L'Europe épluche les habitudes de ses habitants avant d'élaborer sa première politique touristiqueL'Espagne, la France et l'Italie sont toujours en tête des destinations préférées des vacanciers européens qui devraient être plus nombreux en 2010 à partir en voyage. Ce type d'études s'inscrit dans la nouvelle stratégie de l'Union européenne, qui va élaborer pour la première fois cette année une véritable politique européenne en matière de tourisme, un secteur qui représente 10% du PIB européen et 12% des emplois.
Les Européens vont en Europe du sud pour le soleil et pour ses attraits culturels, ici la Sant-Jordi à Barcelone (photo MN)
EUROPE. Première destination touristique dans le monde (380 millions d’arrivées de touristes internationaux soit 42 % des arrivées internationales dans le monde ont été enregistrées
en 2007) l’Europe est aussi la destination préférée des Européens (plus de la moitié y passent leurs vacances) mais avec des disparités considérables. Ainsi trois pays méditerranéens - l’Espagne, la France et l’Italie – accueillent près du tiers des vacanciers européens. L’année 2010 ne devrait pas modifier ce podium, mais dans un contexte qui s’annonce meilleur si l’on en croit la dernière enquête publiée par la Commission européenne le 9 mars 2010. Cette année, 80% des Européens interrogés pensent en effet pouvoir partir en vacances. A titre de comparaison, 65% sont effectivement partis dans le cadre de leurs congés en 2009 et 67% en 2008. Toutefois près de la moitié des personnes sondées pensent passer leurs vacances dans leur pays. C’est surtout vrai dans les Etats du sud (84% des Turcs, 78% des Croates ou encore 62% des Français). En revanche les Scandinaves (entre 84 et 89%) et les Néerlandais (84%) sortent plus facilement de leurs frontières, essentiellement à la recherche du soleil. D’ailleurs les deux principales motivations des vacanciers européens sont la recherche du « repos et de la détente » (37%) suivie par l’attrait pour le soleil et la plage (19%). Pour 40% d’entre eux, la crise a été synonymes de réduction des dépenses, essentiellement en limitant la consommation dans les restaurants et cafés mais aussi en privilégiant les destinations proches et les trajets en voiture. Tourisme durable et compétitif, objectifs stratégiques de l'UE
"L'attrait local» est la première raison du choix de la destination (32 %), suivie du «patrimoine culturel» (25 %) et des «possibilités de divertissement» (16 %). Toutefois la précédente enquête, publiée à l’automne 2009, montrait que les critères de prix (44%) et de qualité de services (23%) avaient prédominé pour la sélection des destinations des vacanciers.
C’est la troisième fois que la Commission européenne publie ce type d’enquêtes qui a vocation à se répéter chaque année afin de permettre aux pays et aux professionnels du tourisme d’adapter leurs stratégies en fonction de l’évolution de la demande. Depuis le 1er décembre 2009, date d’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le tourisme est en outre une nouvelle compétence pour l’Union Européenne (UE) qui doit définir en 2010 sa nouvelle stratégie en la matière. On considère que ce secteur contribue à 5% du Produit intérieur brut (PIB) de l’UE (en 2007 les touristes étrangers ont permis d’enregistrer 75.6 mds€ de revenus), mais cette part passe à plus de 10% du PIB et 12% de l’emploi total si l'on prend en compte l’ensemble des secteurs connexes. Les principaux objectifs de cette nouvelle stratégie seront l’amélioration de la compétitivité de l’industrie touristique en Europe, le développement d’un tourisme durable et la promotion de l’Europe dans les principaux marchés des pays tiers. Brigitte Challiol
Mercredi 10 Mars 2010
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