Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

L’Algérie s’apprête à renouer avec la contestation sociale


La période estivale et le ramadan conjugués ont apaisé quelque peu un climat social en effervescence depuis le début de l’année 2011. Mais la pause s’achève et la protestation risque de reprendre dès début septembre 2011. Des affrontements avec la police ont éclaté à Alger le 3 septembre à propos du relogement de familles dans les cités populaires de Diar Echems et Oued Koreich. Ces dernières contestent le lieu d'affectation des nouveaux logements attribués.



Alger se prépare à une rentrée sociale agitée (photo F.Dubessy)
Alger se prépare à une rentrée sociale agitée (photo F.Dubessy)
ALGERIE. Le jeûne du ramadan qui coïncidait cette année 2011 avec la période estivale s’est déroulé dans un climat de torpeur. En dépit des difficultés de la vie quotidienne, nombre de salariés de la Fonction publique (santé, éducation, administration…) étaient en vacances.

Des vacances un peu moroses car peu propices aux voyages ou aux loisirs balnéaires, mais des vacances coûteuses tant le mois sacré ne connaît plus, depuis de nombreuses années maintenant, de trêve en matière de hausse des prix.

La marge bénéficiaire des commerçants explose littéralement à cette occasion. Et les bourses, petites comme moyennes, doivent se contrôler pour éviter tout dérapage.

Ce sont les jeunes vendeurs à la sauvette, chômeurs à qui la police tentait d’interdire d’installer leurs étals sur les trottoirs qui avaient ouverts le bal en janvier 2011. Durant quatre jours, les principales villes du pays s’embrasaient suite à l’augmentation des prix de produits alimentaires de base (huiles, sucre…).

En quelques mois, de nombreuses catégories vont ensuite entrer en grève : médecins résidents, praticiens généralistes et spécialistes de santé publique, anesthésistes, psychologues, sages-femmes, paramédicaux, adjoints de l’éducation, enseignants, employés de la fonction publique, avocats et greffiers, postiers, cheminots, pétroliers, sidérurgistes, gardes communaux, membres des groupes d’autodéfense, blessés et handicapés de la lutte antiterroriste, policiers radiés, étudiants, journalistes de la radio, personnel naviguant commercial (PNC) d’Air Algérie…

La revendication principale de ces catégories tournait autour de l’amélioration d’un salaire largement érodé par la libéralisation des prix, l’ouverture du marché local, le plan d’ajustement structurel…

Parrallèlement aux grèves, le mouvement social prenait la forme de révoltes qui ont touché toutes les régions du pays. Les citoyens exigent des autorités locales (mairies, wilayas...) qu'elles satisfassent leurs revendications en termes de logement ou d'assinissement du cadre de vie (eau potable, électricité, eaux usées, sécurité routière, santé...).

Explosion du mouvement social

Décidées à empêcher tout embrasement du front social et, surtout, toute jonction avec une partie de l’opposition qui appelait à le renverser, le gouvernement va satisfaire une bonne partie des revendications.

Il bénéficiera d’une conjoncture heureuse marquée par une hausse des prix des hydrocarbures sur le marché international.

Beaucoup d’observateurs et d’acteurs s’interrogent, en Algérie comme à l’étranger, sur le fait que le pays n’a pas été contaminé par le «printemps arabe». La caractéristique de l’actuelle protestation algérienne réside en effet dans le prima de la contestation sociale sur la contestation politique. Cette dernière s’est révélée incapable d’opérer sa jonction avec la première.

De nombreuses raisons peuvent expliquer ce phénomène. Il faut cependant se rappeler que la contestation politique et sociale a commencé voici une dizaine d’années avec le mouvement populaire de Kabylie en 2001 et la grève générale contre le premier projet de loi sur les hydrocarbures du ministre de l’énergie de l’époque.

Cette année charnière verra également les émeutes sociales s’étendre progressivement à tout le pays.

