partager partager

L'Egypte vers un bis répétita

Devant la poursuite de la main mise de l'armée sur l'Égypte en dépit de l'éviction d'Hosni Moubarak, la population redescend dans la rue. Les manifestations ont fait une trentaine de morts rien que pour le week-end du 20 novembre.


La population egyptienne retourne dans la rue. PHoto DR.
La population egyptienne retourne dans la rue. PHoto DR.

EGYPTE. Déjà très vive ces dernières semaines, la tension est encore montée d'un cran ce week-end en Égypte. Depuis vendredi 18 novembre et ce matin (lundi 21 novembre) encore, la place Tahrir au Caire, le centre-ville d'Alexandrie, d'el-Arich dans le Sinaï, de Suez et d'Ismaïlia, sur le canal de Suez, sont le théâtre de violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Ils auraient fait une trentaine de morts et des centaines de blessés.

Les élections législatives prévues pour le 28 novembre s'annoncent mal. Les manifestants reprochent aux militaires, aux commandes du pays depuis plusieurs dizaines d'années, d'accaparer le pouvoir. Après avoir obtenu le départ d'Hosni Moubarak, ils demandent celui du maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui a pris sa place dans l'attente d'élections qui devraient rendre le pouvoir aux civils.

Mais beaucoup d’Égyptiens ne croient pas en cette transition. Les législatives devraient s'étaler sur plusieurs mois. Et surtout, la date des élections présidentielles qui doit suivre les législatives n'est toujours pas connue. Et sans la modification de la constitution réclamée par les partis d'opposition, le pouvoir reste entre les mains du président.

Dans une interview accordée à La Tribune de Genève, le directeur de l’observatoire des pays arabes à Paris, Antoine Basbous, estime que « l’armée a détourné la révolution. Elle veut changer la vitrine, mais conserver le pouvoir. Elle a joué le pourrissement pour dire demain à la société, à la bourgeoisie qui ne sort plus de chez elle, et à l’étranger, après l’invasion de l’ambassade d’Israël, qu’elle est le seul garant de l’ordre ».

L'instabilité politique et sociale, les manifestations violentes provoquent en effet une crise économique grave. Elles ont fait chuter la Bourse du Caire de 4 % durant le week-end et l’index EGX-30 est tombé à 3 860,99 points.
L'Égypte vit largement du tourisme qui s'est logiquement effondré de 35%. Si les zones touristiques de la Mer Rouge et de la Haute Égypte restent accessibles, des sites incontournables comme Le Caire ou Alexandrie ne peuvent plus garantir la sécurité de leurs visiteurs.



Gérard Tur


Lundi 21 Novembre 2011



Lu 1182 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.