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L’Algérie confrontée à une montée de la grogne sociale sur fond d’incertitude politique


Après l’annonce, il y a quelques semaines, d’un taux de chômage de 10% à peine, les pouvoirs publics, par la voix de l’Office national des statistiques (ONS), ont rapporté, le 1er février 2011, que l’inflation avait atteint 3,9% en Algérie en 2010, en baisse donc par rapport aux années précédentes. Moins d’un mois à peine après une explosion générale de mécontentement social dont le facteur déclenchant résidait dans l’augmentation des prix du sucre et de l’huile de table, ces bonnes nouvelles ne semblent pas convaincre les salariés dont les mouvements de protestation pour l’amélioration de leur pouvoir d’achat se multiplient.



Sit-in du SNPSP (photo archives SNPSP)
Sit-in du SNPSP (photo archives SNPSP)
ALGÉRIE. Profitant d’une conjoncture internationale marquée par le déclenchement de révoltes populaires en Tunisie et en Egypte, les salariés de la fonction publique emmenés par de dynamiques syndicats autonomes ainsi que les étudiants de certaines villes multiplient les mouvements de protestation pour amener des pouvoirs publics inquiets à satisfaire leurs revendications.

Intervenant quelques jours seulement après un mouvement de grève au complexe ArcelorMittal Hadjar (Est du pays), les grèves des travailleurs de la santé et de l’éducation font monter la pression sur un éxécutif toujours très silencieux, à dix jours exactement d’une manifestation nationale demandant la levée de l’état d’urgence et la démocratie dans le pays.

Une manifestation interdite mais appelée par une coordination où siègent justement nombre de syndicats autonomes, aux côtés de partis, d’associations et d’autres mouvements.

Le secteur de la santé en première ligne

La grève des 90 000 paramédicaux qui se déroule les 1er et 2 février 2011 est largement suivie selon le syndicat algérien des paramédicaux (SAP). Son président, Lounès Ghachi, a précisé que le taux de suivi, au premier jour du mouvement, avoisinait les 90%.

Les échos rapportés par la presse précisent que si les revendications sont effectivement soutenues par les auxiliaires médicaux, le mouvement n’est pas forcément suivi là où le jeune syndicat n’est pas encore implanté, ce qui est notamment le cas à l’ouest du pays.

Ces travailleurs de la santé réclament la promulgation de leur statut particulier, la réintégration des syndicalistes radiés, leur intégration dans le tableau « A », catégorie « 11 » et leur intégration au système licence-master-doctorat (LMD).

Le SAP menace d’une nouvelle grève « illimitée » à compter du 8 février 2011 si ses revendications continuent d’être ignorées.

Cette grève intervient alors que des négociations se déroulent entre le ministère de la Santé et les représentants du syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP).

Les discussions portent principalement sur le statut particulier et le régime indemnitaire avec, à la clef, une revendication de doublement « au minimum » de leur salaire actuel.

Des milliers d’étudiants dans la rue à Tizi-Ouzou

Des milliers d’étudiants, rejoints par de simples citoyens, ont manifesté le 1er février 2011 à Tizi-Ouzou (à 100 km à l’Est de la capitale) à l’appel de la Coordination locale des étudiants (CLE). 

Les marcheurs ont dénoncé la corruption et exigé « les libertés démocratiques et un Etat de droit ». Les étudiants de Tizi-Ouzou, qui étaient en grève générale, revendiquent « l’éradication du phénomène de l’insécurité », « la réouverture de la post-graduation et le maintien du Capa (capacité)» et disent « Non au système LMD » (licence-master-doctorat).

L’éducation paralysée à Béjaïa

Rassemblement Cnapest (photo archives Cnapest)
Rassemblement Cnapest (photo archives Cnapest)
A Béjaïa (200 km à l’Est d’Alger), ce sont les salariés de l’éducation qui ont entamé, le 1er février 2011, une grève de deux jours pour exiger une commission d’enquête sur la gestion des œuvres sociales.

Initié par le Conseil national des professeurs des établissements d’enseignement secondaire et techniques (Cnapest) et l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation (Unpef), le mouvement semble avoir été largement suivi.

La fin du monopole de la gestion des œuvres sociales par l’Union générale des travailleurs algériens, seule centrale autorisée qui a perdu l’essentiel de ses troupes dans la Fonction publique depuis l’arrivée des syndicats autonomes, constitue une des principales revendications de ces derniers.

Des rassemblements d’enseignants du secondaire ont, par ailleurs, eu lieu le même jour dans les wilayas de Tipasa et Batna.

Tentative d’immolation suivie d’une grève dans une banque publique

Autre mouvement social, la grève, qui dure depuis le 30 janvier 2011, des employés du siège social et de certaines agences de la Banque de développement local ).

Local et sectoriel, ce mouvement a rencontré un grand écho car il est parti d’une tentative d’immolation d’un agent de sécurité et de sa fille de 10 ans, handicapée à 100%.

Sous contrat depuis dix-sept années, ce salarié qui demande sa permanisation a été sauvé in extremis par ses collègues.

Mais cela a constitué le point de départ d’un mouvement de protestation collective qui réclame le départ de la direction de cette banque publique – le pdg et ses collaborateurs – accusée d’autoritarisme.

Les employés réclament parallèlement la dissolution de la section syndicale affiliée à l’UGTA.

Ils lui reprochent en effet de compter en son sein des dirigeants de la banque.

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Amal Belkessam, à ALGER


Mercredi 2 Février 2011



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