Une contestation sociale, pas politique

Le «printemps algérien» a donc commencé, bien avant le «printemps arabe», à la suite de la défaite de l’islamisme armé dont les principaux mouvements avaient fini par renoncer à renverser le régime par la force.

Mais la revendication de démocratisation portée par le mouvement du «printemps noir» de Kabylie de 2001 échouera.

La contestation va alors prendre un tour essentiellement social sans perspective politique. Elle connaîtra un essor remarquable qui donnera naissance à des syndicats autonomes extrêmement dynamiques.

Tout semble indiquer que le mouvement social va repartir en cette rentrée. Mais quelle force aura-t-il ? Quelle attitude adoptera le gouvernement ? Et que peut faire l’opposition ? Voici quelques-unes des principales inconnues.

Il semble peu probable que le mouvement de contestation enclenché en janvier 2011 disparaisse. Il risque au contraire de rebondir après une pause estivale, les conditions qui lui ont donné naissance n’ayant pas disparu : cherté de la vie persistante, faiblesse du pouvoir d’achat, volonté de rattrapage des salaires…

Des secteurs traditionnellement revendicatifs, mais qui n’ont pas trop bougé en 2011, pourraient se lancer dans des actions de grande ampleur.

C’est notamment le cas des enseignants universitaires et du personnel de l’éducation nationale dont les principales organisations syndicales (Cnapest.cnapest.com , Unpef.unpef.com ) ont annoncé des débrayages. Le syndicat de fonctionnaires communaux (Snapap.maisondessyndicats-dz.com/snapap.php ) prévoit également le dépôt d’un préavis de grève pour le début septembre 2011.

Une rentrée sociale à plusieurs inconnues

La contestation sociale a débuté en 2001 (photo DR)
La contestation sociale a débuté en 2001 (photo DR)
Au menu, les questions de salaires, de statut ainsi que l’intégration des contractuels. Les médecins résidents qui ont gelé leur longue grève du printemps 2011 pourraient renouer avec la contestation. Les avocats qui exigent le retrait du statut de leur profession soumis à l’examen de la chambre basse du parlement annoncent leur intention d‘occuper la rue.

La centrale syndicale UGTA en difficulté dans le secteur de la fonction publique entend demander une augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) de 3 000 dinars algériens (29€) afin qu’il atteigne les 18 000 dinars algériens (174€).

Le gouvernement acceptera-t-il de continuer à augmenter les salaires alors que les prix des hydrocarbures sont en baisse sur le marché mondial et que les réserves en bons du Trésor américain sont fragilisées par la crise financière de cet été ?

Sera-t-il en mesure de répondre positivement aux revendications des nouvelles catégories de salariés alors même que la facture des importations a connu une hausse de plus de 16% au cours du premier semestre de l’année 2011 par rapport à la même période de 2010 ? Peut-il, dans ce contexte, se raidir et opposer une fin de non-recevoir aux revendications des protestataires ?

Enfin, et alors que tous les regards sont tournés vers la Libye voisine où le régime de Kadhafi a chuté et que le terrorisme en Algérie n’a pas cessé de porter des coups au cours de l’été, que fera l’opposition ? Sera-t-elle satisfaite par le plan de «réformes politiques» annoncé par le président Bouteflika en avril 2011 ?

Que peut-elle faire dans le cas contraire, sachant les difficultés qu’elle a rencontrées jusqu’ici à mobiliser les Algériens ? Autant d’inconnues auxquelles nous aurons certainement des réponses dans les semaines et mois à venir.


A. Belkessam, à ALGER


Dimanche 4 Septembre 2011



Lu 2765 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Commentaires

1.Posté par Farid Mnebhi le 05/09/2011 09:04
L’Algérie, un dragon régional en papier.

