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Eurostat scrute la dette des administrations publiques européennes


La dette publique des administrations montre une fois de plus d'importante différences entre le nord et le sud de l’Europe, que ce soit au niveau de la répartition dans les différents secteurs ou dans l’utilisation d’instruments financiers.



Les échéances de la dette publique selon les pays. (Illustration Eurostat)
Les échéances de la dette publique selon les pays. (Illustration Eurostat)
EUROPE. Dans son rapport sur l'état de la dette des administrations publiques dans les pays européens, Eurostat passe au crible toutes les informations sur la dette brute des gouvernements européens.

Publié mardi 21 juin 2016, ce rapport montre que les pays du sud de l’Europe restent de mauvais élèves face à leurs voisins du nord dont la dette baisse. Comme au Danemark ou en Allemagne avec -2,4 points de pourcentages entre 2014 et 2015. La Grèce connaît le taux de dette le plus haut de la zone euro. Il s’élevait à la fin de l’année 2015 à 176,9% de son PIB. Suivent de près l’Italie avec 132,7%, le Portugal avec 129% et Chypre 108,9%. 
 
Cette dette publique est principalement constituée par des titres de créances (un titre de créance est une part d'un emprunt. Il s'agit d'une reconnaissance de dette standardisée émise sur un marché négociable). C’est le cas de Malte où 92,1% de cette dette se fait par l’émission de titres. La France et l’Italie se servent aussi de cet instrument financier avec près de 84% d’émissions de titres de créances entre 2014 et 2015.
 
Pour Pierre Gruson, professeur de finance à Kedge business school, les titres de créances « permettent aux banquiers privés et aux instances internationales d'interférer dans la gestion des États. Lorsqu’un État finance sa dette par titre obligataire (titre de créance), le marché peut sanctionner la faiblesse de l’État en faisant baisser la valeur du titre. C’est la cas de la Grèce dont les titres obligataires émis s'échangent aujourd’hui entre 50 et 70 % moins cher que leur valeur initiale » précise Pierre Gruson. 
 
La majorité de la dette grecque (78,4%) passe dorénavant par des prêts, tout comme celle de Chypre (68,9%). Le Portugal et la Croatie en font de même, mais dans des proportions moindres (39,3% et 37,4%).
 
L’échéance de la dette publique peut varier d’un an (court terme) à plus de trente ans (long terme). La plupart des pays européens sont engagés sur du long terme. « Plus un pays à d’échéance à long terme, mieux c’est. Cela souligne la confiance des institutions financières » explique Pierre Gruson, « En France, nous sommes principalement sur du très long terme, en partie pour nous protéger. Si les taux d’intérêt se mettent à augmenter dans les prochaines années, nous pourrons nous y préparer ». 
 
Le ratio de dette à court terme ne dépasse les 10% qu’en France, en Italie et au Portugal. En Espagne, en Grèce et à Malte, moins de 8% des échéances sont à court terme.

La dette publique est détenue principalement par des non-résidents.

Structure de la dette selon les résidents et les non-résidents. (Illustration Eurostat)
Structure de la dette selon les résidents et les non-résidents. (Illustration Eurostat)
Eurostat analyse aussi la répartition de la dette, en observant si elle est détenue par des résidents non financiers, par des ménages, par des résidents financiers ou par les non-résidents. Les résidents ou non résidents  financiers sont le plus souvent des investisseurs institutionnels (banques, compagnies d'assurance...). 
 
Dans la plupart des pays européens, les non résidents sont les détenteurs les plus importants. « Cela veut dire que l’étranger nous fait confiance, ce qui est une bonne chose » affirme Pierre Gruson. À Chypre ou au Portugal, ils possèdent 76% et 66,6% la dette publique alors qu’à Malte, ce sont les résidents financiers qui sont majoritaires (62%). De même qu’en Italie (60%) et en Croatie (59%). 
 
« Cependant cette confiance comporte un grand risque. Si, par exemple la France voit son déficit commercial augmenter, ou sa croissance diminuer, les non-résidents s'inquiéteront et risquent de ne plus prêter à la France. Ce qui peut nous amener à un cas de cessation de paiement comme l’a connu le Mexique en 1995. En France les 2/3 de la dette sont détenus par des non-résidents. » commente Pierre Gruson.


Ludivine Tur


Mercredi 22 Juin 2016



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