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L'Algérie se dote d'un Plan d’appui gouvernemental à l’industrie agroalimentaire

ALGERIE. Pas moins de 500 entreprises et 100 000 emplois devraient être créés d’ici à 2014 en vue de réduire les importations et d’accroître les exportations de produits agroalimentaires. Une enveloppe de 50 mdsDZD soit 506, 51M€ sera déboursée par l’Etat au cours de la même période afin de permettre à 500 entreprises de se mettre aux normes ISO.


Un  Plan national d’appui aux industries agroalimentaires sera lancé au cours de l’année 2010 (photo AB)
Un Plan national d’appui aux industries agroalimentaires sera lancé au cours de l’année 2010 (photo AB)
ALGERIE. Un « Plan national d’appui aux industries agroalimentaires » (PNDIAA) sera lancé au cours de l’année 2010 a annoncé le ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement (MIPI), Abdelhamid Temmar.

Elaboré avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MADR), ce programme, dont les grands axes ont été révélés lors des premières Assises nationales des industries agroalimentaires tenues à Alger les 21 et 22 mars 2010, s’étalera jusqu’en 2014.

Le PNDIAA fera l’objet de discussion avec les opérateurs algériens avant d’être envoyé au gouvernement pour exécution.

Les objectifs du PNDIAA

La contribution des industries agroalimentaires dans le PIB industriel devrait passer de 50% en 2009 à 60% en 2014 (photo AB)
La contribution des industries agroalimentaires dans le PIB industriel devrait passer de 50% en 2009 à 60% en 2014 (photo AB)
Au cours de ces assises, Mohamed Bacha, directeur général de l’intelligence économique, des études et de la prospective au MIPI, a expliqué les objectifs du Plan.

Le premier d’entre eux consiste à améliorer « l’offre nationale de produits agricoles transformés » pour faire face à l’importation massive de produits étrangers. Il s’agit ensuite d’« améliorer la compétitivité industrielle de (nos) entreprises et de créer la richesse et de l’emploi ».

Pas moins de 500 entreprises devraient ainsi être créées au sein de quatre agropoles alors que 100 000 emplois verront le jour sur la période 2010-2014.
Selon les estimations officielles, la contribution des industries agroalimentaires dans le PIB industriel devrait passer de 50% en 2009 à 60% en 2014.

Enfin, les pouvoirs publics travaillent dans la perspective de multiplier par dix les exportations de produits agroalimentaires d’ici 2014.

Les moyens

Pour atteindre l’ensemble de ces objectifs, Mohamed Bacha a annoncé la réalisation annuelle de 5 000 contrats liant des industriels aux agriculteurs.

Un montant de 50 mdsDZD soit 506, 51M€ sera déboursé afin de permettre à 500 entreprises agroalimentaires de se mettre à niveau aux normes ISO. Et 200 d’entre elles, éligibles aux opérations d’exportation, seront certifiées aux normes ISO 22 000.

Pour percer sur les marchés extérieurs, cinq consortiums d’exportation devraient être par ailleurs créés.
Enfin, la création d’un Conseil national des industries agroalimentaires (CNIAA) a été annoncée.

Placé sous la responsabilité du Premier ministère, ce Conseil regroupera tous les acteurs du secteur en vue de définir, évaluer et mettre en œuvre les politiques publiques en faveur des industries agroalimentaires.

Etat des lieux de l’agroalimentaire

Mohamed Benini, DG d'Algex, déplore la baisse des exportations de produits agroalimentaires vers l’Europe (photo AB)
Mohamed Benini, DG d'Algex, déplore la baisse des exportations de produits agroalimentaires vers l’Europe (photo AB)
Pour les pouvoirs publics, le PNDIAA vise à inverser une tendance dangereuse pour la sécurité alimentaire du pays.

" En dépit d’un potentiel parmi les plus importants de la rive sud de la Méditerranée, la capacité globale de l’industrie algérienne s’est nettement amoindrie au profit des importations, devenues massives...'', a en effet déclaré Mohamed Bacha.

A l’heure qu’il est, le secteur de l’agroalimentaire algérien compte 17 000 entreprises publiques et privées employant 120 000 personnes, soit 45% du total des travailleurs du secteur industriel du pays.

Selon le directeur général de l’Agence algérienne de la promotion des exportations (Algex), Mohamed Benini, en 2009, l’Algérie a exporté essentiellement des boissons (eaux minérales et eaux gazéifiées...) pour un montant de 20,42 M$ (15,14M€), des pâtes alimentaires (17,74 M$ soit 13, 15M€), des dattes (12,67M$ soit 9,39 M€), des truffes (11,88 M$ soit 8,8M€) et du sucre (6,62 M$ soit 4,9M€)…

Le total des exportations de produits agroalimentaires s’est élévé à 97,4 M$ (72, 12M€) . Ce résultat, en recul de 6% par rapport à l’année 2008, représente à peine 5% du total des très modestes exportations hors-hydrocarbures du pays.

Toujours selon la même source, les exportations de produits agroalimentaires vers l’Europe se sont élevées à 36,6 M$ (27,1M€) en 2009 contre 42,09 M$ (31,15 M€) en 2008.

En recul là aussi, ces exportations n’ont même pas atteint les contingents fixés par l’accord avec l’Union européenne (UE).

L’Algérie importe en revanche annuellement des produits agroalimentaires pour un montant de 5,8 mds$ (4,3 mds€).


Amal Belkessam, à ALGER


Lundi 22 Mars 2010



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