Hosni Moubarak tente de résister aux manifestants qui réclament son départLes manifestations ont repris de plus belle en Egypte à la fin de la prière du vendredi. Alors que certains policiers passent du côté des manifestants, l'armée est appelée à rejoindre le mouvement.
EGYPTE. La fin de la prière du vendredi aura bien été l'élément déclencheur attendu en Egypte. La montée en puissance des manifestations vendredi 28 janvier 2011, malgré le blackout instauré par le gouvernement sur Internet et la téléphonie portable, semble bien évoluer vers un dénouement à la tunisienne.
Le bilan de sept morts, dix blessés et un millier d'arrestations depuis quatre jours pourrait bien s'alourdir alors que débute le week-end. Et qu'un manifestant aurait été tué ce vendredi à Suez. Vers 15h, Mostapha al-Fekki, président de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée annonçait à la chaîne Al-Jazira, "le gouvernement ne tombera pas !" Dans le même temps, il demandait au président Hosni Moubarak des "réformes sans précédent pour éviter une révolution." Des manifestations ont éclaté dans tout le pays et notamment au Caire, à Alexandrie et à Suez. Jets de pierre contre balles caoutchoutées, bombes lacrymogènes et canons à eau, les échauffourées sont nombreuses entre la police et les manifestants. Des bureaux du parti de Moubarak ont été incendiés à Domiat ainsi que des bâtiments officiels et des véhicules de police au Caire où de nombreux tirs sont entendus. L'armée appelée à rejoindre les manifestants Alors que des policiers rejoignent petit à petit les rangs des manifestants, la rue réclame le secours de l'Armée. Si les militaires répondaient favorablement à ce message, Hosni Moubarak connaîtrait le même sort que Zine el-Abidine Ben Ali. Selon certaines informations non vérifiables, Mohamed el Baradei aurait été empêché de quitter la mosquée du Caire où il venait de faire la prière du vendredi. Revenu jeudi 27 janvier 2011 en Egypte, l'opposant au régime actuel entend s'imposer comme le leader de l'opposition. Dans une interview accordée au préalable au journal britannique The Guardian, Mohamed El Baradei déclarait "j'envoie un message au monde entier. L'Egypte est un pays isolé par un régime à bout de souffle. Il existe bien sûr un risque pour ma sécurité aujourd'hui, mais c'est un risque qui vaut la peine. Je serais dans la rue aujourd'hui avec le peuple.'" Frédéric Dubessy
Vendredi 28 Janvier 2011
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