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L'Espagne et le Portugal en rémission


La crise financière de 2008 a plongé l'Espagne et le Portugal dans une crise profonde. Les deux pays remboursent l'aide européenne perçue pour leur éviter le naufrage et voient leurs indicateurs économiques s'améliorer. Mais au prix d'une casse sociale impressionnante qui continue de peser lourdement sur la population.



ESPAGNE / PORTUGAL. Hier dans le rouge, le Portugal semble progressivement sortir de la crise financière qui l'a obligé à pratiquer une politique d'austérité draconienne débouchant sur trois années de récession (2011, 2012 et 2013).

La croissance de son PIB (produit intérieur brut) reste relativement faible, 1,4% pour 2016 (1,6% en 2015). Mais le déficit budgétaire n'atteint plus que 2,1% du PIB (4,4% en 2015), « son plus bas niveau depuis le retour à la démocratie en 1974 » se félicite le ministre portugais des Finances, Mario Centeno.

Dans son budget 2017, le gouvernement portugais prévoit un déficit public de 1,6% du PIB. Lisbonne comme Bruxelles s'accordent pour une prévision de croissance du PIB de 1,5 à 1,6% en 2017.

Des résultats salués en février 2016 par la Commission européenne : « les perspectives de l'économie portugaise se sont améliorées après une performance solide au second semestre 2016, tirée surtout par le tourisme ». Le pays devrait sortir en 2017 de la procédure pour déficit excessif prévue par les règles budgétaires européennes.

La dette publique représente plus de 130 % du PIB

La crise a jeté beaucoup de Portugais dans la rue. Photo Brigitte Luis.
La crise a jeté beaucoup de Portugais dans la rue. Photo Brigitte Luis.
Ce redressement a permis au Portugal de régler en février 2017, avec six mois d'avance, une traite de 1,7 mrd € au Fonds monétaire international (FMI). Au total, Lisbonne a emprunté 78 mrds € à l'Europe et au FMI en 2011 dans le cadre d'un plan d'aide international.

Le taux de chômage connaît lui aussi une décrue. Il s'approchait de la barre des 10% fin 2016 (10,5%) alors qu'il affichait 12,2% fin 2015 et 17,5% en 2013. Ce chiffre cache une situation inquiétante. Le nombre d'actifs baisse au Portugal car de plus en plus de portugais partent travailler à l'étranger.

Second bémol, la dette publique reste extrêmement lourde. Elle représente fin 2016 130,5% du PIB (129% en 2015).

L'Espagne championne de la croissance

Le tourisme et les exportations permettent à l'Espagne d'afficher des taux de croissances du PIB parmi les plus importants d'Europe. Photo GT.
Le tourisme et les exportations permettent à l'Espagne d'afficher des taux de croissances du PIB parmi les plus importants d'Europe. Photo GT.
L'Espagne présente l'image d'un verre à moitié vide...ou à moitié plein.

Avec un taux de croissance de son PIB de 3,2% en 2016 et en 2015, un nombre de + 2,5% prévu pour 2017, le pays réalise depuis trois ans des performances impressionnantes, mais ne retrouvera qu'en 2017 son PIB d'avant la crise immobilière de 2008.

De même, le pays a créé 1,2 million d'emplois et son taux de chômage a baissé en quatre ans de 9%. Mais, à 18,5 % fin 2016, il reste l'un des plus importants d'Europe.

L'Espagne a mis sa population au pain sec et à l'eau, laissant s'effondrer sa consommation intérieure, pour rendre ses entreprises concurrentielles, faisant ainsi bondir ses exportations et son tourisme.

Le second plus fort taux de chômage d'Europe

Près d'un Espagnol sur cinq est au chômage. Photo DR.
Près d'un Espagnol sur cinq est au chômage. Photo DR.
La dette publique baisse légèrement, mais se situe encore à un niveau inquiétant. Elle représente 99% du PIB et croit de 3% en 2016.

L'Espagne performe donc, mais reste dans le rouge. D'autant plus que son déficit budgétaire, 3,1% (5,1% en 2015), est l'un des plus élevés de la zone euro.
 
Le pays va rembourser 3 mrds€ d'aides européennes en 2017 sur une enveloppe de 41,3 mrds€ perçue en 2012, via le Mécanisme européen de stabilité (MES). 6,6 mrds€ de ce prêt ont déjà été remboursés. L'assainissement du secteur bancaire espagnol a coûté 61 mrds € au contribuable espagnol. L'Etat n'a récupéré que moins de 5 mrds€ auprès du secteur bancaire.

Lire aussi :La Commission européenne tance trois pays méditerranéens pour retards de paiement

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Gérard Tur


Lundi 6 Mars 2017



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