Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Ennahda entend mener une politique libérale en Tunisie


Les premières élections de la Tunisie postrévolutionnaire ont vu le sacre du parti islamiste Ennahda. Ses responsables tentent de rassurer leurs compatriotes, mais aussi les investisseurs étrangers en affirmant vouloir poursuivre la politique libérale de la Tunisie et respecter les libertés individuelles. Le programme économique comporte la convertibilité du dinar.



Hamadi Djebali devrait être le nouveau chef de gouvernement (photo Ennahda)
Hamadi Djebali devrait être le nouveau chef de gouvernement (photo Ennahda)
TUNISIE. L'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a enfin proclamé les résultats définitifs des élections tunisiennes du dimanche 23 octobre 2011. Les premiers résultats partiels se confirment : le parti Ennahda (Renaissance) devient la première formation politique de la Tunisie postrévolutionnaire.

Avec 41,70% des voix, le parti islamiste emporte en effet 90 des 217 sièges de l'assemblée constituante. Loin derrière, le Congrès pour la république obtient 30 sièges et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol) 21 sièges. Suivent, Al Aridha populaire pour la liberté, la justice et le développement (19 sièges), le Parti démocrate progressiste (17), le Pôle démocratique moderniste (5), le Parti l'Initiative (5), Afek Tounes (4) et Badil Thawri (3).

Ennahda arrive également en tête chez les Tunisiens de l'étranger. Il obtient quatre des dix sièges des deux circonscriptions françaises (Paris et Marseille), deux des trois sièges en Italie, le siège de l'Allemagne, quatre sièges sur neuf disponibles dans la circonscription couvrant le continent américain et les autres pays d'Europe (Montréal), et quatre sièges sur neuf dans celle du Monde arabe et autres pays du monde (Abou Dhabi).

Ces résultats parviennent alors que la Tunisie connaît de nouvelles émeutes à Sidi Bouzid d'où était partie la révolution en décembre 2010. Les manifestants, qui s'en sont pris notamment à la permanence d'Ennahda et au tribunal, protestaient contre l'invalidation par l'ISIE des listes portées par le milliardaire londonien Hechmi Haamdi (Al-Aridah) dans six circonscriptions : Sidi Bouzid, Tataouine, Sfax, Kassrine, Jendoub et France 2 (Marseille). L'Instance supérieure justifie sa décision par des "irrégularités de financement". Un couvre-feu a été instauré à Sidi Bouzid à partir du vendredi 28 octobre 2011 entre 19h et 5h.

Les libertés individuelles seront maintenues

L'ISIE a mis quatre jours avant de livrer les résultats (logo ISIE)
L'ISIE a mis quatre jours avant de livrer les résultats (logo ISIE)
Après cette élection, la prochaine étape pour l'assemblée constituante sera la formation du nouveau gouvernement puis l'écriture d'une nouvelle constitution avant que ne se tiennent, d'ici un an, de nouvelles élections législatives et présidentielles.

Un gouvernement de coalition devrait voir le jour d'ici une dizaine de jours autour d'Ennahda dont les responsables ont déjà fait part de leur volonté de discuter avec les autres partis arrivés en tête, à l'exception du parti d'Hechmi Hamdi soupçonné d'abriter les anciens du Rassemblement constitutionnel démocratique, le fameux RCD de l'ancien président Ben Ali. Rached Ghannouchi, chef du parti désormais au pouvoir entend "construire un régime démocratique."

Le parti islamiste tente pour l'instant de rassurer ses adversaires d'hier et multiplie les déclarations sur sa modération affirmant, comme Hamadi Jebali (62 ans dont 16 dans les geôles de Ben Ali), numéro deux d'Ennahda, appelé à prendre la tête du futur gouvernement, qu'il n'imposera pas "une constitution qui abroge certaines libertés comme la liberté de croyance, les libertés individuelles, la situation juridique de la femme et sa place dans la société." Quarante-deux des quarante-neuf femmes élues à l'Assemblée constituante sont membres du parti Ennahda.

Vers un dinar convertible

Le programme économique de la future Tunisie sera libéral a affirmé Rachid Ghannouchi vendredi 28 octobre 2011. Les prochains chantiers concerneront le développement régional, l'emploi, la croissance, mais aussi le dossier sécuritaire et celui de la justice.

Le programme économique s'appuiera sur une politique de libéralisation et encouragera les introductions en Bourse. Ennahda entend rendre le dinar tunisien convertible pour favoriser les investissements étrangers. Lors d'une rencontre à la Bourse de Tunis avec les professionnels tunisiens, les représentants d'Ennahda ont notamment insisté sur leur souhait "basé sur le développement et la promotion de l'initiative individuelle."  Rachid Ghannouchi a également précisé qu'il "renforcera son soutien à l'économie de marché."

D'autre part, le tourisme est réaffirmé comme secteur stratégique de l'économie nationale.

"Nous nous engageons à faire émerger un climat qui soit loin de toute corruption et qui permette de protéger les intérêts des investisseurs" souligne le chef d'Ennahda.




Vendredi 28 Octobre 2011



Lu 2162 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Commentaires

1.Posté par Simonnot le 04/11/2011 11:42
Bravo pour la convertibilité du dinar. C'est une mesure que j'avais proposée à l'Ancien Régime, qui ne pouvait l'accepter à cause des privilèges qu'il aurait fallu remettre en cause. Bravo Ghannouchi !
Ph S

Pour signaler un abus, écrire à redaction@econostrum.info

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.















RÉflexions

Réflexion

Pendant ce temps, la guerre du pétrole ne faiblit pas...


avis d'expert

Par Guillaume Almeras, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA















Suivez econostrum.info en direct sur Facebook








  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
Anima       BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA        EDF
 
AeroportMP            Femise