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Israël, Liban, Égypte, trois voisins mais des résultats aux antipodes


Alors que tous les indicateurs économiques sont au vert en Israël, le Liban et l'Égypte connaissent des crises profondes. Le Liban est submergé par les réfugiés et l'Égypte a perdu ses sources de devises.



ISRAËL / LIBAN / ÉGYPTE. Qu'il s'agisse de chiffres définitifs ou d'estimations, Israël voit tous ses indicateurs économiques passer au vert en 2016. Le taux de croissance du PIB (produit intérieur brut) devrait frôler les + 4% (+2,5% en 2015), soit largement plus que la prévision de début d'année du gouvernement. Une performance réalisée grâce à une croissance de 6,2% au quatrième trimestre 2016.

L'augmentation des salaires a dopé la consommation intérieure, provoquant un effet bénéfique pour le PIB, mais aussi pour le déficit public. Grâce à des recettes fiscales en hausse, il réalise lui aussi une performance meilleure que prévue, à 2,15% du PIB ( 2,15 en 2015). Résultat, la dette publique d’Israël tombe à 60,4% (64,9% en 2015), son plus bas niveau historique.

La forte croissance impacte directement le taux de chômage qui passe de 5,3% fin 2015 à 4,3% en décembre 2016. Il s'agit là aussi d'un niveau historiquement bas pour Israël.
 
2017 s'annonce sous les meilleurs auspices avec une consommation intérieur toujours aussi solide, confortée par un quasi plein emploi, la réévaluation du salaire minimum et de nouvelles baisses d'impôts.

L’Égypte privée de devises

L'Egypte a vu s'effondrer ses trois plus importantes sources de devises, dont les redevances du canal de Suez (photo : B.Challiol)
L'Egypte a vu s'effondrer ses trois plus importantes sources de devises, dont les redevances du canal de Suez (photo : B.Challiol)
Le taux de progression du PIB 2016 de l'Égypte n'est pas encore connu. Il devrait avoisiner + 4,3% en 2015/2016 selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui prévoit + 4% pour 2016/2017 (7% en 2008). Cette croissance importante cache une grave crise économique.
 
L'Égypte a vu s'effondrer ou se fragiliser ses trois sources de devises : le tourisme après toute une série d'attentats, la rente du canal de Suez en raison du ralentissement du commerce mondial, les transferts de sa diaspora installée dans des pays comme l'Arabie Saoudite durement confrontés à la chute du prix du pétrole. Elle a donc consommé 50% de ses réserves en dollars depuis 2011.
 
Pour faire face à cette véritable pénurie, l'Égypte a emprunté 12 mrds $ au FMI en échange d'un plan d'austérité et de la libéralisation du taux de change de la livre égyptienne. Avec comme résultat une monnaie nationale qui a perdu 50% de sa valeur et une inflation de 30%.
 
La dette publique reste à un niveau très élevé (98% en 2015/2016 contre 70% en 2008), entretenue par un déficit budgétaire qui devrait dépasser 12% en 2015/2016.
 
Seule bonne nouvelle, le chômage connait une décrue depuis deux ans. Il passe à 11,5% de la population active fin 2016, contre 12,88% en 2015 (8,7% en 2008).

Le Liban noyé sous un flot de réfugiées et une dette impressionnante

Le Liban n'arrive pas à faire face à l'afflux de réfugiés.(photo WFP/Rein Skullerud)
Le Liban n'arrive pas à faire face à l'afflux de réfugiés.(photo WFP/Rein Skullerud)
Le Liban cumule les handicaps. Près de 1,5 million de réfugiés syriens et palestiniens, 30 % de la population, se pressent dans des camps. L'Etat est paralysé, confronté à un système politique qui a privé le pays de président pendant deux ans et demi et qui se montre incapable de voter un budget depuis 2005. Le Liban figure dans le top 40 des pays les plus corrompus au monde selon l'ONG Transparency International.
 
Avec de tels boulets, le Liban produit une croissance de plus en plus faible : estimée à 0,8% en 2016, elle atteignait 1,4% en 2015 et 1,7% en 2014. Elle dépassait 8% par an entre 2007 et 2010.
 
Le clientélisme et une politique fiscale désastreuses nés d'un système de baronnies politiques conduisent à un déficit public estimé de 8,1% du PIB en 2016 ( 7,8 % en 2015) et à un endettement public record estimé de 144,2% du PIB ( 138,2% en 2015), le troisième le plus élevé au monde. Tous les analystes prévoient une dégradation de ces taux en 2017. « Les moteurs de croissance traditionnels du Liban , le tourisme, l'immobilier et la construction ont subi des revers et une forte reprise est improbable sans amélioration des conditions politiques et de sécurité » estime un rapport publié fin 2016 par le FMI.
 
Le Liban ne publie plus son taux de chômage depuis des années. Le ministère du Travail l'estimait fin 2016 à 25 %, soit plus du double du taux de 2012. Un chiffre pourtant probablement sous-évalué.

Pour en savoir plus : L'Égypte s'enfonce dans la crise

Israël lance 24 appels d'offres pour ses champs gaziers

Le Liban cherche des solutions pour les réfugiés

Le Liban a enfin un président



Gérard Tur


Jeudi 16 Mars 2017



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