Sur le plan interne, l’Algérie, depuis son indépendance en 1962, est dirigée par un collège politico-militaro-financier qui a confisqué le pouvoir et a réussi à pérenniser un régime totalitaire grâce à une dictature militaire.
En éliminant physiquement tous les opposants politiques, en privant le peuple algérien de ses droits les plus élémentaires, en érigeant la corruption en dogme, en détournant des milliards de dollars générés par les exportations de pétrole et de gaz, en pratiquant une course effrénée à l’armement pour intimider son voisin marocain, cette nomenklatura a mené l’Algérie à la faillite et au désastre.
Le peuple algérien, qui vit, aujourd’hui, au seuil de la pauvreté, est devenu insensible au romantisme révolutionnaire ou au nationalisme exacerbé des années 60. Il demande plus de liberté, l’accès aux soins, à l’éducation, au logement, au travail et à une meilleure redistribution des richesses
Oran, Alger et Annaba, trois cités parmi les plus importantes du pays, croulent sous les ordures et toutes sortes d’immondices, sans oublier les façades décrépies des immeubles infestés de rats et de cafards, et où les jeunes délinquants, organisés en véritable bandes, sont devenus les maîtres de la ville.

Même sur le plan des loisirs estivaux, il est devenu impossible à l’algérien d’aller à la plage. Dans les villes balnéaires, comme Alger, Oran, Annaba, et j’en passe, les plages sont payantes et le manque d’infrastructures hôtelières et de personnel qualifié y est flagrant. Sans parler de l’insécurité.

Sur le plan externe, je ne retiendrais que le dernier fiasco de la diplomatie algérienne dans la gestion de la crise libyenne.

Cette erreur monumentale des décideurs algériens pourrait s’expliquer par le fait que l’émergence d’une Libye démocratique riche en hydrocarbures à ses frontières orientales nuirait durablement à son statut de puissance régionale et l’obligerait à repenser à sa doctrine de défense. Tripoli n’étant plus un allié, mais un concurrent sur le plan des investissements étrangers, mais aussi un interlocuteur privilégié des Etats-Unis et des pays Européens dans le cadre de la lutte contre l’AQMI dans le Sahel.

De plus, et toujours sur cette question, bien que les plus hautes autorités algériennes affirment haut et fort que l’accueil de famille Kadhafi soit principalement motivé pour des raisons humanitaires, l’histoire des magouilles des généraux algériens ne permet pas d’écarter la possibilité d’un calcul abject, et que celle-ci puisse devenir l’objet d’un cynique marchandage entre le gouvernement algérien et le CNT pour obtenir un certain nombre de garanties avant d’envisager de les renvoyer dans leur pays.
Par ailleurs, Alger voit également avec l’arrivée d’un régime démocratique pro-occidental à Tripoli un soutien de poids sur la question du Sahara Marocain s’évaporer. L’Algérie supportera dorénavant seule les frais de soutiens financier et diplomatique anachroniques au Polisario. Des dépenses qui ne manqueront pas de gréver les finances de l’Etat algérien qui ne dispose plus actuellement de liquidité au plan interne.
En conclusion, à travers ces quelques éléments d’analyses, on peut affirmer, avec une faible marge d’erreur, que l’Algérie vient de confirmer son naufrage amorcé voici près de six décennies.
l’Algérie, qui a toujours mis en avant son statut de puissance sur le plan régional, s’est donc avérée être un dragon en papier.
La responsabilité de ce ratage est à mettre sur le compte des pépés séniles et myopes qui dirigent ce pays et dont la légitimité est quotidiennement remise en cause par le peuple algérien qui aspire à plus de démocratie, de liberté et de bien-être.
Farid Mnebhi.

