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Euler Hermes place une épée de Damoclès sur le risque pays de la Turquie

La crise mondiale impacte les économies émergentes. L'assureur crédit Euler Hermes dégrade les notes risque de seize pays, dont la Jordanie, et surveille de près la Turquie.


L'avenir économique de la Turquie semble s'assombrir (photo : Office du tourisme de Turquie)
L'avenir économique de la Turquie semble s'assombrir (photo : Office du tourisme de Turquie)
FRANCE. Selon Euler Hermes (filiale d’AGF), la crise mondiale impacte le risque pays des économies émergentes. « Elles souffrent du tarissement des sources de financement externes, de la récession des grandes puissances économiques et de la chute des prix des matières premières. Les problèmes de liquidité des banques, la volatilité des taux de change et le rapatriement des capitaux étrangers exacerbent leurs difficultés. La fragilité de ces économies, atténuée en période de croissance, réapparaît. Certains pays, hier tout à fait sûrs, présentent aujourd’hui des risques pour les entreprises qui commercent avec eux » s'alarme le document publié par Euler Hermes le mardi 13 janvier 2009.

Le numéro un mondial de l’assurance crédit (6000 salariés et un CA de 2,1 Mds €) prévoit une croissance mondiale inférieure à 1% pour l’année en cours et traduit ces inquiétudes par des dégradations de notes risque pour seize pays. Dont la Jordanie qui passe de B à C (AA étant la note la plus favorable et D la moins favorable).

La Turquie sous haute surveillance

La Turquie, qui avait connu une croissance de son PNB de 7,5% (moyenne annuel) entre 2003 et 2006 puis encore de 4,5% en 2007 devrait, selon Euler Hermes, régresser à 2,3% en 2008 et à 1% seulement en 2009. Son taux d’inflation devrait atteindre les 10,1% en 2008 et rester d’un niveau comparable (10%) cette année.

« L’importance du déficit budgétaire turc et la dépendance aux transferts de capitaux à court terme sont des facteurs-clés de vulnérabilité. La lire turque a vu sa valeur diminuer sensiblement. Les réserves de change se sont elles aussi réduites et couvrent aujourd’hui 3,5 mois d’importations et 60% de la dette extérieure due en 2009 » notent les experts de l’assureur crédit.

Pour autant, ils maintiennent la note C mais surveillent de près l’évolution du pays, notamment les discussions en cours autour du programme économique soutenu par le FMI.


Le LIban dernier de la classe

« La crise économique actuelle frappe tous les pays sans exception, mais si certains sont mieux armés pour y faire face, un grand nombre voient leur situation se dégrader rapidement. Il est indispensable pour leurs partenaires et les exportateurs de surveiller de près ces pays, les réformes qui y seront menées et leur évolution » assure David Atkinson, spécialiste du risque pays chez Euler Hermes.

Parmi les pays les plus vulnérables, Euler Hermes cite la Serbie, la Bosnie Herzégovine et le Liban, tous notés D.

A l’inverse, certaines nations méditerranéennes se trouvent mieux armées pour affronter la crise et conservent un bon risque pays comme la Slovénie (A), Israël (BB), Koweït (BB), Qatar (BB), Arabie Saoudite (BB) et Tunisie (BB). « Elles disposent de ressources et de structures qui leur offrent une relative protection contre la crise mondiale » précise le document.


Frédéric Dubessy


Mardi 13 Janvier 2009



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