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L’Algérie doit faire face à la chute des cours du pétrole




Face à ce bouleversement du marché pétrolier, les autorités rassurent (photo F.Dubessy)
Face à ce bouleversement du marché pétrolier, les autorités rassurent (photo F.Dubessy)
ALGÉRIE. Le prix du pétrole a franchi la barre des 50$ le baril mercredi 7 janvier 2015 à Londres. Il a perdu 50% de sa valeur en six mois et rien n’indique que cette tendance baissière s’inversera ni même qu'elle s’arrêtera.

L’Algérie se retrouve ainsi dans une position délicate. Certes, la production d’hydrocarbures ne représente qu'un tiers environ du PIB du pays. Mais l’État tire plus de 95% de ses recettes extérieures, évaluées à 60 mrds$ pour 2014, de leur vente sur le marché mondial alors que 60% de son budget provient de la fiscalité du gaz, du pétrole et des produits dérivés.

La Banque d’Algérie s’inquiète de la poursuite de la dynamique haussière des importations qui tendent à rattraper le montant des exportations. La facture des importations de biens devrait s’approcher des 60 mrds$ en 2014, facture à laquelle il convient d’ajouter plus de 10 mrds$ d’importation de services.

Les autorités se veulent rassurantes

L'Algérie sent le vent tourner et prépare l'après pétrole (photo F.Dubessy)
L'Algérie sent le vent tourner et prépare l'après pétrole (photo F.Dubessy)
Face à ce bouleversement du marché pétrolier, les autorités rassurent. "L'Algérie traversera sans difficulté majeure les graves perturbations que connaît le marché international des hydrocarbures"  a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika.

Et le Premier ministre Abdelmalek Sellal de préciser que les engagements sociaux ne seraient pas sacrifiés : "Le gouvernement a décidé de maintenir les subventions des produits de large consommation ainsi que celles de l’électricité, du gaz et de l’eau".

Le crédit à la consommation vient d’être relancé pour les produits fabriqués en Algérie, les augmentations de salaires interviendront d’ici quelques semaines. Elles concernent plus de 1,2 million de salariés de la Fonction publique sans compter les travailleurs des secteurs productifs publics et privés.

La construction se poursuivra sur la lancée de 2014 qui a vu 321 500 logements réalisés et 311 300 distribués.

Conserver le cap

La chute du prix des hydrocarbures n’altère nullement l’objectif principal du gouvernement en matière économique qui reste de préparer "l’après-pétrole". Abdelmalek Sellal rappelle qu'il entend aller vers une croissance annuelle de 7% et maintenir la dynamique qui a fait passer le taux de chômage de 29,8% en 2000 à 9,8% en 2014. Le gouvernement ambitionne plus que jamais de faire entrer l’Algérie dans le concert des pays émergents.

Cela implique de relancer la production locale, industrielle en particulier. Les voitures de tourisme Renault ont commencé à sortir de l’usine d’Oran, les véhicules tout-terrains de l’usine Mercedes de Tiaret et des camions de Rouiba... D’autres partenariats sont prévus dans la sidérurgie, l’extraction et la transformation des minerais, les textiles… Le gouvernement entend ainsi insérer l’investissement industriel dans la dynamique de la globalisation.

Une telle approche implique impérativement de contrôler le commerce extérieur afin de "réduire la facture des importations qui a triplé en dix ans" , selon le ministre du Commerce Amara Benyounès, et qui entrave gravement l’investissement productif.

La récente décision, prise dans le cadre de la loi de Finances (LF) 2015 d’élever l’Impôt sur les bénéfices (IBS) des entreprises productives de 19% à 23% et d’abaisser concomitamment l’IBS des entreprises commerciales et de services de 25% à 23% ne semble pas aller dans ce sens.

Premières mesures

Partant du principe que "les équilibres financiers du pays  ne seront pas affectés" , selon le ministre des Finances Mohamed Djellab, le gouvernement a décidé de ne geler ni d’annuler aucun projet inscrit dans le programme 2015-2019 du gouvernement.

La décision initiale de bloquer les recrutements dans la Fonction publique a été revue. Elle ne concernera pas les secteurs de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur où plusieurs milliers d’emplois devraient être pourvus dans les tout prochains mois.

La LF 2015 prévoit que les investissements seront exonérés durant cinq ans de l’IBS, de l’impôt sur le revenu global (IRG) et de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP). Ils bénéficieront par ailleurs d’une bonification de 3% des taux d’intérêts applicables aux prêts bancaires. De nombreux autres avantages sont octroyés par cette LF aux investisseurs et plus particulièrement aux entreprises qui innovent.

En matière de commerce extérieur, un projet de loi relatif aux opérations d’importation et d’exportation a été adopté le 30 décembre 2014 par le Conseil des ministres. Il prévoit notamment la mise en place de licences d’importation afin de favoriser le recours aux produits du marché local et préserver les équilibres financiers du pays.

Les mesures prises par le gouvernement algérien seront certainement suivies d’autres décisions en fonction de l’évolution du marché des hydrocarbures.


Acia Kaci, à ALGER


Mercredi 7 Janvier 2015



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