2.Posté par loudiv le 05/09/2011 23:44
L'Algérie est riche, très riche et surtout nullement endettée. Son gouvernement insatiable ne peux tarir le potentiel de ce pays insolemment beau malgré les ordures, les gâchis ... alors les piètres dirigeants n'ont d'autre solution pour se maintenir que de payer comptant à coups de rente pétrolière, gazière... des appartements, des crédits non remboursables, des aides, des subventions sur tous les produits... jusqu'à ce que les 35 millions d'algériens autochtones se sentent un tant soit peut redevable et bon gré bon mal laissent ce régime pourri continuer son massacre sur le dos d'un pays au potentiel extraordinaire. Je reviens justement d'Alger où à titre d'exemple, on peut avec 20 euros faire le plein de sa voiture, manger au restaurant, s'acheter une cartouche de Marlboro, et rentrer avec de la monnaie!
La corruption gangrène ce pays et il y a une crise de logement encore aujourd'hui, même si certains, ils ne font pas légion, n'hésitent pas à s'entasser dans des baraques voire des gourbis pour prétendre à un logement neuf offert, qui sera vendu en en attendant un autre. C'est ça l'Algérie. Certains ont plus qu'il ne faudrait et d'autres attendent démunis d'où les avis différents.
Ps : concernant les achats massif et aux coûts indécents d'armes, dites vous que si l'armée algérienne n'était pas aussi fournie, il y a bien longtemps que le pays aurait été envahi par je ne sais quelle puissance aux abois et ce n'est certainement pas pour menacer son voisin de l'ouest dont le peuple, pas ses dirigeants, sont par la force des choses frères ou cousins, comme on voudra.

3.Posté par Setamir le 10/09/2011 16:15
Ce commentaire de MNEBHI a été publié sous forme d'article par l’auteur sur le site d’Allain Jules une réponse a été donnée sur ce site.

Par Djerrad Amar

Réponse aux mensonges et divagations du courtisan M. Mnebhi

Franchement, en lisant seulement le titre et les 5 premières lignes de l’article, j’ai deviné du coup sa provenance. Car il n’y a que le Maroc et ceux qui se font appeler « l’opposition algérienne à l’étranger » ainsi que quelques critiques indépendants non structurés qui passent leur temps, à tort ou à raison, à fustiger ou critiquer « le régime algérien », « le pouvoir des généraux », « la sécurité militaire » et tutti quanti. A la différence que chez les marocains transparaît, en plus, une certaine colère et vengeance à voir leurs sites et certains de leurs journaux. Au début, je ne voulais pas répondre car étant habitué à ce genre d’attaques continues de l’Algérie dans leurs médias et à leurs inepties. Mais comme il s’agit cette fois du choix d’un site respectable, honnête, qui cherche la vérité – surtout en ce moment avec la Libye - j’ai compris qu’il y avait dernière un opportunisme et une volonté de brouiller les choses pour masquer la vérité. Je devais donc répondre pour rétablir la vérité aux habitués de ce blog avec objectivité, sagesse et simplicité.

Une petite recherche sur l’auteur de l’article m’a permis de confirmer qu’il est marocain. Une lecture de ses articles me donne une idée sur sa personnalité. Lisez cet extrait titré « Réaction à l’article du Prince Moulay Hicham », cousin du roi Mohammed VI, surnommé le Prince ‘rouge’, en raison de son engagement pour une démocratisation du régime politique marocain, devenu une source « d’inspiration pour de nombreux marocains cultivés, comme les militants du mouvement de 20 février»:
« Qu’il me soit permis de réagir, comme tout citoyen marocain, … à l’article du prince Moulay Hicham [L’allégeance entre pratique démocratique et pratique théocratique], comme l’ont très bien fait Messieurs … Qu’il sache que la bey’a, acte d’allégeance, au Maroc constitue le ciment qui unit le Roi à Son peuple. Que cet acte se perpétue et se transmet de génération en génération… la cérémonie formelle de l’allégeance… sont parties intégrantes des institutions du Royaume du Maroc. Cette pratique ancestrale est capitale dans la «stratégie de légitimation du système politique marocain» … De plus, cette cérémonie a été instituée par le Prophète Sidna Mohammed au VIIe siècle, car sans bey’a, aucun acte religieux et politique n’est légitime… Par ailleurs l’allégeance et le Serment de la Marche Verte se doivent d’être transmis à nos descendants. … qui sont des éléments fondamentaux de notre identité nationale. Enfin, je me permets de rappeler à votre Altesse que vous avez signé l’acte d’allégeance … Que déduire de votre intervention sur la bey’a ? Je vous laisse seul pour me trouver la réponse et avec tous mes respects, Votre Altesse ».
Comme si le roi avait besoin d’une aide et en l’occurrence de celle Mnebhi. On déduit bien que ce dernier n’est pas du tout ce qu’il veut montrer être. Il n’est ni « des services marocain » ni même un sous-traitant chargé de la propagande, mais un vulgaire courtisan qui propose ses « capacités » et sa « prédisposition » à servir bassement.

