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L'Espagne cherche encore son gouvernement


Pedro Sanchez dispose d'un mois afin de constituer un nouveau gouvernement espagnol. Le représentant du PSOE (Parti Socialiste) doit trouver une majorité de députés pour le soutenir, dans l'assemblée très fragmentée sortie des urnes le 20 décembre 2015. En excluant tout accord avec le PP (Parti Populaire) du président du gouvernement sortant Mariano Rajoy. Mais l’hostilité mutuelle des deux formations politiques clés du nouveau parlement, Podemos et Ciudadanos, va rendre la tâche de Pedro Sanchez très difficile. Si la mission s'avère impossible, de nouvelles élections générales seront convoquées.



Le roi Felipe VI (à gauche) avec Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, et candidat à la présidence du gouvernement (photo Casa Real)
Le roi Felipe VI (à gauche) avec Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, et candidat à la présidence du gouvernement (photo Casa Real)
ESPAGNE. Un mois et demi après les élections générales, l'Espagne n'a toujours pas trouvé son nouveau gouvernement. La fragmentation du nouveau parlement issu des urnes le 20 décembre 2015 a en effet imposé un scenario inédit depuis l'adoption de la constitution espagnole de 1978, conférant au roi la responsabilité de nommer le président du gouvernement en respectant la majorité désignée par le scrutin.

Si le Partido Popular (PP) du président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, a bien recueilli la majorité relative des voix (28,7 %), il se retrouve en minorité au parlement avec 123 des 350 sièges. Le PP est surtout « seul contre tous » dans cette assemblée face aux quatre-vingt dix députés du PSOE (Parti Socialiste), principal parti d'opposition), aux soixante-neuf élus du parti de gauche Podemos, et aux quarante représentants de la formation de centre-droit Ciudadanos.

Prenant acte de l'impossibilité pour Mariano Rajoy de fédérer une majorité pour constituer un nouveau gouvernement, le roi Felipe VI vient donc d'assigner cette tâche à Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE.

Un mois pour trouver un consensus

Mariano Rajoy reste président en fonction jusqu'à la passation de pouvoir… ou l'organisation de nouvelles élections (photo Moncloa)
Mariano Rajoy reste président en fonction jusqu'à la passation de pouvoir… ou l'organisation de nouvelles élections (photo Moncloa)
S'il veut parvenir à s'asseoir dans le fauteuil du président du gouvernement, Pedro Sanchez doit par conséquent trouver un consensus intégrant Podemos et Ciudadanos, nouveaux venus au Congreso, qui détiennent aujourd’hui indirectement les clés du pouvoir exécutif en Espagne. Le secrétaire général du PSOE a d’ailleurs été très clair en annonçant sa volonté de « tendre la main à gauche et à droite », mais en excluant tout accord avec le PP, ni même avec les vingt-six nouveaux parlementaires des partis indépendantistes (notamment catalans). De fait, Mariano Rajoy reste pour l’instant président du gouvernement en fonction… pour au moins encore un mois.

Car c'est ce délai de 30 jours que Pedro Sanchez se donne pour réussir ce pari. Un objectif qui s'apparente pour beaucoup une gageure, compte tenu des divergences évidentes -et affirmées- des deux partis émergents que le prétendant à la présidence du gouvernement veut concilier.

La figure de proue de Podemos, Pablo Iglesias n'a d’ailleurs même pas attendu la main tendue par son homologue du PSOE, en le qualifiant « d'hypocrite », et en affirmant clairement qu’un « accord de gouvernement entre Ciudadanos et Podemos n’est pas possible ». Même si le représentant de Cidadanos, Albert Rivera, s'est montré de son côté plus conciliant, les oppositions semblent laisser peu de chances d'aboutir à un accord.

En cas d'impasse au terme de ce délai d'un mois, le roi Felipe VI reprendrait donc la main pour… convoquer de nouvelles élections générales.

Climat d’incertitude politique

Comme il était à prévoir au soir des élections du 20 décembre 2015, le climat d’incertitude politique s’installe donc durablement en Espagne. Car on voit mal comment de nouvelles élections permettraient de dégager une majorité.

Reste à savoir si ce climat peut perturber le contexte de récupération économique dont profitait l’Espagne ces derniers mois. C'est ce que redoute la CEOE, principal syndicat patronal, qui demande que le nouveau gouvernement « garantisse la stabilité institutionnelle et la sécurité juridique nécessaire pour continuer à avancer dans le processus de récupération et de création d'emploi ».

Mais attention, prévient Lorenzo Amor, président de l'Association des Travailleurs Autonomes (ATA) : « Nous commençons à souffrir de l'incertitude politique ». D'après les chiffes annoncés par Lorenzo Amor, la moitié des postes de travailleurs indépendants et salariés de TPE créés durant toute l’année 2015 aurait disparu au cours du seul mois de janvier 2016. Et il ne faut pas non plus oublier que, malgré la baisse de 2,81 points en un an, le taux de chômage atteint toujours 20,9 % de la  population active en Espagne.

À lire aussi : Fragmentation et incertitudes au nouveau parlement espagnol




Jeudi 4 Février 2016



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