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Europe et Ligue arabe prônent l'interdiction du survol aérien de la Libye

La guerre civile bat son plein et la catastrophe humanitaire est proche pour les réfugiés qui fuient les zones de combat. La solution d'une interdiction du survol aérien de la Libye permettrait de limiter le nombre de victimes mais l'idée fait encore débat.


Intervenant sur France 24 Kadhafi fustige l'ingérence de la France (capture écran France 24)
Intervenant sur France 24 Kadhafi fustige l'ingérence de la France (capture écran France 24)
LIBYE. Les combats entre pro et anti-Kadhafi restent encore incertains lundi 7 mars 2011. La puissante contre-offensive des partisans du régime semble désorienter les insurgés moins armés et surtout moins organisés. 

L'idée d'une marche sur Tripoli pour libérer la ville cède la place à une toute autre priorité des opposants : conserver les villes acquises notamment à l'est du pays malgré les incursions et les bombardements.

Aux appels de pied télévisés lundi 7 mars 2011 de Djadallah Azouz al Talhi, ancien premier miinistre toujours proche du pouvoir, de "donner une chance au dialogue national pour résoudre la crise, à contribuer à la fin du bain de sang et à ne pas fournir une occasion aux étrangers de venir prendre à nouveau le contrôle de notre pays" la réponse a été claire. Les insurgés de Benghazi par la voix du Conseil national libyen refusent toute discussion avec le pouvoir actuel tant que Mouammar Kadhafi n'aura pas démissionné. 

Lors d'une interview à la chaîne France 24, le guide suprême de la révolution a de nouveau insisté sur "le rôle essentiel dans la paix régionale et même mondiale" de la Libye. Il affirme penser que "les terroristes d'Al-Qaeda ont essayé de profiter de la situation en Tunisie et en Egypte mais ils se sont repliés en Libye. Ce sont des cellules dormantes qui se sont réveillées et ont pris les armes pour tuer des membres de l'armée, de la police."

Au cours du même entretien télévisé, Mouammar Kadhafi a également dénoncé l'ingérence française dans les affaires libyennes à la suite du soutien affiché par Paris, dimanche 6 mars 2011, au Conseil national libyen rassemblant l'opposition à l'est du pays. "Ca fait rire, vraiment ça fait rire, l'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays. Et si nous nous ingérions dans les affaires intérieures de la Corse ou de la Sardaigne ?" a-t-il étonnement déclaré en attribuant la Sardaigne à la France. Voila qui devrait mécontenter son ancien colonisateur, l'Italie. 

Un million de personnes réfugiées

Pendant ce temps, les diplomaties étrangères continuent de tergiverser sur l'attitude à prendre pour éviter que cette guerre civile qui ne dit pas son nom se poursuive pour un bilan toujours plus meurtrier et une catastrophe humanitaire de plus en plus proche.

L'Union africaine dit étudier l'envoi d'une commission d'enquête en Libye réclamée d'ailleurs par Mouammar Kadhafi lui même à plusieurs reprises.

D'après une source onusienne, plus d'un million de personnes réfugiées ou déplacées à cause du conflit libyen ont besoin d'un aide humanitaire. A tel point que le secrétaire général des Nations Unis, Ban Ki-moon, vient de nommer un jordanien Abdelilah al Khatib pour le représenter à Tripoli et engager le dialogue avec le pouvoir libyen et tenter de résoudre ce problème crucial. 

Selon l'ONU qui cherche des donateurs, 160 M$ (114 M€) seraient nécessaires pour financer les opérations humanitaires au cours des trois prochains mois.

Gérer les conséquences c'est bien, agir sur les causes mieux encore. 

Évoquée depuis plusieurs jours, l'hypothèse d'une interdiction de survol de la Libye pour éviter les bombardements des insurgés commence à prendre du poids. Selon la France, dont le ministre des Affaires Extérieures Alain Juppé était le 6 mars 2011 au Caire et a rencontré son secrétaire général Amr Moussa, la Ligue arabe serait favorable à la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus du pays. 

Cette opinion vient rejoindre celle des Etats-Unis qui ont déjà évoqué cette mesure tout comme d'ailleurs la propre délégation de la Libye à l'ONU qui a fait scission avec le pouvoir. Mais, Robert M.Gates, secrétaire américain à la Défense, a tenu a faire savoir que pour faire respecter ceci, il faudrait au préalable "attaquer la Libye pour détruire les défenses aériennes."

Une option que refusent pour l'instant de prendre les Etats-Unis comme l'Europe qui craignent de retomber dans les travers irakien ou Afghan. Et qui de toute façon devrait avoir l'aval des autres pays arabes.


Frédéric Dubessy


Lundi 7 Mars 2011



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