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L’Albanie vire à gauche


Les premières années du nouveau gouvernement albanais de gauche s'avèrent difficiles vu la dette publique. Mais les exportations se portent très bien et la population est jeune et bien éduquée.



Edi Rama, le futur premier ministre albanais (Photo Asteris Masouras, licence CC )
Edi Rama, le futur premier ministre albanais (Photo Asteris Masouras, licence CC )
ALBANIE. Avec une victoire aux allures de plébiscite lors des élections législatives albanaises du dimanche 23 juin 2013 (85 députés sur 140 au total), la coalition de partis de la gauche doit désormais se retrousser les manches.

Elle se retrouve face à une économie qui n'est jamais tombée en récession, mais accumulant une dette publique atteignant les 63 %
du PIB. La majorité des experts pense que, bien que la croissance économique pour cette année soit estimée à 1,8%, les effets de la crise mondiale sur les entreprises et les citoyens albanais restent les principales raisons de l'issue du scrutin.

Pendant des années, le gouvernement n’a pas pu rembourser une dette d'environ 200 M€ pour les travaux publics d'infrastructures. Les problèmes fiscaux résultent principalement d’un haut degré de corruption de la majorité, restée huit ans en pouvoir, mais aussi de très grandes dépenses (+ d'1 mrd €) pour la construction de l'autoroute qui lie l'Albanie au Kosovo, avec un très faible retour sur investissement.

Le premier ministre actuel Sali Berisha avait demandé au ministre des Finances d'augmenter de 3,5% les fonctionnaires et de fournir de l'électricité à n'importe quel prix. Mais, d'autre part, environ 100 000 émigrants albanais sont revenus dans le pays au cours des dernières années en provenance de Grèce et d'Italie, pays en pleine crise. Ils sont venus s'ajouter au contingent de chômeurs qui représenteraient 13% de la population. En tout cas selon les chiffres officiels, constamment contestés par l'opposition.

Dans le même temps, les envois de fonds de ces migrants ont chuté à 700 M€ en 2012 contre environ 1 mrd € voici trois ans.

Le gouvernement de Sali Berisha a modifié la loi sur la dette publique, posant son chapeau sur 60% du PIB, une mesure critiquée par les opposants politiques, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Les exportations au beau fixe

Mais, l’Albanie en 2013 constate une augmentation significative de ses exportations, principalement de pétrole brut vers l'Espagne, minerai de chrome vers la Chine, chaussures et textiles vers l'Italie, électricité (obtenue à partir de ressources hydroélectriques) vers le Kosovo. D’autre part, la demande intérieure a diminué de 6 %.

Entreprises nationales et étrangères demandent désormais au futur gouvernement de tenir ses promesses : réduire les impôts - la gauche va adopter un impôt progressif au lieu du taux fixe de 10% actuel - et respecter les contrats de concession dans des secteurs tels que l'énergie et les mines. Sur ce dernier point, la communauté d’affaires - surtout les étrangers – reste très attentive aux futures décisions. Le prochain premier ministre, Edi Rama, 48 ans, chef du Parti socialiste, a déclaré au cours de la campagne électorale que son gouvernement reverrait tous les contrats sur l'exploitation des ressources naturelles pour annuler ceux fondés sur la corruption. Sa première mesure devrait être l'interdiction de l'importation des déchets provenant de l'étranger pour être transformés en territoire albanais.

Edi
Rama et ses alliés ont déclaré qu'ils renoueront avec le Fonds monétaire international. Le gouvernement de son rival Berisha avait suspendu les relations officielles en ne renouvelant pas les accords de coopération financière avec le FMI, préférant avoir recours à des prêts bancaires commerciaux à un coût trop élevé pour le pays .

Tourisme, agriculture, matières premières et énergie constituent les plus importantes sources de croissance économique de l'Albanie. Mais les premières années seront difficiles pour le nouveau gouvernement. La population attend notamment qu'il annonce où il trouvera les fonds pour financer sa nouvelle politique, alors que les coffres de l’État peinent déjà à payer les dépenses nécessaires.




Mercredi 26 Juin 2013



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