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Gênes rêve d'être reliée à Rotterdam


Plusieurs ministres des transports européens étaient à Gênes le 26 mai pour plancher avec l'UE sur le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre la mer du Nord et la Méditerranée. Un projet inscrit sur la carte des chantiers prioritaires par Bruxelles, mais que l'Etat Italien peine à financer, au grand dam des génois qui voit en cette infrastructure un moyen de développer leur port de commerce.



Le port de Gênes rêve d'être relié à la mer du nord par le rail
Le port de Gênes rêve d'être relié à la mer du nord par le rail
EUROPE / ITALIE. Relier la mer du Nord à la Méditerranée par le rail : ce projet serpent de... mer figure sur la carte du réseau de transport européen (RTE), atlas des grands chantiers d’infrastructure que Bruxelles rêve de voir se réaliser à l’horizon 2020.

Le projet affublé du nom de code « Corridor 24 Rotterdam-Gênes » était le fil conducteur de la réunion des ministres des transports des pays concernés (Allemagne, Belgique, France, Italie, Suisse et Pays Bas) et du commissaire européen aux transports, Antonio Tajani ce 26 mai à Gênes.

Invités par le représentant de Bruxelles à dresser un bilan de l’avancée du dossier dans leurs pays respectifs, les ministres ont pris l’engagement de parvenir à une intégration des différents systèmes de transport ferroviaire à l’horizon 2015.

En clair, d’ici six ans, il devrait être possible de faire circuler un TGV ou un train de marchandises entre les Pays Bas et l’Italie sans rupture de charges et dans un cadre réglementaire unique.

Un devis de 5 Mds€ pour la LGV Gênes-Milan

De son côté, l’UE a nommé Karel Vinck comme coordinateur du projet. Ce Belge connaît bien le sujet, puisqu’il était depuis 2005 en charge de l’introduction de l’ERTMS ( European Rail Traffic Management System ), système visant à assurer l’interopérabilité des réseaux ferroviaires européens.

Hôtes de la réunion, les génois ont profité de l’événement pour mettre la pression sur le gouvernement afin qu’il accélère le financement du volet transalpin de cette infrastructure, à savoir la liaison entre Gênes et Milan. Le devis de ce projet qui vise à créer une liaison à grande vitesse entre les deux métropoles (150 km) s’annonce assez pharaonique : les estimations tablent sur un montant de l’ordre de 5 Mds€.

A ce jour, l’Etat italien a mis sur la table 900 M€, soit moins de 20 % de l’enveloppe nécessaire. Faute de marges de manœuvre financière et contraint par la Cour des Comptes qui lui a interdit de gonfler son déficit, Rome, par la voix de son vice-ministre des infrastructures, a indiqué qu’elle envisageait de recourir à une loi « ad hoc », sans fournir toutefois d’engagement ferme". Sic.

Une alternative au Lyon-Turin ?

Frecciarossa, le TGV transalpin - ©DR
Frecciarossa, le TGV transalpin - ©DR
Cette promesse n’a guère convaincu les génois qui ont le sentiment que leur ville est sacrifiée au profit de Turin dont le projet de liaison avec Lyon est dans les cartons, pour un coût record (plus de 50 Mds€).

Le président de la Région Ligurie, Claudio Burlando, a insisté sur « l’importance stratégique » de cette LGV pour Gênes et son port dont l’hinterland est aujourd’hui réduit à peau de chagrin.

Pour cet élu qui fut ministre des transports au milieu des années 90, « la LGV Gênes-Milan ne doit pas simplement être appréciée dans une perspective nord-sud, mais aussi comme une alternative à la liaison Lyon-Turin », inscrite, quant à elle, sur le corridor 5 du RTE. « Si l’on ne parvient pas à passer par Lyon, le corridor 5 pourrait emprunter l’axe Marseille, Nice, Gênes avant de remonter vers le nord. Cela coûterait moins cher et nous permettrait de gagner dix ans par rapport à la date de livraison hypothétique de l’axe Lyon-Turin », a argumenté M. Burlando.

Le port ligure veut plus d'autonomie

Sur les quais du port de la capitale ligure, on suit attentivement le dossier.

La création d’un axe ferroviaire reliant Gênes à la mer du Nord permettrait au port de rivaliser avec les grandes places fortes de Rotterdam et d’Anvers. Une ambition qui passe également par des réformes structurelles.

Le président de l’autorité portuaire, Luigi Merlo a profité de la réunion des ministres pour réclamer une réforme du mode de gouvernance des ports. A la différence de leurs homologues hollandais ou espagnols, ces derniers n’ont aucune autonomie. « Nous sommes confinés à un rôle de notaires » .




Vendredi 29 Mai 2009



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