L'Egypte en pleine incertitude
Amnesty International accuse l'armée d'"un bilan déplorable en matière de droits humains" (photo DR)
EGYPTE. La chute d'Hosni Moubarak en Égypte n'aura pas changé grand chose en Egypte. L'armée poursuit sa répression. Les dizaines de morts de ce week-end ont conduit le gouvernement à donner sa démission, refusée séance tenante par l'armée qui dans la réalité possède tous les pouvoirs. Amnesty International publie, mardi 22 novembre 2011, un rapport dénonçant le "bilan déplorable en matière de droits humains" des forces armées. Les militaires admettent avoir jugé devant les tribunaux militaires environ 12 000 personnes ces sept derniers mois . Les manifestants réclament la fin du pouvoir militaire qui s'est installé au départ de Moubarak et notamment le départ du maréchal Hussein Tantaoui, à la tête du pays en sa qualité de chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA). Depuis samedi 19 novembre, les affrontements entre l'armée et les manifestants ont provoqué la mort d'au moins 33 personnes. Le nouveau rapport d'Amnesty International du mardi 22 novembre, intitulé "Broken Promises: Egypt's Military Rulers Erode Human Rights" rend compte du "bilan déplorable en matière de droits humains du Conseil suprême des forces armées, à la tête du pays depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak au mois de février". Selon le rapport, "les dirigeants militaires de l'Égypte n’ont absolument pas tenu les promesses faites aux Égyptiens en matière de respect des droits humains et se sont rendus responsables d’une longue liste de violations de ces droits qui, dans certains cas, ont surpassé le bilan de Hosni Moubarak ". Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International assure qu'"en faisant comparaître des milliers de civils devant les tribunaux militaires, en réprimant les manifestations pacifiques et en élargissant le champ d'application de la législation d'urgence, le Conseil suprême des forces armées perpétue la tradition du régime répressif que les manifestants du 25 janvier ont combattu si ardemment" La Ligue arabe appele "au calme" et demande aux " acteurs politiques à travailler au changement démocratique" tandis que le maréchal Hussein Tantaoui s’apprête à prononcer un discours à la nation. Voir le rapport d'Amnesty International sur l'Egypte L'Egypte vers un bis répétita Astrid Jousset
Mardi 22 Novembre 2011
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