Ses articles que cite d’ailleurs le commentateur « moreno » confirment bien mes propos sur sa personnalité. Ses textes – qui visent en particulier l’Algérie – sont un tissu de mensonges et de contre-vérité. Il ne fait que dénigrer et fausser la réalité. Son article sur ce blog vient comme on peut le deviner en soutient aux renégats de Benghazi et à l’Otan bien sûr mais surtout comme occasion pour attaquer l’Algérie principalement. Au regard de quelques-uns de ses titres on saisi parfaitement la « spécialité » de l’auteur : «À ceux qui attaquent le Maroc », «Une belle déculottée pour le mouvement du 20 février et ses ‘phagocyteurs’ », « Dissidence au sein du Front Polisario », « Déliquescence de l’Etat algérien et provocation d’Alger », « La schizophrénie des généraux algériens envers le Maroc », « Le Maroc en mouvement et l’Algérie dans l’inertie totale », «Une pantalonnade algéro-polisarienne historique en Libye », « Chute de Kadhafi : L’oligarchie militaro-politique algérienne en position critique » etc. Tous tournent autour du « pouvoir algérien », du Sahara occidental (RASD), de la fermeture des frontières. Ce qui est intéressant à dire c’est que toutes les interventions et critiques d’officiels ou de journalistes marocains, à propos de l’Algérie, se fixent toujours sur ces trois thèmes. Vous leur parlerez des « vendanges en Australie », ils s’arrangent pour introduire ces mêmes thèmes ! Une obsession maladive qui relève plutôt de la pathologie. Et l’on pressent chez eux un sentiment de frustration une envie de régler un compte à l’Algérie à travers leur récurrent souhait d’un chaos et incitation à la révolte. Leurs écrits et déclarations s’observent plus comme du clabaudage, du bavardage, des mensonges, du dénigrement et de propos méprisants que des écrits scientifiques qui se fondent sur l’analyse objective. On ne décèle aucun signe de sagesse pour de tempérer les divergences entre les 2 pays. En revanche, les algériens adoptent en vers eux une attitude plus mesurée en les ignorant souvent. Avec ces travers, franchement, ils ne rendent pas service à leur roi et à leur pays. Un roi qui tente de rompre avec les pratiques de son père en menant une politique progressive de démocratisation et de conciliation. Pratiques d’un ex roi despotiques et moribondes faites de complots, de combines, d’arrogance, de revanche et d’injustices dont le jeune roi a héritées.

Pour mettre le lecteur au clair, il doit savoir ce qui divise actuellement le Maroc et l’Algérie. En plus des vicissitudes de l’histoire qu’aliment des stéréotypes que font durer certains surtout du côté marocain, il y a surtout le Sahara occidental et l’ouverture de la frontière.

Le Sahara occidental, que le Maroc occupe depuis 1975, après le départ des espagnols, est vu par l’Algérie comme un problème de décolonisation dont la solution est l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est donc, aux yeux de l’Algérie, conforme à la légalité (au droit international) et légitime (au regard de son histoire coloniale). Là est la divergence fondamentale. Ecoutons notre ‘analyste’ « Alger voit également avec l’arrivée d’un régime démocratique pro-occidental à Tripoli [c’est-à-dire le CNT] un soutien de poids sur la question du Sahara Marocain s’évaporer. » Le Maroc soutient donc ces traîtres pour ça ?

