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Européens et Arabes s’en remettent à Obama pour instaurer la paix au Proche Orient

Au Forum de Paris, projets économiques et autre dialogues interreligieux pour créer la confiance autour de la Méditerranée auraient montré leurs limites. La priorité à la solution politique entre Israéliens et Palestiniens fixée par la nouvelle stratégie américaine focalise attentes et attentisme.


Le Forum de Paris privilégie une solution politique aux problèmes méditerranéens (photo Hala Kodmani)
Le Forum de Paris privilégie une solution politique aux problèmes méditerranéens (photo Hala Kodmani)
MEDITERRANEE. « Je suis étonné que cette conférence soit si américano-centré ! », relève l’un des rares participants américains au Forum de Paris qui se tient les 9 et 10 avril 2010 au Palais Brongniart. Jack Devine, ancien responsable de la CIA qui dirige aujourd’hui Arkin Group, une société privée spécialisée dans l’intelligence stratégique, ajoute : « j’aurais cru qu’on s’intéresserait davantage ici à la politique européenne».


Pour son VIème colloque annuel, sur « L’Europe, les Etats-Unis et la Méditerranée  », le prestigieux Forum de Paris a resserré en effet les trois continents autour des questions brûlantes du Moyen Orient. Les débats de la première journée consacrés au discours « fondateur » d’Obama au Caire et à « l’Arc chiite » avec la Syrie et l’Iran ont montré combien Arabes, Européens et Méditerranéens sont éblouis par le nouveau défi américain. Ils attendent les termes d’une paix négociée, voire même d’une « solution de deux Etats » imposée par Washington pour jouer éventuellement leur partie.


La Syrie futur hub économique

Les leviers économiques de la paix, relégués au second plan, mériteraient d’être pris en considération, a souligné toutefois l’éditorialiste israélien Akiva Elder, notamment avec la stratégie du Premier ministre palestinien Salam Fayyad de créer les bases d’un Etat palestinien d’ici fin 2011. Les progrès accomplis au niveau de la gestion de l’aide internationale, notamment de l’Union européenne à l’Autorité palestinienne et les projets de développement mis en place commencent à encourager les investisseurs. « Le pari de Fayyad se transforme en projet international », note Akiva Elder.

Dans le cas de la Syrie, sa course à l’ouverture économique donne un argument politique majeur aux Européens, Français en tête, pour l’éloigner de l’Iran et assouplir ses positions sur les questions régionales. Selon le journaliste Georges Malbrunot, qui a évoqué le cas syrien, l’idée du président Bachar Al-Assad est de faire de son pays un hub économique entre la Turquie, le Golfe et l’Europe. Une orientation qui ne peut que servir les projets de coopération méditerranéens, mais dépend-elle aussi de la concrétisation de la vision d’Obama pour la région ?



Hala Kodmani, à PARIS


Vendredi 9 Avril 2010



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