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Kadhafi à Rome pour sceller la réconciliation avec l'Italie


Le Colonel Kadhafi effectue sa première visite officielle à Rome depuis son accession au pouvoir. Accueilli en grande pompe par Silvio Berlusconi, le chef d'Etat libyen est venu sceller l'accord de réconciliation signé en août 2008 à Benghazi. Un accord qui mêle considérations économiques et diplomatiques.



C'est la première visite de Mouammar Kadhafi dans l'ancienne puissance coloniale (photo DR)
C'est la première visite de Mouammar Kadhafi dans l'ancienne puissance coloniale (photo DR)
ITALIE / LIBYE. Dix-huit mois après son voyage en France, Mouammar Kadhafi a de nouveau eu droit à un accueil en grande pompe dans une capitale européenne.

Après Paris, le « Guide » libyen a débarqué mercredi 10 juin 2009 à Rome à la tête d’une délégation de... 300 personnes pour une visite « historique » de trois jours, sa première dans l'ancienne puissance coloniale qui se déroule sous haute surveillance policière.

Venu en personne sur le tarmac de l’aéroport de Fiumicino pour accueillir le Colonel, Silvio Berlusconi n’a pas mégoté sur la longueur du tapis rouge.

Faisant fi des quolibets des associations de défense des droits de l’homme et d’une partie de l’opposition de gauche, le président du Conseil italien a fait assaut d’amabilité pour que son invité se sente comme « a casa sua » (chez lui). A l’instar de Nicolas Sarkozy, il a ainsi accepté que le « guide » plante sa tente de bédouin dans un palais gouvernemental, en l’occurrence le parc de la Villa Doria Pamphili, un palais romain du XVIIe siècle qui sert aujourd’hui de lieu de réception aux autorités.

Une réconcilitation très "économique"...

Comme à Paris, cet accueil fastueux réservé au chef d’Etat libyen a de forts accents économiques.

En août 2008, les deux Etats ont signé à Benghazi, en Libye, un traité qui solde les comptes de plus de trente années de colonisation italienne (1911-1942).

En guise de contrition, Rome s'est engagé à verser 5 mds$ de dédommagements à Tripoli sous forme d'investissements sur les 20 prochaines années.

Cette enveloppe servira à financer des projets de construction, des bourses pour les étudiants et des pensions de retraite pour les Libyens ayant combattu sous les couleurs italiennes pendant la seconde guerre mondiale.

De son côté, la Libye a accepté de faire la police contre les milliers de migrants clandestins passant par son territoire pour gagner l'Europe.

Début mai, les Libyens ont donné les premiers gages de cet engagement en acceptant pour la première fois de récupérer un demi-millier d’immigrés interceptés par la marine italienne, une opération dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, notamment Human Rights Watch.

Parfums d'hydrocarbures

Le site gazier de Wafa, réalisé par ENI dans le désert libyen (photo Eni)
Le site gazier de Wafa, réalisé par ENI dans le désert libyen (photo Eni)
L’accord prévoit également des mesures plus techniques comme la fin de la double imposition de la centaine d’entreprises italiennes travaillant en Libye et des engagements pour faciliter l’obtention des visas aux étudiants libyens.

Enfin, la réconciliation a également un fort parfum d’hydrocarbure. Le gaz et le pétrole représentent un enjeu stratégique pour l'Italie qui n’a pas misé sur le nucléaire : Rome importe ainsi un quart de ses besoins en hydrocarbure de son ancienne colonie.

Du coup, les énergéticiens transalpins comptent bien approfondir la coopération qu’ils ont engagée avec leurs homologues libyens.

Lors d’un discours prononcés le 10 juin, M. Kadhafi a d’ailleurs déclaré que les « entreprises italiennes seraient désormais en première ligne pour décrocher des contrats de coopération ».

Cette promesse a fait oublier à ses hôtes son goût pour la provocation : durant toute la première journée romaine, le « Guide » arborait au revers de sa veste le portrait de l’ancien chef de l’opposition libyen à l’occupant italien.

Diplomatie

Cet état de grâce trouve son prolongement sur le terrain diplomatique.

Silvio Berlusconi a invité le chef d’Etat libyen à participer au prochain G8 qui se tiendra à L’Aquila en juillet 2009. Ce dernier, qui préside l’Union africaine, entend saisir cet évènement pour porter la voix des pays du Sud.

En contrepartie, le Colonel Kadhafi a indiqué qu’il comptait saisir sa prochaine présidence de l’assemble générale des Nations Unies pour proposer que l’Italie obtienne un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies... une proposition qui a peu de chance d’aboutir, mais qui a flatté l’orgueil de ses hôtes. C’était le but recherché...




Jeudi 11 Juin 2009



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