La fermeture de la frontière par l’Algérie qui fait suite à l’attentat terroriste, en 1994, commis à l’hôtel Atlas Asni à Marrakech. Le roi Hassan II qui a vite fait d’accuser injustement « les services Algérien » – malgré les mises en gardes de certaines personnalités officiels français – impose par humiliation le visa d’entrée pour les Algériens tout en durcissant leurs conditions de séjours sur son territoire. En réponse l’Algérie ferme carrément les frontières pour bien «les rassurer». Qui est perdant ? Le Maroc dit que c’est l’Algérie. Pourquoi alors cette obsession à demander en permanence son ouverture contrairement à l’Algérie qui temporise en conditionnant cette réouverture «aux [règlement des] problèmes qui ont entraîné sa fermeture» selon Bouteflika et a «…une approche globale de ce que nous voulons faire de notre Maghreb» selon Zerhouni l’ex ministre de l’intérieur. En fait c’est bien le Maroc qui est et qui reste le grand perdant. Ce sont plus de 2 de milliards de dollars/an de perdus ; faite le calcul sur 17 ans ! Voilà les vraies causes et les vrais objectifs qui poussent les marocains à de tels comportements contre l’Algérie et ses dirigeants. Les visas ont été levés en 2005/2006. Reste plusieurs questions dont celle du Sahara Occidental.

La liaison que fait Mnebhi avec ce qui se déroule en Libye est de l’opportunisme. On sait que le Maroc déteste Kadhafi, il est logique que le Maroc soutienne sa chute au prix d’un projet colonialiste, que mène l’Otan – son protecteur- avec l’appui de ses semblables tels les Émirats et le Qatar. Il est cohérent qu’il appuie ceux qu’ils affublent de « révolutionnaires » libyens pour instaurer un régime à l’image de l’ex monarchie idrissienne. Il est cohérent aussi que l’Algérie se positionne contre ce projet contraire à son histoire et à ses principes.

On retient que Mnebhi soutient le CNT et les galopins de Benghazi contrairement à nous qui les considérons comme traîtres à leur pays au service d’un projet colonialiste de l’Otan que pilote la France, la GB qu’appuie des régimes arabes vassaux, corrompus avec les terroristes de l’Aqmi. La différence est de taille ! « Les traîtres on les sent de loin, ils puent » dit l’auteur de l’article dans un de ses commentaires. C’est exact. Les sentira-t-il avec la même définition de Larousse si le Maroc subit exactement ce qui se déroule en Libye ? Cet auteur fustige aussi l’Algérie pour avoir accueilli quelques membres de la famille Kadhafi alors que c’est un droit et un devoir qui appartiennent à l’Algérie. Question : Le Maroc, à son avis, les aurait-il livrés à ces traîtres de Benghazi ? Que pense-t-il du royaume de Jordanie qui a accueilli la famille de Saddam ou de l’Arabie Saoudite qui a héberge Ben Ali et sa famille ?

Ces gens-là du Maroc et d’ailleurs semblent dire aux algériens, à chaque fois, « vous accédez à nos demandes et nos desiderata sinon on vous suscite des révoltés ». Je lui rappelle d’abord que la révolte en Algérie, avec son ouragan, est déjà passée en 1988 (le 1ère dans le monde arabe), il y a 22 ans, lorsque le peuple s’est soulevé pour imposer le multipartisme et certaines libertés. Ce n’est pas l’appel de Mnebhi ou de ses semblables qui vont la faire revenir.

Les partisans du trouble qui ont choisi de vivre par le discours et la propagande en pensant manipuler et se servir des fils du peuple pour reconquérir des privilèges perdus ou imposer un point de vue ou une conduite doivent savoir que leurs discours et leurs opportunismes, à saisir toutes les occasions en l’occurrence les événements de Tunisie, d’Egypte ou d’ailleurs pour les souhaiter à l’Algérie, n’ont aucun effet car très loin des intérêts et préoccupations des citoyens. Les révoltes justes sont celles qui émergent spontanément du peuple qui est le seul à voir mieux ce qui l’arrange sans se laisser inciter, guider ou conseiller par les milieux qui cherchent leurs intérêts en suscitant ou encourageant le désordre et les divisions. Leurs arguments de « démocratie, droits de l’homme ou liberté » sont de fallacieux prétextes surtout quand cela vient d’ex pays colonisateurs qui souhaitent des régimes à leur service ou de quelques Etats arabes, surtout les monarchies.

