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Élections législatives en Croatie : la campagne fait l'impasse sur les questions économiques


Les Croates sont appelés aux urnes ce dimanche 8 novembre pour élire leur nouveau Parlement. Alors que l'opposition conservatrice de droite (HDZ) est donnée légèrement favorite dans les sondages face au gouvernement social-démocrate sortant (SDP), les citoyens votent aux élections législatives dans un contexte économique morose.



L'opposition conservatrice de droite (HDZ) en meeting le 30 novembre (L. Moréni)
L'opposition conservatrice de droite (HDZ) en meeting le 30 novembre (L. Moréni)
CROATIE. « Tout ce que j’espère, c’est de ne pas avoir besoin de quitter la Croatie pour trouver un travail. Vous savez, 100 000 jeunes sont déjà partis, tous ont fait des études, mais il n’y a pas d’emplois ici .». Dans le quartier général du HDZ, le principal parti d’opposition croate, Emiljia écoute avec ses amis les candidats en lice pour les élections législatives. A vingt-sept ans, cette jeune femme brune, qui se montre préoccupée pour son avenir, doit encore terminer ses études et voit en la droite conservatrice la seule issue possible.

Avec un taux de chômage de 16%, dont 45 % chez les moins de vingt-cinq ans et une dette publique de près de 90% du PIB, la Croatie ne parvient plus à retenir ses jeunes et c’est dans un contexte morose que 4 millions de ses citoyens se rendent aux urnes dimanche 8 novembre 2015 pour élire leur nouveau Parlement.

« Ce n’est pas la faute à la crise, ni au gouvernement, mais à l’expansion incontrôlée du crédit à la consommation »

Le parti "Most" lors de la campagne des législatives 2015 (L. Moréni)
Le parti "Most" lors de la campagne des législatives 2015 (L. Moréni)
« La Croatie se trouve en déficit, donc tôt ou tard, nous allons être rattrapés par la dette », indique le professeur Neven Vidaković de l’université de droit et de finances « Effectus » de Zagreb. Si le pays, en récession depuis 2009, affiche aujourd’hui un léger retour à la croissance, l’économiste de trente-cinq ans dénonce une longue période d’inefficacité avec une politique fiscale et monétaire malsaine. « Ce n’est pas la faute à la crise, ni au gouvernement, mais à l’expansion incontrôlée du crédit à la consommation », poursuit-il. « Pendant huit ans, nous avons autorisé des crédits inutiles et lorsqu’ils ont été bloqués en 2008, l’Etat en a subi directement les conséquences puisqu’il a perçu automatiquement moins de TVA », ajoute-t-il.

A la veille des élections législatives, l’analyste dresse le portrait d’une économie désastreuse sans voir de vraies solutions proposées par les futurs candidats : «Tous les programmes sont basés sur l’économie réelle et la politique fiscale, mais ils semblent difficilement applicables car nous n’avons pas le soutien des banques. » Avant d’ajouter : « Ni l’ancien président social-démocrate Ivo Josipović, ni la présidente actuelle Kolinda Grabar-Kitarović n’ont de véritable conseiller économique, cela en dit long sur leur intérêt à ce sujet. »

L'économie au second plan

La campagne électorale a fait l’impasse sur les questions économiques et sociales, comme le souligne également le professeur de sciences politiques à l’université de Zagreb, Dejan Jović. « Ils n’ont pas l’impression que c’est important. Le débat reste davantage tourné vers le passé que vers l’avenir », affirme le politologue. Bien que la communication des deux partis se concentre sur des thématiques de l’identité et de l’idéologie, le parti social-démocrate du Premier ministre sortant, Zoran Milanović, a tout de même misé sur le slogan : « La croissance en Croatie ». Malgré la conjoncture actuelle, le gouvernement est parvenu à mettre fin à six années de récession et plusieurs analystes saluent cette réussite ainsi que ses réformes sur la fiscalité.

Du côté de la droite, le parti HDZ et son leader Tomislav Karamarko ne manquent pas une occasion de disqualifier le gouvernement actuel. Le parti de l’opposition, donné légèrement favori dans les sondages (32-35% contre 30-32% pour les sociaux-démocrates), promet d’ici 2019 une hausse de 5 % du PIB, une baisse de 5 % du taux de chômage, 5 % du PIB destinés à la nourriture pour enfants, une hausse d’au moins 5 % des retraites et diverses allocations familiales, réduire à cinq jours seulement le délai d’obtention d’un permis de construire, tout comme la création de 100 000 emplois, l'ensemble est présenté sous la formule des « 5+ ». Un programme que de nombreux spécialistes jugent irréaliste mais qui pour le moment semble davantage séduire les électeurs.


Laetitia Moréni, à ZAGREB


Vendredi 6 Novembre 2015



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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