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Georges Antoun : « L'hôtellerie méditerranéenne doit cultiver une identité locale »

Au nom de la CCI Marseille Provence et de l'Ascame (association des chambres de commerce de Méditerranée), Georges Antoun milite pour la différence. Pour que l'offre hôtelière méditerranéenne soit à l'image de chaque pays, voire de chaque région. Selon le patron du groupe marseillais New Hôtel, c'est un atout de développement pour le secteur.


Georges Antoun : «  Inscrire l'hôtellerie méditerranéenne dans une démarche de tourisme durable » (photo : F. Matéo)
Georges Antoun : «  Inscrire l'hôtellerie méditerranéenne dans une démarche de tourisme durable » (photo : F. Matéo)
MEDITERRANEE.
    

Econostrum.info : Y a-t-il une spécificité de l'hôtellerie en Méditerranée ?


Georges Antoun : Pas spécialement, mais je pense que pour assurer un développement raisonnable dans les années futures, il faut absolument que chaque pays de la Méditerranée cultive sa propre identité dans le secteur hôtelier. C'est en fait cette diversité qui fait notre spécificité méditerranéenne. Pour le moment, on doit bien admettre que le développement est surtout sensible au niveau des chaînes intégrées. De fait, quand on voyage en Méditerranée, on se rend compte que beaucoup de chambres se ressemblent... En tant que membre de l'association des chambres de commerce de Méditerranée, et en tant qu'élu de la chambre de commerce de Marseille, j'ai pour mission d'alerter les investisseurs hôteliers sur la nécessité de cultiver cette identité locale. 




Econostrum.info : Mais est-ce que cela correspond à une demande de la clientèle ? 


Georges Antoun : C'est évident. C'est une démarche de tourisme durable, de tourisme responsable. Tout le monde s'accorde pour dire qu'il est inutile d'aller chercher une tomate à 3 000 km alors qu'on peut la cultiver sur place; c'est la même chose pour la décoration d'un hôtel : pas la peine d'aller chercher des meubles scandinaves si on est implanté en Andalousie. Il y a de plus en plus de touristes sensibles à ce genre d'argument. Et ce sont des critères qui sont aujourd'hui davantage pris en considération dans le choix d'un hôtel, et plus globalement dans le choix d'une destination. 


« Tout bénéfice pour l'hôtelier »

Le salon Meditour 2010 s'est intéressé cette année à l'avenir de l'hôtellerie en Méditerranée (photo : F. Matéo)
Le salon Meditour 2010 s'est intéressé cette année à l'avenir de l'hôtellerie en Méditerranée (photo : F. Matéo)
Econostrum.info : Que signifie le tourisme durable appliqué à l'hôtellerie ?

Georges Antoun : Comme le terme l'indique, il s'agit de faire durer le plus possible les économies des produits que l'on utilise. En utilisant par exemple des équipements locaux, on limite le transport, et on participe à la réduction de CO². Cela passe évidemment aussi par des comportements aujourd'hui plus largement admis, y compris par la clientèle. On peut le constater dans de très nombreux établissements, par exemple en demandant au client s'il souhaite qu'on lui change les serviettes de bain, pour un usage plus responsable permettant d'éviter le gaspillage de lavages inutiles.


Econostrum.info : Quel est le rôle de la formation dans cette démarche ?


Georges Antoun : La formation est très importante, car nous sommes des entreprises de service, et surtout des sociétés humaines. C'est le facteur humain qui fait la qualité de l'accueil, du service, et c'est la proximité avec client qui va permettre d'avoir une démarche durable. Cela ne peut pas évidemment se faire contre le client. De la même manière, cette démarche passe par une sensibilisation, une formation du personnel. Car il s'agit de mettre en place une réflexion et un comportement adéquats, en gardant bien sûr la même qualité de service : utiliser moins d'eau pour faire le ménage, éteindre la climatisation en faisant les chambres. C'est une politique qui va satisfaire le client ayant précisément choisi l'hôtel pour cette démarche durable; et c'est tout bénéfice pour l'hôtelier lui-même, en termes d'économies d'énergie. 



Propos recueillis par Francis Mateo, à MALAGA


Mercredi 6 Octobre 2010



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