Ekkyo : la cicatrisation assistée au laserEkkyo, jeune start up aixoise, a mis au point une technique qui atténue les cicatrices disgracieuses en pratique chirurgicale esthétique. Aujourd’hui, l’entreprise entrevoit de nouvelles applications dans le domaine médical et mise sur son développement à l’international.
Alain Cornil, dirigeant et cofondateur d’Ekkyo (photo Ekkyo)
VOIR LA VIDEO FRANCE. On connaissait déjà le laser pour soigner la myopie. Outre ses vertus thérapeutiques, cet outil présente également des vertus esthétiques en aidant à la cicatrisation des plaies chirurgicales. Une technologie mise au point par la société Ekkyo. Le principe ? « Une fois la suture réalisée, le chirurgien chauffe la peau avec le laser de part et d’autre de l’incision. Le laser modifie et donc améliore le processus de cicatrisation, ce qui réduit le risque de cicatrices hypertrophiques », explique Alain Cornil, dirigeant et cofondateur d’Ekkyo, société qui tire son nom du laser Ekkylite. L’équipe, composée d’un chercheur à l’Inserm et de deux spécialistes des process, a rejoint l’incubateur marseillais Impulse fin 2005. Lauréat 2006 du ministère de la Recherche, l’équipe décrochait 310 000 €, un véritable tremplin à la création de leur entreprise. Levées de fonds pour accélérer le développement
Le laser conçu par Ekkyo permet d'atténuer les cicatrices disgracieuses (photo Ekkyo)
En juin 2006, Ekkyo recrutait son premier employé et démarrait, dès janvier 2007, le développement de la machine. Le premier prototype fut conçu fin 2007. Pour accélérer son développement, Ekkyo a procédé à des levées de fonds auprès d’investisseurs, Provence Business Angels, BA et SHAM, et obtenait d’Oseo une avance remboursable.
Les certifications Iso 9001, Iso 13485 et le marquage CE en poche, Ekkyo a démarré au début de l’année 2009 la commercialisation de ce laser miniature. Des appareils assemblés et contrôlés au siège même de l’entreprise, situé sur la zone industrielle de la Durane, non loin d’Aix-en-Provence. A ce jour, 12 appareils sont en service dans des cliniques privées de l’hexagone. Les machines, qui coûtent 15 000 €, sont soient vendues, soient proposées à la location avec option d’achat. Les praticiens proposent à leurs patients de recourir à cette technique de cicatrisation « cosmétique » (sur toutes les parties du corps à l’exception du visage) moyennant un supplément de 200 € à l’intervention. Une ambition qui dépasse les frontières françaises
« Nous avons recruté un commercial qui parcourt les routes de France à la rencontre des chirurgiens plasticiens et nous sommes en train de monter un réseau de distributeurs européens », détaille Alain Cornil.
L’ambition d’Ekkyo va bien au delà des frontières européennes, les dirigeants visent également les Etats-Unis, l’Amérique Latine, le Moyen-Orient, le Maghreb et l’Asie. Pour conquérir ces marchés, une nouvelle levée de fonds est en cours. Cette toute jeune entreprise d’une vingtaine de salariés mise sur de nouveaux débouchés : « Nous avons acquis un savoir faire dans la miniaturisation qui nous permet d’envisager d’autres applications dans le domaine médical », explique Alain Cornil. Ce dernier songe à l’obstétrique (césariennes), à la chirurgie cardiaque ou à des interventions sur la thyroïde. Le chiffre d’affaires d’Ekkyo, qui atteindra 200 000 € en 2009, devrait faire un bond en 2010 pour se situer entre 1 et 2 M€. Nathalie Bureau du Colombier
Lundi 28 Décembre 2009
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