Emeutes en Grèce: 1,250 Md€ de dégâts à AthènesAu quatrième jour de d’émeutes en Grèce, le bilan est déjà très lourd. Pour la seule ville d’Athènes, le saccage des commerces et bureaux du centre se chiffre à plus d’1 Md€ de pertes et 880 personnes au chômage technique. Après trois jours de tensions très violentes dans 15 villes du pays, une légère accalmie se dessinait mercredi sur fond de grève générale.
Les 30.000 manifestants se sont dispersés dans le calme vers 14h (D.R)
GRECE. 220 commerces incendiés et pillés, deux centres commerciaux saccagés, 12 banques et 90 bureaux détruits.
Les chiffres diffusés mercredi par la Chambre de commerce d’Athènes parlent d’eux-mêmes. Les dégâts occasionnés par les jeunes encagoulés révoltés contre le décès, accidentel selon le premier rapport d’expertise, d’Alexandre Grigoropoulos, tombé samedi soir sous les balles d’un policier, se chiffrent en milliard. 1,250 Md€ exactement pour la capitale, auquel il faut ajouter les pertes d’une quinzaine d’autres villes parmi lesquelles Salonique et Patras. Le bilan devrait encore s’alourdir dans les prochains jours, les déclarations des commerçants, victimes des émeutes depuis samedi, se faisant progressivement. C'est un véritable désastre pour l’économie du centre ville qui compte 880 chômeurs de plus, conséquence directe de ces destructions en série. Le gouvernement grec a été contraint de revoir ses prévisions de croissance pour 2009 à la baisse. De 2,2%, le taux de croissance du pays ne sera finalement que de 0,2% l’année prochaine, voire négatif, selon les experts économiques. 30.000 manifestants dans la capitale
L’appel du Premier ministre grec, Costas Caramanlis, qui demandait aux organisations syndicales le report de la grève nationale du 10 décembre, n’a donc pas été entendu.
La Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE) et l’Union des fonctionnaires (ADEDY) ont mobilisé leurs adhérents en fin de matinée place de la Constitution, dans le centre d’Athènes. Toujours dans la capitale, à 200 m de là, l’Union des syndicats communistes (PAME) manifestait de son côté contre la politique économique et sociale du gouvernement. Quelque 30.000 personnes selon les syndicats, essentiellement des employés de la fonction publique, se sont rassemblées sans incident majeur. "Quelques échauffourées ont eu lieu avec la police, mais les manifestants se sont dispersés dans le calme vers 14 heures" (heure locale), note Athanase Papandropoulos, journaliste, spécialiste des questions économiques et politiques. L’embrasement de violence tant redouté n’a finalement pas eu lieu, même si la jeunesse grecque continuait mercredi à secouer le pays. Le mouvement, attisé mardi par les obsèques du jeune homme, montrait ce mercredi quelques signes d’essoufflement. Patras: des citoyens venus contrer les casseurs
Mardi soir, alors que la ville de Patras était une nouvelle fois le théâtre d’actes de violence et de vandalisme, un rassemblement spontané de 4.000 citoyens est venu contrer le mouvement des lycéens et étudiants.
Athanase Papandropoulos revient sur ce fait marquant: "La population a attaqué les casseurs et, au bout d’une heure, l’incident était clos. La police s’est trouvé dans l’incapacité d’intervenir, leur bâtiment ayant été bombardé de cocktails Molotov". Le Premier ministre a annoncé des peines exemplaires pour les coupables. Près d’une centaine de personnes ont été arrêtées. Les principaux chefs d’accusation sont: destructions, vols, explosions, violation de la loi sur les explosifs, tentative de préjudice corporel grave délibéré et trouble de l’ordre public. Les rumeurs d’état d’urgence et de la loi martiale, diffusées mercredi sur des sites Internet, ont été aussitôt démenties. Lire aussi: -La Grèce plonge dans la grève générale et la confusion, mardi 9 décembre 2008 -Emeutes en Grèce: le mécontentement général signe d’un malaise économique ?, lundi 8 décembre 2008 Nathalie Bureau du Colombier
Mercredi 10 Décembre 2008
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