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L’Algérie investira plus de 67 mds € dans les hydrocarbures et l’électricité


Youcef Yousfi  (photo MEM)
Youcef Yousfi (photo MEM)
ALGÉRIE. Le tournant stratégique opéré vers les énergies renouvelables non polluantes (solaire, hydrique, éolienne) ne dispense pas l’Algérie d’un renforcement de ses capacités de production d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…).

Tel est le message délivré le 17 janvier 2011 par le ministre algérien de l’Energie et des Mines. Youcef Yousfi a déclaré à la presse, lors du Forum d’El Moudjahid, que le groupe pétrolier public Sonatrach compte investir quelques 60 mds $ (45 mds €) au cours des cinq années à venir (2011-2015).

Plus de la moitié de ce montant (57%) devrait être consacrée à l’exploration et à la production. Il s’agit pour l’Algérie d’accroître ses réserves.

Parallèlement et durant la même période, la Sonelgaz   investira 30 mds $ (22,4 mds €) en vue de porter la production d’électricité de 10 400 MW en 2010 à 15 000 MW en 2015.

Confirmant par ailleurs la volonté de l’Etat de continuer à réguler le marché, Youcef Yousfi a fait savoir que les 7 mds $ (5,2 mds €) déboursés annuellement par l’Etat pour compenser la différence entre le prix du gaz sur le marché et celui cédé à Sonelgaz ne sera pas révisé.

Le secteur de l’énergie plus que jamais au centre de la stratégie économique

Le ministre a par ailleurs annoncé que le lancement, au cours du premier trimestre 2011, du programme national de développement des énergies alternatives aux hydrocarbures devrait permettre la création de 200 000 emplois, la moitié dans la production et l’autre dans l’exportation.

Portant sur 65 projets, ce programme vise à produire pour commencer 2 600 MW d’électricité.

En matière d’électricité justement et concernant les différents projets de production d’énergie solaire (Desertec, Transgreen devenu Medgrid…) qui font couler beaucoup d’encre, Youcef Yousfi a déclaré que l’Algérie était ouverte à toute discussion avec ses partenaires, mais qu’elle n’entend pas servir de cobaye aux projets des Européens.

L’Algérie entend également se donner les moyens de fabriquer des équipements destinés à la production d’énergie, notamment de turbines à gaz.

La prospection minière devrait également connaître un essor avec une enveloppe de 800 M DZD (8,1 M €) allouée à ce secteur par l’Etat en 2011.

Un groupe industriel public devrait voir le jour cette année.

Enfin, le ministre n’a pas exclu que Sonatrach reprenne les actifs du groupe British Petroleum (BP) qui entend se défaire de ses actifs en Algérie.


Amal Belkessam, à alger


Mardi 18 Janvier 2011



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