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Emeutes en Grèce: le mécontentement général signe d’un malaise économique ?


Manifestations, occupation d’universités, cocktails Molotov, émeutes, incendies, destructions de commerces et de véhicules, affrontements avec les forces de l’ordre… Depuis samedi 7 décembre, la Grèce fait face à une poussée de violence inouïe causée par la mort d’un jeune homme de 16 ans qui a succombé aux balles d’un policier. Cette flambée de violence est-elle la traduction d’un mécontentement général ?



Les villes universitaires sont les principales touchées par la flambée de violence (D.R.)
Les villes universitaires sont les principales touchées par la flambée de violence (D.R.)
GRECE. Pourquoi la Grèce s’embrase-t-elle ? Depuis la fin de la dictature des colonels en 1974, la Grèce n’avait connu de tel accès de violence. Depuis le décès samedi soir du jeune Alexandre Grigoropoulos, tombé sous les balles de deux policiers qui patrouillaient dans le quartier d’Exarchia à Athènes, les foyers de violence se multiplient de jour en jour en Grèce.

Le centre d’Athènes tout d’abord a été le théâtre d’émeutes sans précédents entre des jeunes manifestants, des lycéens et étudiants, et les forces de l’ordre. Le principal centre commercial d’Athènes est parti en fumée et quelque 350 personnes risquent de connaître le chômage dans les jours qui viennent. Les dégâts se chiffrent déjà en millions d’euros.

Après une légère accalmie dimanche soir, de nouveaux incidents ont éclaté lundi 8 décembre à Salonique, Trikala et Rhodes. Les vitrines des commerces et des véhicules ont volé en éclats sous les jets de pierres des manifestants, les "cocoulofori", ces jeunes encagoulés comme on les appelle en Grèce. Ce sont principalement les villes universitaires qui se sont embrasées, les facultés de droit et de sciences éco étant prises d’assaut par les manifestants.

Les

Les prochaines heures seront décisives, une grève générale, la 6ème en deux mois, étant annoncée pour le 10 décembre. Les contrôleurs aériens ont décidé de s’associer au mouvement risquant de paralyser le trafic aérien du pays.

«La situation est hors contrôle. A présent, nous craignons le pire, c’est-à-dire une confrontation armée entre les jeunes et les forces de police. Le quartier d’Exarchia à Athènes est une plaque tournante pour la drogue, et la police n’ose même plus intervenir. Il ne s’agit pas d’une jeunesse désoeuvréee. Bien au contraire, les manifestants sont des jeunes de bonne famille qui vivent dans des quartiers chics. Le père du jeune qui est décédé samedi est banquier et sa mère tient une bijouterie dans le centre d’Athènes», explique Athanase Papandropoulos, journaliste économique et politique pour les revues Estia et Naftemporiki.

Crise dans l'enseignement supérieur

Selon lui, le malaise remonte à la crise qu’a connu l’enseignement supérieur en Grèce il y a un an et demi, lors de la reconnaissance des diplômes des écoles privées et des diplômes délivrés par les écoles étrangères. La menace de privatisation des écoles était alors lancée.

«Ces rumeurs sur la privatisation a occasionné beaucoup de remous au sein de la communauté universitaire. Ce qui est arrivé samedi, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase», ajoute Athanase Papandropoulos.

Cette réaction, d’une rare violence, ne traduit-t-elle pas le malaise de la population grecque ?
Baisse du pouvoir d’achat, refus des crédits à la consommation… Les Grecs subissent-ils les dommages collatéraux de la crise financière internationale ?

L’Ambassade de France à Athènes ne voit «pas de lien direct » entre la situation économique du pays et les émeutes de ces dernières heures. Néanmoins, selon Jean-Marie Vignaud, adjoint au chef de la Mission économique à l’Ambassade de France en Grèce, «le mécontentement couvait depuis quelques temps. Depuis la période des colonels, les Grecs ont un attachement viscéral pour les manifestations ».

Restrictions sur les crédits, baisse de la consommation

Jusqu’en 2007, la Grèce a connu un taux de croissance de 4% par an en moyenne. En 2008, ce taux a perdu un point en raison du resserrement des crédits à la consommation et surtout de la crise financière internationale.

«Les premiers effets de la crise, ressentis en 2008, ont été confirmés au mois de juin avec des restrictions sur les crédits aux entreprises et aux particuliers. Cela s’est traduit par une baisse de la consommation, un recul des achats de véhicules automobiles et une baisse du chiffre d’affaires des magasins. Les banques deviennent de plus en plus regardantes pour octroyer des crédits, et la consommation était un des axes qui soutenait la hausse du PIB », souligne encore Jean-Marie Vignaud. PIB composé à 75% du secteur tertiaire, essentiellement la Marine marchande et le tourisme.

Cette croissance au ralenti a également un impact sur le chômage qui reste soutenu avec un taux de 8,3% en 2008 et 9% prévu pour 2009. «La Grèce a besoin de 53 Mds€ pour satisfaire ses dépenses budgétaires, elle va avoir du mal à les trouver sur le marché bancaire international. Aujourd’hui la dette publique représente 100% du PNB», conclut Athanase Papandropoulos.


Nathalie Bureau du Colombier


Lundi 8 Décembre 2008



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