Raté donc pour ceux qui misent sur la révolte de nos enfants qui leur répondent souvent par l’inverse de l’effet attendu. Il n’y a qu’à voir les commentaires/polémiques à cet article stoppés net sinon il y aurait eu un millier ou encore la réplique de plus de 30 000 internautes à Al Jazeera lui faisant ‘sauter’ son Facebook. L’harmonie pour l’intérêt et la défense du pays est totale.

La réalité ici est que l’on se sent plutôt beaucoup mieux et en sécurité que nous l’avions été durant ce qui est appelé la «décennie noire» ou beaucoup de nos « frères » et « amis » étrangers étaient bien muets voire incitaient au désordre. Actuellement, on ne vit pas du tout ce que l’on veut nous faire croire. On ne sent pas la répression qui nous pousserait à fuir notre pays ou à nous révolter. Nous savons que ceux qui se nomment «opposants algériens à l’étranger» rentrent en Algérie et en sortent sans jamais être inquiétés. Il n’y a d’exilé ‘politique’, à notre connaissance, que ceux qui veulent le rester ou ceux qui sont poursuivis par la justice pour des motifs civils ou pénaux. La plupart ont travaillé ici, souvent en occupant de hauts postes de responsabilité.

Les richesses du pétrole sont, il est vrais, mal réparties; convoitées ou captées par les spéculateurs et les ‘bazaristes’ comme au Maroc, par les partisans de « l’import-import » voire par des corrompus, mais reconnaissons que l’Etat a su amortir les effets en renforçant la justice et en améliorant les procédures. Depuis 15 ans, mais aussi depuis l’indépendance, l’Etat investi dans les grands projets structurants, les logements sociaux ou participatifs. Les écoles et lycées sont partout ainsi que les hôpitaux ou centres de santé. Les universités ou centres universitaires existent dans la plupart des grandes villes. Tous les villages disposent de l’électricité et de routes qui les desservent. La dernière réalisation est l’autoroute Est-Ouest de 1200 Km. Le métro d’Alger va être mis en service prochainement et des tramways sont programmés dans d’autres grandes villes. Les infrastructures hôtelières publiques et privées existent ainsi de grandes, moyennes et petites entreprises. Le transport public et privé est suffisant etc. On peut ajouter la contribution de l’Etat dans l’achat des logements ou dans la résorption de l’habitat précaire et rural pour tous les citoyens avec 700 000, 00 DA (soit 46 mois de salaire au SNMG). La médecine et l’éducation sont gratuites au niveau des structures de l’Etat, les principaux produits sont subventionnés, les plus démunis reçoivent des aides régulières, les filles non mariées sans emploi bénéficient d’une pension quand leur père décède, les bidonvilles sont sur le point d’être éradiqués et les occupants sont tous relogés, l’Etat aide les chômeurs, qui le souhaitent, en finançant leurs projets et en les encadrant par l’ANSEJ (pour les 18 à 35 ans) et par la CNAC (pour les 35 à 50 ans) à concurrence de 1 milliards de centimes ( 100 000 Dollars environ), construction de barrages et bien d’autres choses tel le remboursement de la dette alors que l’on n'arrivait même pas à rembourser les services de la dette lors de la « décennie noire ». Mais le tempérament de l’Algérien est qu’il n’est jamais satisfait et c’est tant mieux ! Car il y a des insuffisances par rapport aux capacités disponibles. Il reste encore le problème de chômage, cette maudite corruption qui n’est pas « érigée en dogme » comme au Maroc mais qui n’est pas plus importante qu’en France, cette injustice dans l’accès à certains emplois, l’absence de communication, la persistance de la bureaucratie dans certains secteurs, le diktat des spéculateurs et des gros commerçants, l’insuffisance dans la qualité des services et surtout la mauvaise utilisation des compétences. Qui des pays respectables n’a pas ces insuffisances ?

