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Hosni Moubarak démissionne officiellement


Après avoir quitté le Caire pour Charm El-Cheik, Hosni Moubarak a finalement démissionné vendredi 11 février 2011 en fin d'après-midi. La fin d'un règne de vingt-neuf ans pour le président égyptien qui refusait encore la veille de céder le pouvoir à l'armée.



Hosni Moubarak a finalement démissionné (photo DR)
Hosni Moubarak a finalement démissionné (photo DR)
EGYPTE. Après un baroud d'honneur jeudi 10 février 2011 dans son discours affirmant qu'il restait en poste mais déléguait ses pouvoirs à Omar Souleimane son vice-président, Hosni Moubarak a finalement officiellement annoncé sa démission vendredi 11 février 2011 à 17h00. Et remis le pouvoir à l'armée. 

"Compte tenu des conditions difficiles que traverse le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la république et charge le conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays" a déclaré à la télévision publique Omar Souleimane.

A la tête du Conseil suprême des forces armées égyptiennes, Hussein Tantaoui, ministre de la Défense, est donc le nouvel homme fort de l'Egypte. C'est lui qui été venu jeudi 10 février 2011 directement sur la place Tahrir annoncer que toutes les revendications des manifestants allaient être satisfaites. 

Ses déclarations avaient provoqué une liesse laissant croire au départ d'Hosni Moubarak le soir même. Un soufflé vite tombé après le discours présidentiel quand ce dernier avait affirmé "je ne quitterais mon pays que pour la tombe. Je suis prêt à tenir mes promesses de façon honnête et sérieuse.

Pendant toute la journée, la foule de manifestants n'a cessé de croître dans tout le pays. Des heurts se sont même déroulés se soldant par un mort et une vingtaine de blessés. 

Selon les services de sécurité égyptien, ces affrontements entre la police et les manifestants se seraient déroulés lors d'un échange de tirs avec des protestataires qui tentaient de libérer des détenus dans un poste de police d'Al-Arich (Sinaï égyptien).

Hossam Badrawi, secrétaire général du parti au pouvoir, le parti national démocrate (PND),  tout juste nommé, a du aussi démissionner.  

En matinée, le président avaiit quitté Le Caire avec sa famille pour rejoindre sa résidence de Charm El-Cheik.

Les concessions ne satisfaisaient pas la rue égyptienne

Les manifestants faisaient du départ d'Hosni Moubarak une condition sine qua non au retour au calme (photo DR)
Les manifestants faisaient du départ d'Hosni Moubarak une condition sine qua non au retour au calme (photo DR)
Arrivé au pouvoir en octobre 1981, après l'assassinat d'Anouar el-Sadate, Mohammed Hosni Moubarak issu des rangs militaires, dirige depuis le pays d'une main de fer avec l'aide de l'armée et en s'appuyant sur son parti, le Parti national démocrate (PND).

Son 'trône" a commencé à vaciller en janvier 2011, peu après la révolution de Jasmin en Tunisie avec comme haut lieu de la contestation la place Tahrir au Caire. Augmentation du prix des produits de première nécessité, manque de logements, chômage endémique, absence de liberté d'expression figurent parmi les reproches de la rue égyptienne encouragee par le succès des Tunisiens. 

Très vite, le pouvoir se veut ferme mais néanmoins commence à accepter des premières concessions. 

Dès le 28 janvier 2011, Hosni Moubarak "démissionne" son gouvernement et le 29 janvier 2011 nomme le général Ahmed Chafik, chef d'état major de l'armée de l'air comme premier ministre. puis il appelle Omar Souleimane, chef des services de renseignements, à ses côtés comme vice-président. Un poste prévu par la constitution, et occupé sous Anouar el-Sadate par Hosni Moubarak, qui n'avait jamais été pourvu depuis vingt-neuf ans..

Un nouveau gouvernement voit le jour le 31 janvier 2011.

Ce sera ensuite le retrait des policiers après des émeutes sanglantes, remplacés par une armée moins belliqueuses envers les manifestants. Même si les soldats ne bougeront pas et laisseront les pro-Moubarak charger à cheval et à chameau les manifestants de la place Tahrir le 2 février 2011. De nombreux policiers en civil seront impliqués dans des violences et des arrestations avec intimidation de journalistes étrangers.

Les émeutes feront au total 800 blessés et 300 morts. Pas assez pour faire partir les anti-Moubarak de la place principale du Caire. 

Le président accepte alors le début de discussions entre l'opposition et les autorités au pouvoir. Même les Frères musulmans, parti interdit, rejoignent la table des négociation  le 6 février 2011. 

Le 8 février 2011,  Hosni Moubarak accepte la création d'une commission pour amender la constitution, avec comme retouches principales les articles 76 et 77 pour limiter le nombre de mandats présidentiels et les conditions de candidature.

Ces concessions sont pourtant accompagnées d'un leitmotiv : il ne veut pas quitter le pouvoir pour "éviter le chaos" tout en promettant de ne pas se représenter, pour un cinquième mandat, en septembre 2011, date fixée pour la prochaine élection présidentielle. 

Petit à petit, concession après concession, l'opposition semble accepter l'idée d'une transition en douceur. Mais pas les manifestants de la place Tahrir qui ne se contentent pas de ces promesses et continuent à réclamer son départ.  

L'homme le plus riche du monde ?

Agé de 83 ans, le général Hosni Moubarak aura régné sans partage dans un pays de 80 millions d'habitants, miné par la corruption et la pauvreté. Et au contraste foudroyant : 40 % de la population vit avec moins de trois dollars par jour alors que le PIB s'établit à 188 mds$ (2009).

Sa fortune familiale, estimée entre 30 et 70 mds $ selon les sources, en ferait même, selon le journal britannique le Guardian, l'homme le plus riche du monde. Une information démentie par le magazine américain Fortune qui positionne en tête de classement le mexicain Carlos Slim et l'américain Bill Gates ex-acquo avec 53 mds$.

Une bonne partie de l'argent des Moubarak se trouverait dans des banques suisses et britanniques mais aussi placée dans de l'immobilier dans le monde entier. Sans compter les participations dans des entreprises égyptiennes et des hôtels contrôlés par l'armée et l'Etat.





Vendredi 11 Février 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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