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L'Algérie divise par 5 en deux ans le nombre de voitures importées




Mis au pain sec et à l'eau, Peugeot semble payer une politique d'optimisation fiscale. Photo F.Dubessy.
Mis au pain sec et à l'eau, Peugeot semble payer une politique d'optimisation fiscale. Photo F.Dubessy.
ALGERIE. Les constructeurs automobiles savent depuis le 17 mai quel sera exactement le régime sec que leur imposera l'Algérie en 2016. Le gouvernement a signé le 8 mai les licences d'importation de véhicules neufs. Le nombre de voitures et de camions qui seront importés en 2016 passe de 265 523 à 83 000 (contre 152 000 annoncé initialement). Le quota était de 417 913 en 2014, soit 5 fois plus. La baisse des quotas est liée au fait que le pays a perdu 70% de ses recettes d’hydrocarbures. Il fallait réduire la facture d’importation et le secteur de l’automobile est pointé du doigt depuis longtemps. Il s’agit pour le gouvernement de ramener les importations au-dessous du seuil du milliard de dollars, contre près de sept milliards en 2012. Les importations de véhicules avaient dépassé les céréales et les médicaments pour devenir le premier poste d'importation.
 
Mais au-delà de cette baisse énorme, le détail marque par marque qui vient d'être rendu public montre que tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Sous le couvert de limiter l’hémorragie de devises dont l’Algérie est victime, il semble que le gouvernement se serve également de ces quotas pour des raisons plus politiques.
 
De plus, alors que la majorité des constructeurs travaillent en euros, les plafonds sont en dollars. Le surcoût de conversion entraînera probablement une baisse du nombre de voitures réellement vendues.
 
Les deux constructeurs les plus présents en Algérie se voient relativement épargnés avec les « enveloppes » les plus importantes. Le groupe Renault (Renault et Dacia) bénéficie d'un quota de 15 000 véhicules pour une valeur plafond de 130 M$. Son concurrent VAG ( Volkswagen, Audi, Seat, Skoda, Porsche) obtient 11 000 véhicules, pour une valeur plafond de près de 150 M$.

Réunion de crise

Sovac (VAG Algérie) est relativement bien traité. Photo VAG.
Sovac (VAG Algérie) est relativement bien traité. Photo VAG.
Toyota suit avec 8 500 véhicules autorisés (105 M$). Peugeot, qui pourtant fait partie des marques les plus vendues en Algérie, devra se contenter de 7 000 véhicules pour une valeur plafond de seulement 57 M$. En 2012, Peugeot réalisait un chiffre d'affaires de 1 mds $ en Algérie. La marque française paie ici une politique d'optimisation fiscale que le gouvernement algérien semble ne pas avoir apprécié.
 
Plusieurs constructeurs asiatiques vont pratiquement disparaître du marché, comme Hyundai (3 140 véhicules, 30 M$) pourtant très présent en Algérie, Nissan (830 véhicules, 8,6 M€) qui devra vendre 20 fois moins de voitures que sur une année normale, ou encore Kia ( 6 800 véhicules, 49 M$). Ford et Suzuki ne bénéficient d'aucune licence.
  Plusieurs concessionnaires ont demandé une réunion de crise au ministère du Commerce. Ils annoncent la mise en place de mesures massives de licenciements. Le secteur emplois plus de 86 000 salariés.


Gérard Tur


Mercredi 18 Mai 2016



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