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"Il faut établir un agenda social au Maroc"


Pour Jamal Belahrach, nouveau président de la commission emploi et relations sociales de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), un nouvel agenda social doit voir le jour. Parmi les priorités : la modification du Code du travail et la mise en place d'une indemnité pour perte d'emploi.



Jamal Belahrach, président de la commission emploi et relations sociales de la CGEM (photo DR)
Jamal Belahrach, président de la commission emploi et relations sociales de la CGEM (photo DR)
MAROC. Directeur général de Manpower Maroc, Jamal Belahrach vient de prendre la présidence de la commission emploi et relations sociales de la CGEM, une association privée qui regroupe des chefs d'entreprise marocains, essentiellement des PME.

Econostrum.info : Comment s’est passée la rentrée sociale au Maroc ?

Jamal Belahrach : Malgré les licenciements dans certains secteurs comme le textile, il n’y a pas eu trop de dégâts.

Pour autant, les partenaires sociaux sont dans l’attente. Ils souhaitent être davantage impliqués. Il existe aujourd’hui deux rendez-vous annuels, ce qui est insuffisant pour régler les problèmes au sein des entreprises. Nous souhaitons changer cela et créer un dialogue direct avec les partenaires sociaux.

Econostrum.info : Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Jamal Belahrach : L’objectif est de bâtir un dialogue avec les syndicats et non plus sur une base tripartite avec l’Etat comme cela se faisait jusqu’à présent. Nous discuterons entre nous des problèmes de l’entreprise et du Code du travail en général, et solliciterons l’Etat en tant que facilitateur, régulateur, arbitre, si nécessaire.

Il s’agit d’établir ensemble un agenda social, de fixer une échéance à la négociation des réformes et de la tenir. Rien que cela, c'est une petite révolution dans le paysage social marocain.

Rigidité du code du travail

Econostrum.info : Quels sont les points précis que vous souhaitez aborder avec les syndicats ?

Jamal Belahrach : Que ce soit sur les problématiques de flexibilité et de métiers, autour du droit de grève, ou encore la question du cumul des indemnités de licenciement, un certain nombre de dispositions au sein du Code du travail doivent évoluer rapidement.

Le Code du travail marocain date du protectorat. Il a été amélioré en 2004, mais il est encore rigide, flou.

Parallèlement à cela, au sein de l’entreprise, il faut que les dispositions qui ne posent pas de problème soient appliquées. Notamment, les instances de représentation du personnel, les comités d’entreprise, doivent être développés.

Econostrum.info : Le Maroc met en avant sa destination offshore et une grille de salaires relativement basse pour attirer les entreprises étrangères. S'agit-il encore d'un argument déterminant ?

Jamal Belahrach : La politique offshore du Maroc a attiré beaucoup d’entreprises et c’est une bonne chose pour l’emploi. Néanmoins, le niveau de vie est en train d’évoluer. Il y a six ans, dans les call-center, un télé-conseiller gagnait environ 350 euros par mois. Aujourd’hui, il est plutôt à 400 ou 500 euros. Il y a eu une inflation énorme.

Tout le monde gagnerait à mettre en place une grille des salaires de façon à ce que les business plan des investisseurs soient cohérents.

Marché de l'emploi atone

Econostrum.info : Comment évolue le marché de l’emploi actuellement ?

Jamal Belahrach : Le problème au Maroc, c’est qu’il n’existe pas de tableau de bord social. C’est d’ailleurs un des projets que nous souhaitons mener.

Ce qui est clair, c’est qu'il y a eu des licenciements ces derniers mois, entre 40 000 et 60 000. Aujourd’hui, le marché du travail est atone, les recrutements sont relativement faibles. Les gens attendent de voir comment les choses vont évoluer au premier trimestre 2010.

Pour notre part, dans l’intérim, nous avons enregistré -10% d’activité dans l’industrie par exemple.

Econostrum.info : Vous êtes confiant dans l’adoption du texte de loi portant création d’une indemnité pour perte d’emploi ?

Jamal Belahrach : Oui, le patronat le souhaite, les syndicats également. Il faudrait que cela soit adopté dans les six mois, après la rentrée parlementaire d’octobre 2009. Nous discutons encore des taux de cotisation.

Cette indemnité avait été votée en 2004 dans le cadre de la modification du Code du travail. Imaginez que le décret d’application soit passé juste après. Les personnes licenciées en raison de la crise auraient au moins eu un petit subside.


Christelle Marot, à CASABLANCA


Vendredi 16 Octobre 2009



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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