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EDF met en difficultés son ancien partenaire Areva à Tricastin


Avis de tempête sur l'industrie nucléaire en Drôme (photo MN)
Avis de tempête sur l'industrie nucléaire en Drôme (photo MN)
FRANCE. L’usine Eurodif, gérée par Areva au Tricastin (Drôme, Midi de la France) pourrait cesser sa production avant l’heure. L’usine enrichit de l’uranium traditionnellement à l’usage des centrales nucléaires de production électrique gérées elles par EDF.

L’arrivée du nouveau PDG de l’énergéticien français, Henri Proglio, coïncide en effet avec l’annonce, faite par le directeur de l’usine du Tricastin lui-même, Frédéric d’Agostini, le 14 décembre 2009. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme en révélant qu’EDF pourrait s’alimenter en combustible auprès de l’usine russe de Seversk.

L’usine devait fermer ses portes en 2012, afin de laisser place à son successeur, Georges Besse II, construit à proximité. Or, EDF pourrait ne pas renouveler ses commandes justement pour la période 2010-12, et recherche des fournisseurs ailleurs en Europe.

Reclaissement de 500 salariés

Selon Frédéric d’Agostini, il pourrait s’en suivre le reclassement des 500 employés de son usine. Celle-ci pourrait ainsi fermer ses portes dès 2010, deux ans avant le terme prévu. Au-delà, ce sont les communes proches, telle St-Paul-Trois-Chateaux ou Pierrelate, dont les élus s’émeuvent. En effet, l’essentiel de l’eau chaude utilisée par ces communes provient des eaux de refroidissement d’Eurodif, qui au sortir de l’usine, sont devenues des eaux chaudes. Il en est ainsi des cultures sous serre des agriculteurs locaux dans la riche vallée du Rhône, des 200 logements communaux de la Ville de Pierrelatte, chauffée avec cette eau, ou d’une «ferme aux crocodiles» qui a donné à cette région industrielle un nouvel attrait touristique.

Hyatus entre 2010 et 2012

Quand au manque à gagner pour Areva il serait approximativement de 550 M€, et vaudrait une transition difficile pour l’usine Eurodif. La société pourrait toutefois se rattraper à partir de 2012 et de l’ouverture de Georges Besse II, en raison de process moins coûteux, et d’un contrat d’approvisionnement d’ores et déjà signé entre les deux sociétés.


Michel Neumuller


Jeudi 17 Décembre 2009



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