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L'Eurispes dénonce l'économie souterraine italienne


En Italie, l'économie souterraine représente 35% du PIB. L'ensemble de la société, ayant perdu confiance dans les institutions politiques, en est victime autant que complice.



Gian Maria Fara est le président de l'Eurispes (Photo Eurispes)
Gian Maria Fara est le président de l'Eurispes (Photo Eurispes)

 

ITALIE. Dans la 24e édition de son Rapport Italie, l’Eurispes  (Institut d’Études Politiques, économiques et sociales) aborde les thématiques qui ont été au cœur des débats les plus récents.

 

Constatant l’ampleur de la crise économique, Gian Maria Fara, président de l’Eurispes, l’attribue à la “classe dirigeante générale”, constituée des citoyens exerçant des fonctions directives (entrepreneurs, syndicalistes, hauts fonctionnaires, professeurs, magistrats, etc.). Selon lui, cette classe, au lieu de se poser en exemple et d’utiliser son influence pour les besoins de la collectivité, constitue un bloc séparé du reste du pays et ne renonce à aucun de ses privilèges.

 

Le reste de la société, otage de cette classe, s’y adapte. Elle devient à la fois victime et complice de cet état de fait, protégeant des “niches d’impunité” permettant l’exercice de petits pouvoirs. Selon le président, “l’évasion fiscale et l’économie souterraine sont l’œuvre des grands fraudeurs, mais aussi de millions d’Italiens qui produisent et alimentent eux-mêmes l’économie souterraine”.

 

Selon lui, trois PIB coexistent en Italie : l’“officiel” (qui s’élève à 1 540 mrds €, le “souterrain” (540 mrds €, soit 35% du PIB officiel) et le “criminel” (plus de 200 mrds €). “Dans le pays circule bien plus de richesse que ce que révèlent les statistiques officielles, ce qui pousse à remettre en question la capacité du système à résister à une crise dévastatrice”. 


Le pessimisme de la société italienne

 

Selon Gian Maria Fara, “l’Italie connaît un sentiment de dépression généralisé qui touche toutes les classes sociales : les pauvres, qui voient s’éloigner la possibilité d’une amélioration de leur situation économique, les classes moyennes, qui craignent une progression de la paupérisation, et les riches, qui se sentent criminalisés et ont même peur de montrer leur statut”.

 

Ainsi, pour 67% des Italiens, la situation économique du pays a empiré ces douze derniers mois. Et l’optimisme n’est pas de mise : seuls 6,7% pensent qu'elle va s’améliorer, 26,9% qu’elle va se stabiliser et 56,6% qu’elle va continuer à empirer.

 

Au niveau personnel, le constat n’est pas meilleur : 74,8% des personnes interrogées considèrent que leur situation économique s’est détériorée en 2011. Près de la moitié des familles italiennes (48,5%) déclarent devoir utiliser leurs économies pour “finir le mois” et 27,3% n’y parviennent pas. 70% d’entre elles déclarent ne pas réussir à épargner. Enfin, près des trois quarts des Italiens (73,6%) ont signalé un abaissement de leur pouvoir d’achat au cours de l’année 2011.

 

Ainsi, à travers la voix de son président, “l’Eurispes lance un fort signal d’alarme sur la situation difficile des classes moyennes et sur l’appauvrissement progressif des familles italiennes qui remettent en question l’efficacité même du système”.


La nécessité d’une mutation de la classe politique

 

Un système que l’Eurispes n’hésite pas à qualifier de “féodal”, lorsqu’il fait allusion à cette connivence entre la “classe dirigeante générale” et le reste de la société : pour sortir de la crise, “il faudrait une prise de conscience générale et la rupture de ce “pacte” de complicité qui bloque la société italienne”.

 

Pour l’Eurispes, la principale raison de l'acceptation par les Italiens de ce contre-pouvoir est la remise en question perpétuelle de leurs propres institutions politiques. 71,6% des citoyens déclarent avoir perdu davantage confiance dans la classe politique en 2011.

 

Le Président de la République est l’unique personnage à recevoir l’approbation de la population (à 62,1%). Seuls 21,1% des Italiens déclarent en revanche avoir confiance dans le gouvernement, un faible score pourtant en augmentation (+6%) depuis le passage de Berlusconi à Monti. Enfin, le Parlement est l’institution politique qui inspire le moins la sympathie du peuple italien, avec un taux de popularité à 9,5%.

 

Pourtant, pour l’Eurispes, l’institution parlementaire devrait être considérée par tous les citoyens comme la fondation du système démocratique. Pour cela, “la politique doit envoyer aux citoyens des signaux clairs et répondre avec les réformes nécessaires”, affirme Gian Maria Fara. Une confiance accrue des citoyens dans leurs représentants permettrait pour lui de briser l’étau de l’économie souterraine.





Lundi 2 Avril 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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