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ENR : la réalité des projets dépasse la prospective


Le 17 juin 2011 à Marseille le Plan Bleu pour la Méditerranée a entendu une communication d’El Habib El Andaloussi à propos d’un « Scénario de rupture » en matière d’énergie pour 2030. Selon ses conclusions, la réalité de terrain a dépassé la prospective en matière d’efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables ira au-delà des espérances levées par la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable.


Le mix énergétique en 2030 comporterait une proportion importante d'ENR (crédit Plan Bleu)
Le mix énergétique en 2030 comporterait une proportion importante d'ENR (crédit Plan Bleu)
MEDITERRANEE. « Tous les pays méditerranéens semblent être engagés dans un scénario de rupture où les énergies renouvelables et les politiques d’efficacité énergétique (seront) porteurs de sens ». L’optimisme est de mise pour El Habib El Andaloussi.

Le chargé de projet du Plan Bleu pour la Méditerranée affine depuis des mois les scénarios de prospective de production et de consommation énergétique circumméditerranéenne. Or, « à l’horizon 2030, nous pourrions voir le mix énergétique comprendre environ 30% d’énergies renouvelables, pendant que les gains d’efficacité énergétique seraient aussi de l’ordre de 30%, tout comme la baisse des émissions de CO² ».
 
Ce scénario 30/30/30 va au-delà de celui qu’avait imaginé la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable pour les Pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM). Leur étude mise en chantier en 2005 misait sur un scénario 20/20/20.

« La différence s’explique par le fait que les pays du Sud ont été plus volontaristes que prévu alors, en matière d’ENR, et parce que certaines techniques industrielles étaient alors soit inconnues soit balbutiantes »,
explique El Habib El Andaloussi.
 
Les centrales solaires à concentration dont l’Espagne a produit deux beaux projets en 2010, tout en poursuivant un programme éolien (l’Espagne dépasse les espérances de prospective de 20 000MW installés) le nouveau programme algérien d’énergies renouvelables, le Plan Solaire Méditerranéen ou encore le projet allemand Desertec qui implique les pays sahariens, n’étaient pas imaginables en 2005.

En 2011, ils sont soit une réalité tangible, soit sont dans les tuyaux administratifs et budgétaires. La réalité de terrain a écrasé les cartons à projets !

Une économie équivalente à la consommation de toute l'Afrique du Nord

Centrale à concentration solaire en Espagne. L'innovation technologique n'était pas prévue par la Stratégie Méditerranéenne de Développement en 2005 (photo DR)
Centrale à concentration solaire en Espagne. L'innovation technologique n'était pas prévue par la Stratégie Méditerranéenne de Développement en 2005 (photo DR)
Du coup le « Scénario de rupture » brossé par le Plan Bleu en novembre 2010 a quitté le rayon des « utopies » pour celui de la « faisabilité ».

Celui-ci, misant sur le non investissement dans des unités industrielles traditionnelles pétrole, gaz ou charbon, préconisait de porter ces investissements dans l’efficacité énergétique et dans les projets d’ENR, dont il prévoyait qu’ils seraient en 2030 à hauteur de 23% dans le mix énergétique. En fait, hydroélectricité comprise, la part des ENR pourrait être finalement de 44% au moins sur la rive sud méditerranéenne.
 
« En 2030 la demande d’énergie des Pays du Sud et de l’Est Méditerranéen (PSEM) devrait être réduite de près de 25%, dans le scénario de rupture » précise M. El Andaloussi, « ce serait une économie de près de 150 millions de tonnes d’équivalent pétrole, autant que la consommation actuelle totale de l’Afrique du Nord, depuis le Maroc jusqu’à l’Egypte ».
 
Il  faut souligner que la contribution du seul secteur du bâtiment à cette baisse de consommation serait selon le scénario du Plan Bleu, de 42 Mtep, soit 29% de moins qu’avec le scénario tendanciel qu’avait également travaillé le Plan Bleu. Les économies d’électricité devraient, dans le bâtiment, avoisiner 158 TWh en 2030, en cas de généralisation des bâtiments dits « durables ».
 
Dans le cas où ce « Scénario de rupture » collerait à la réalité de 2030, une bonne nouvelle serait à attendre pour la planète. Les émissions de CO2 dans les PSEM diminueraient en effet d’un petit tiers (31%) par rapport au scénario de référence, qui ne mise, toujours pour 2030, que sur une part des ENR de 10% dans le mix énergétique.
 
Le scénario brossé par M. El Andaloussi pourrait trouver une traduction dans le projet européen « Paving the Way », du Plan Solaire Méditerranéen porté par l’Union Pour la Méditerranée ; il s’agit en effet d’une des six priorités de l'UpM.

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Michel Neumuller


Lundi 18 Juillet 2011



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