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L’Algérie annonce l'interdiction d'exportation de la sardine


Le ministre algérien de la Pêche et des Ressources halieutiques, Abdallah Khanafou, multiplie les annonces sur la pêche dont celle sur l'interdiction d'exportation de la sardine.



Abdallah Khanafou,  ministre de Pêche et des Ressources  halieutiques (Photo DR)
Abdallah Khanafou, ministre de Pêche et des Ressources halieutiques (Photo DR)
ALGÉRIE. Le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Abdallah Khanafou, a annoncé, le 12 octobre 2010 sur les ondes de la radio algérienne que l’Algérie suspendait l’importation de nouveaux bateaux de pêche et interdisait l’exportation de certaines espèces de poisson, dont la sardine. 
Abdallah Khanafou considère que les 4 500 bateaux de pêche du pays suffisent à satisfaire la demande locale.

Cette bonne nouvelle contraste toutefois avec l’annonce, par le même ministre, de la non pêche du quota de 1 100 tonnes de thon allouées pour l’année 2010 à l’Algérie par la Commission internationale pour la conservation du thon (ICCAT).

Nombre d’observateurs doutent de la capacité de la flottille de pêche algérienne à satisfaire la demande locale et considèrent que la raison de la décision de suspendre l’importation de bateaux de pêche se situe ailleurs.

Etat des lieux

Le secteur de la Pêche a bénéficié d’un programme de soutien de l’Etat algérien d’un montant de 26 mds DZD (251,2 M€).

L’objectif visé était de passer d’une consommation moyenne de 4 à 8 kg par an et par habitant.

Pour cela, il fallait développer les capacités de pêche de la flottille algérienne.

Des bateaux, dont 15 thoniers, furent ainsi commandés auprès des chantiers navals turcs à des prix compris entre 50 et 80 M DZD l’unité ( 483 000€ à 772,8 M€).

L’accroissement du nombre de navires a permis de ramener la moyenne d’âge des bateaux de pêche algériens de 20 à 12 ans.

Le problème est que nombre de ces embarcations n’ont pas été construits selon les normes. Victimes de malfaçons, ils sont restés bloqués à quai.

C’est ce qui expliquerait à la fois la contre-performance en matière de pêche du thon et la décision de suspension d’acquisition de nouveaux bateaux financés, à hauteur de 60% par l’Etat, la Banque agricole de développement rural (BADR) octroyant des prêts bancaires de 30% alors que les armateurs n’auraient à fournir, de leur côté, que 10% du montant du bateau.

Un grand scandale

Pour nombre d’observateurs, la contre-performance du secteur de la pêche serait due à l’interdiction de faire appel à des pêcheurs étrangers, turcs en particulier, pour la campagne de l’année en cours.

Cette interdiction est intervenue suite à l’éclatement du scandale du thon rouge qui a révélé que des centaines de tonnes de cette espèce étaient, depuis de nombreuses années, virtuellement échangées en haute mer par certains thoniers algériens.

Peu de navires algériens seraient en effet en mesure de réaliser une pêche significative de thon.

Le ministre a donc annoncé que « les sociétés mixtes pour l’exploitation du poisson dans les eaux algériennes seront interdites à l’avenir, car à l’origine de trafics ».

Interdiction d’exporter la sardine

Une série d’espèces de poissons est désormais interdite d’exportation afin de privilégier la consommation locale de ce produit devenu inaccessible à la majorité des petites bourses.

C’est notamment le cas de la sardine qui était considéré autrefois, en Algérie, comme le «plat du pauvre».

Abdallah Khanafou a toutefois assuré que « l’exportation des espèces à forte valeur ajoutée peut être maintenue et compensée par l’importation de produits de large consommation ».

A propos de l’aquaculture, le ministre a déclaré que cette filière représente, selon l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture  (FAO), 50% de la production mondiale de poissons pour un montant de 78 mds $ (55,9 mds€) par an. 