L’opposition existe malgré ses carences et quelques blocages pour des raisons surtout sécuritaires. Elle n’est pas « satellite » au pouvoir comme on l’incrimine. La liberté de la presse est réelle, elle n’est pas du tout «aux ordres» comme on l’accuse par ignorance ou intentionnellement. Il y a plusieurs personnalités civiles et militaires, qui ont été aux commandes de l’Algérie, qui ne cessent de critiquer en Algérie le pouvoir, dans les journaux (une trentaine) ou lors des conférences, pour son orientation et sa gouvernance. Le ciel ne leur est pas tombé sur la tête à notre connaissance. L’Etat d’urgence est levé bien que nous n’ayons pas constaté nos faits et gestes entravés au point de nous paralyser comme on veut nous le faire croire. L’Algérie est le régime arabe le moins mauvais et le moins soumis à l’étranger reconnaissent beaucoup d’analystes.

Notre démocratie est certes inachevée en raison de certains intérêts et des ingérences mais malgré cela, le régime en Algérie est loin de la ressemblance que l’on fait, à dessein, avec celui de Ben Ali qui a duré 23 ans et qui a sombré dans le népotisme ou à celui de Moubarek qui a duré plus de 30 ans. Aucun des gouvernements qui se sont succédés depuis l’indépendance n’a été à la botte de qui que ce soit encore moins des sionistes ! Le régime de Ben Ali a été soutenu en l’occurrence par la France, de même que celui Moubarek par les EU et Israël, alors que l’Algérie est restée indépendante dans ses décisions malgré les tentatives de la déstabiliser. La différence est énorme. Depuis son indépendance en 1962 (soit 49 ans), l’Algérie a eu 8 dirigeants (soit en moyenne 1 dirigeant tous les 6 ans).

Mnebhi peut-il nous dire si le Maroc fait de même ou mieux ?

L’Algérie n’est ni un dragon ni un papier. L’Etat n’est pas en « déliquescence » ou en « inertie totale». Nous ne vivons pas « au seuil de la pauvreté ». Nous avons des pauvres mais nous n’avons pas l’état misère de beaucoup que nous constatons au Maroc. Nous ne comprenons pas votre affirmation illogique « l’Algérie vient de confirmer son naufrage amorcé voici près de six décennies ». S’il y a naufrage il est immédiat, il ne dure pas « six décennies ». Sinon on ne serait pas en train de nous développer mieux que tout le Maghreb et surtout le Maroc qui quémande sans cesse l’ouverture de la frontière pour booster son économie. Enfin, parce que le reste est du verbiage, l’Algérie n’a jamais pratiqué « une course effrénée à l’armement pour intimider son voisin marocain » mais a procédé au renouvellement d’une partie de son armement. Le Maroc a bien acheté des F 16 sans se voir faire des reproches par l’Algérie !

L’expérience a montré que les plus virulents détracteurs d’un régime sont pour la plupart ceux qui l’avaient, à un moment, adopté. Une fois évincés, ils deviennent opposants ne cherchant en fait qu’à le remplacer en se faisant aider par des Etats connus pour leur passé colonial, impérialiste ou génocidaire mais aussi par d’autres qui sont loin des valeurs dites démocratiques. Ils sombrent dès lors dans la traîtrise puis inexorablement vers la déchéance. Ce n’est donc pas pour des « valeurs » des « principes » ou une « morale » qu’ils se battent mais bien pour des intérêts bassement matériels et rien d’autres.

C’est ce qui se passe en Libye.

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.















RÉflexions

Réflexion

Pendant ce temps, la guerre du pétrole ne faiblit pas...


avis d'expert

Par Guillaume Almeras, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA















Suivez econostrum.info en direct sur Facebook








  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
Anima       BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA        EDF
 
AeroportMP            Femise