Kadhafi qui rit et le peuple qui grondeMouammar Kadhafi est de plus en plus seul et trouve face à lui non seulement son peuple mais aussi toute la communauté internationale. Mais il ne semble pas s'en inquiéter.
Mouammar Kadhafi est de plus en plus isolé (photo DR)
LIBYE. Un grand rire a suivi la question de la journaliste américaine qui l'interrogeait sur l'éventualité qu'il quitte le pouvoir. Interrogé par la chaîne ABC lundi 28 février 2011 au soir, Mouammar Kadhafi a paru complètement déconnecté de la réalité.
Il continue à accuser Al-Qaïda d'être à l'origine des troubles dans son pays. "Tout mon peuple m'aime. Ils mourraient pour me protéger !" déclare-t-il. Avant de se dire trahi par les Etats-Unis. "Je suis surpris, alors que nous sommes allés en Occident pour combattre Al-Qaïda, qu'ils nous abandonnent maintenant que nous combattons les terroristes." Une rue qui gronde, une flotte et une aviation américaine qui fait une démonstration de force autour du pays, une Union européenne qui prépare des sanctions, une Russie qui déclare que "Kadhafi est politiquement mort", et un guide suprême de la révolution qui demeure autiste. Mouammar Kadhafi continue à déclarer (déclamer ?) "mon peuple m'aime". A la question d'ABC sur les manifestations, il répond qu'elles sont en sa faveur. Dialogue de sourds. Contre-attaque sans succès des forces pro-KadhafiL'armée libyenne renforce sa présence à sa frontière ouest (Tunisie) et notamment au poste frontière de Dehiba et à Naiout. Mais, quinze jours après les premières manifestations, Tripoli se résume de plus en plus au seul îlot de résistance d'un colonel Kadhafi de plus en plus isolé. Et encore, les faubourgs de la capitale bruissent du mécontentement. Mardi 1er mars 2011 en début d'après-midi, les obsèques d'un opposant ont tourné à la manifestation anti-Kadhafi à Tajoura, un quartier de Tripoli. L'opposition a déjà annoncé sa volonté de marcher sur Tripoli depuis ses bases de l'est du pays (lire : L'opposition prépare la bataille finale pour la conquête de Tripoli) et tient déjà plusieurs champs pétrolifères qui lui permettent d'exporter à nouveau le pétrole grâce aux ports conquis. Selon différents témoignages relevés par les agences de presse occidentales, les troupes pro-Kadhafi auraient tenté d'attaquer dans la nuit du lundi au mardi 1er mars 2011 la ville de Zaouia (50 km à l'ouest de Tripoli) sans succès. Ils se seraient heurtés pendant six heures aux tanks, missiles anti-aériens et fusils mitrailleurs désormais entre les mains des opposants. La même mésaventure se serait produite dans d'autres cités libyennes comme Misourata. Le régime aurait proposé (en vain) de l'argent aux insurgés de Zaouia pour qu'ils livrent la ville. La stratégie d'amadouer son peuple se révèle également dans l'envoi de dix-huit camions chargés de riz, de farine, de sucre et d'oeufs à Benghazi, seconde ville du pays entièrement contrôlée par l'opposition. Il aurait également distribué une somme d'argent équivalent à un mois de salaire à chaque libyen L'Europe se réunira le 11 mars 2011Le 11 mars 2011, les pays de l'Union européenne se réuniront à Bruxelles pour annoncer une position commune sur le dossier libyen et la situation en Afrique du nord. En attendant ce sommet extraordinaire, les pays européens ont décidé mardi 1er mars 2011 de geler les avoirs de tous les membres de la famille de Mouammar Kadhafi. La Banque centrale autrichienne évalue à 1,2 md€ ces sommes dans son pays. L'Allemagne à 2 M€ ceux d'un des fils Kadhafi et le Canada à saisi 2 mds€ d'actifs. Du côté des Etats-Unis, Hilary Clinton a déclaré que "toutes les options sont sur la table" n'écartant donc pas une opération militaire pour chasser Mouammar Kadhafi et stopper les exactions dont le bilan s’établirait au moins à 1 000 morts. Mais les opposants libyens refusent cette solution. De toute façon la décision d'une intervention ne pourra pas se prendre sans l'ONU. Selon le site indépendant libyen Quryna, Mouammar Kadhafi vient de nommer un de ses gardes du corps au poste de chef des renseignements après avoir limogé mardi 1er mars 2011 le titulaire du poste Abdullah al-Sanusi al-Migrahi. Frédéric Dubessy
Mardi 1 Mars 2011
Lu 1591 fois
Commentaires
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info |
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version
Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.
Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Par Michel Roche, consultant Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.
|
|
||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||



Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Par Michel Roche, consultant 







