L'Etat israélien s'embarque dans la vente du port d’EilatD'ici à la fin de l'année 2011 la gérance du port d'Eilat passera à 100% dans les mains d'une entreprise privée, pendant quinze ans.
Le port d'Eilat sera privatisé (photo DR)
ISRAËL. Quarante-six ans après son inauguration, le port d'Eilat est sur le point d'être entièrement privatisé.
L'Autorité des Entreprises Publiques, a annoncé à la presse les détails de son rapport de qualification pour la vente de la concession du port, lundi 11 avril 2011. La concession sera attribuée pour quinze ans à une entreprise privée. Après cette période, l'investisseur aura la possibilité de renouveler la concession pour dix ans après un nouvel appel d'offres proposé par le ministère israélien des finances.
Cette décision est le résultat direct de la réforme des institutions portuaires décidée par le gouvernement en 2005, qui prévoyait pour les ports de Haïfa, Ashdod et Eilat un statut de société autonome. Les deux premiers ports ont déjà été privatisés à hauteur de 15%. Les intéressés ont jusqu'au 19 mai 2011 pour proposer une offre de 100 à 140 millions de shekels (20 à 28 M €). Voitures, fertilisants et touristes
Aujourd'hui, les principales activités du port d'Eilat sont l'importation de voitures arrivant d'Extrême Orient par bateaux, et l'exportation de fertilisants (2,4 millions de tonnes de phosphates et potassium en 2010).
65% de l'activité portuaire d'Eilat consistait à importer 123 000 véhicules en 2010. Le port accueille 6% de l'ensemble activités marchandes portuaires du pays. La Compagnie Portuaire d'Eilat employait 130 salariés et affichait un chiffre d'affaire de 124 millions de shekels (24 M€) avec un bénéfice net de 17 millions de shekels (3,5 M€), pour l'année 2010. 10 637 voyageurs ont débarqués au port d'Eilat en 2010, année pendant laquelle le port a inauguré un nouveau terminal de passagers. Début 2011, le même nombre de passager a été atteint en seulement 2 mois. Un lieu stratégique
Le port d’Eilat représente un point de passage stratégique pour l’Etat d’Israël dans la mesure où il permet d’accéder à la Mer rouge par le golfe d’Akaba. Il est ainsi possible d'arriver à l’océan Indien et de commercer avec des pays d’Extrême-Orient, sans naviguer par le Canal de Suez.
Youval Steinitz, le ministre des Finances, a déclaré que "la privatisation du port d’Eilat contribuera à accroître le nombre des exportations et importations par l’accès Sud d’Israël et renforcera l'économie de la ville d’Eilat". Une délégation gouvernementale du Ministère des Transports s'est même rendue à Hambourg et Rotterdam, pour rencontrer des représentants de Happy Line Agency Co.Ltd. et Eurogate, afin d'étudier les meilleures voies de la privatisation. L'Autorité des Entreprises Publiques a expliqué que des travaux pouvaient être envisageables dans le port afin que "Le port soit capable d'accueillir des grands arrivages quotidiens par cargos. L'appel d'offres sera remporté par l'entreprise qui présentera le projet le plus intéressant". Le projet d'ouvrir une base militaire navale à Eilat, dans l'actuel port civil, pourtant revendiqué depuis plusieurs années par le ministère de la Défense a donc été repoussé d'au moins quinze ans. Hélène Machline à JÉRUSALEM
Mardi 12 Avril 2011
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