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Israël face au boycott


Le boycott a pris de l'ampleur ces deux dernières années en Israël. Des entreprises européennes se retirent des territoires occupés et de nombreuses associations font campagne contre les produits Israéliens. L'Etat hébreu tente de calmer la situation après le dernier épisode en date, celui avec l'opérateur téléphonique français Orange.



Le boycott économique devient une menace pour Israël. (photo F.Dubessy)
Le boycott économique devient une menace pour Israël. (photo F.Dubessy)
ISRAËL. En 2015 les affaires de boycott et d’utilisation des terres cisjordaniennes par Israël se sont multipliées. Notamment avec l’affaire très récente des déclarations du PDG d’Orange, l'opérateur téléphonique français.

Stéphane Richard, auteur, mercredi 3 juin 2015 au Caire, d'un retentissant "si je le pouvais, je déciderai dès demain le retrait d'Orange d'Israël", se trouvait, vendredi 12 juin 2015, à Jérusalem pour colmater la brèche ouverte par cette phrase mal perçue par les autorités israéliennes comme par les autorités françaises, actionnaires d'Orange.

Lors de cette réunion avec Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, le PDG français avouait regretter "profondément cette controverse" et assurait que sa société "n'a jamais soutenu et ne soutiendra jamais toute forme de boycott contre Israël."  Fin de polémique !

Depuis la fin de la guerre des Six jours, Israël développe des colonies dans la bande de Gaza, et en Cisjordanie. Des emprises jugées illégales par la Convention de Genève et la Résolution 446 du Conseil de sécurité des Nations unies, mais qui occupent aujourd'hui 42% du territoire cisjordanien et où vivent près de 500 000 colons. De nombreuses entreprises Israéliennes s’enracinent dans ces colonies. Ceci n’est pas au goût de tout le monde. Israël, qui parle d'"implantations", argue de son côté qu'aucun statut juridique de ces territoires n'a été établi par un traité de paix.

BDS parle d'apartheid

L’association BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) créée en 2005 par la société civile palestinienne, lutte activement en demandant aux citoyens de pratiquer des boycott autant économique, culturel que sportif et universitaire. Elle dénonce notamment les entreprises israéliennes installées en territoire occupé, et la dépendance des travailleurs palestiniens. 
 
La notion d'"apartheid" apparaît régulièrement sur son site internet. L'association dénonce cette situation et demande une égalité des droits entre les Israéliens et les Palestiniens, le droit au retour des réfugiés et la fin de l’occupation des terres palestiniennes.  
 
BDS cherche tout d'abord à informer. Notamment en ce qui concerne le boycott des produits Israéliens. « De nombreux produits n’ont pas la bonne origine, il existe une dissimulation de l’origine, c’est pourquoi nous demandons aux consommateurs d’être vigilants. » souligne l'association. 

Le gouvernement israélien qualifie, quant à lui, cette association d'antisémite. Isaac Herzog, chef de file de l’opposition et de l’Union sioniste (coalition de gauche, centre gauche et du centre), a même évoqué « une nouvelle intifada » en parlant du BDS.

Le boycott d'entreprises européennes

Tout commence avec l’affaire Sodastream en 2014. L’entreprise installée dans une colonie de  Cisjordanie, réalise une publicité avec Scarlett Johanson. Cela choque l’opinion publique et la première grande affaire de boycott commence. John Kerry, secrétaire d’Etat américain, et de nombreuses ONG telle que B’Tselem se mêlent de l’histoire qui devient internationale. 
 
Durant l’année 2014 le boycott économique devient plus important. En janvier 2014, le représentant de Bruxelles pour le processus de paix, Andreas Reinicke, annonce que si les négociations échouaient, un étiquetage distinctif des produits des colonies verrait le jour. « Ce qui est contradictoire avec le fait que le parlement Européen et le droit international interdisent les exploitations en territoire occupé » selon l'association. 
 
Peu après, le fond souverain de Norvège bannissait deux entreprises ayant participé à la construction de colonies à Jérusalem-Est et une société d’eau potable néerlandaise cessait sa collaboration avec la compagnie Israélienne Mekorot. 

Une menace stratégique

Si le gouvernement israélien tentait de minimiser ce boycott économique, à l’heure d’aujourd’hui, les choses s’inversent. Benyamin Nétanyahou dénonce « une offensive engagée contre l’Etat d’Israël ». Le président Israélien, Reuven Rivlin parle lui, de « menace stratégique ». Ce terme est plus souvent employé pour désigner le Hamas ou l’arme nucléaire. 

 L’ancien ministre de la Défense de la droite conservatrice, Moshe Arens assure lui que ces boycotts « n’ont eu aucun effet perceptible sur l’économie israélienne  ». Mais cette pression inquiète le gouvernement Israélien.

Les négociations de paix avec la Palestine trouvent leur place dans le débat. Une partie de l’Union européenne pourrait boycotter des produits israéliens si les discussions se traduisaient par un échec. Ceci a de quoi alarmer les milieux d’affaires israéliens. Benjamin Netanyahu demande d’ailleurs aux Etats-Unis de « 
continuer à s’opposer aux boycotts contre Israël


Ludivine Tur


Vendredi 12 Juin 2015



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