Les pouvoirs publics devraient donc travailler, selon le ministre, à rattraper le retard de l’Algérie dans ce domaine par un programme spécial de développement. 

Enfin et pour ce qui est du corail, Abdallah Khanafou annonce que la levée de l’interdiction de sa pêche dépendra de l’élaboration d’un plan de gestion de cette ressource fragile. 

Différentes zones de pêche pourraient ainsi voir le jour. Chacune d’entre elles « bénéficiera, selon le ministre, de 10 concessions d’exploitation à raison de 300 kg par concession, soit une quantité totale de 6 tonnes à extraire par an. Mais un seul secteur sera seulement ouvert pendant cinq ans alors que les autres seront au repos tour à tour pendant 20 ans, et ce, afin de préserver les écosystèmes». 



Amal Belkessam, à ALGER


Jeudi 14 Octobre 2010



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Commentaires

1.Posté par BEZDINGO le 14/10/2010 21:24
A PROPOS DE : "Le problème est que nombre de ces embarcations n’ont pas été construits selon les normes. Victimes de malfaçons, ils sont restés bloqués à quai".
L'algérien, armateur ou AMATEUR, qui veut importer un bateau de pêche le négocie par exemple avec un turc pour 50 millions de dinars; il demande une pro-format de 60 millions. L'état (ministère de la pêche) lui accorde un don de 60% soit -36 millions. La BADR (bank) lui donne 30% de crédit soit -18 millions. Lui même apporte les 10% restants -6 millions. la banque paye au turc les 60 millions. Le turc remet en devises les 10 millions de trop à l'algérien.
Le bateau mal réalisé sera livré avec des mauvais matériels et équipements (chantage turc). Le bateau reste à quai, fait semblant de pécher et 1 à 3 ans après il sera coulé au large. L'assurance (CAAT) payera 60 millions à l'algérien. Résultat : 10 du turc + 60 de la CAAT = 70 - 6 = 64 millions dans la poche SANS AVOIR PÉCHÉ ! Ça c'est de la pêche au gros !
Notre "amateur" quitte la pêche et devient importateur de sardine en conserve par exemple!
 

2.Posté par BEZDINGO le 14/10/2010 21:48
"A propos de l’aquaculture, le ministre a déclaré" ET "la décision de suspendre l’importation de bateaux de pêche se situe ailleurs." ET "Les pouvoirs publics devraient donc travailler, selon le ministre, à rattraper le retard de l’Algérie dans ce domaine par un programme spécial de développement". ET "la décision de suspension d’acquisition de nouveaux bateaux financés, à hauteur de 60% par l’état".
FINI LES BATEAUX, le pot aux roses est découvert ! PLACE À L'AQUACULTURE ! COMBIEN DANS LES POCHES DEMAIN? À chaque ministre sa trouvaille, le hold-up continue.

3.Posté par kad le 15/10/2010 10:33
Enfin ! Quelqu'un vient de s'éveiller de sa longue léthargie. Il était temps, car la sardine, poisson du pauvre a atteint des sommets inaccessibles (400 Da). On comprenait presque les patrons pêcheurs qui revendaient en haute mer leur crevettes au chalutiers espagnols. Mais ce n'était que la crevette, produit de luxe par excellence, lorsqu'on en vient à traficoter avec les produits destinés à la plèbe, alors là, rien ne va plus. Aussi, monsieur le ministre s'il était un plus futé, il aurait compris qu'on ne vend pas uniquement de la sardine en haute mer, on vend aussi et surtout du carburant, ainsi la plupart des chalutiers à l'Est et à l'Ouest ont été trafiqués en bateaux citerne pour aller, non pas pêcher de la sardine mais pour vendre de carburant. Monsieur le ministre devrait sortir complètement de sa doucereuse léthargie et enfourcher sa monture de guerre contre cet hydre qui finira par mettre bas notre économie.

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