le plus de réfomes alors qu'il n'y avait pas de violence. La nouvelle constitution et les élections le prouvent. Mais il faut désormais agir plus vite avec les lois organiques... » Bernardino Leon, qui ne dispose que d'un mandat pour les pays en transition démocratique, souligne lui que « le Maroc, comme la Jordanie, ne sont pas dans le même « groupe » que la Tunisie, la Libye et l’Égypte. Il appartient à chaque pays de décider quel modèle il veut suivre. Ce n'est pas à l'Europe de prendre ces décisions. »

 

Sur les avoirs en Tunisie, le représentant spécial de l'Union européenne pour le sud de la Méditerranée, évoque une « question plus politique que juridique qui doit être traitée au plus haut niveau. Il s'agit de l'argent des Tunisiens exporté illégalement. »



Frédéric Dubessy, à BRUXELLES


Vendredi 7 Juin 2013



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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