EDF consacre 20 M€ par an au bon état de sa production hydroélectrique en Provence

Au débouché du Largue, cette centrale hydraulique vient d'être dotée d'une centrale photovoltaïque. 32 sites tels que celui ci assurent sur deux cours d'eau provençaux une réponse souple et rapide aux pics de consommation électrique (photo EDF)
« Des millions de mètres cubes d’eau attendent à la porte du moulin, et si nécessaire nous ouvrons cette porte ». La parabole est du directeur d’exploitation Durance-Verdon d'EDF, Vincent Rivière, le bien nommé, qui régit la chaîne de production électrique majeure de Provence. L’affluent du Rhône et son propre affluent le Verdon, sont en effet ponctués de 32 centrales hydroélectriques mobilisables en dix minutes.
C’est l’un des ces maillons, la centrale du Largue, au débouché de ce cours d'eau sur la Durance, qui vient de faire l’objet de 400 k€ d’investissements destinés à lui donner une nouvelle dimension énergétique, avec 464 panneaux photovoltaïques. Censés générer 57 000 Watts crête, ils pourront théoriquement alimenter en électricité l’équivalent d’une population de 5 000 habitants. L’expérience doit être poursuivie sur trois autres centrales dans la même région.
EDF consacre quelques 20 M€ par an au bon état de cette « chaîne Durance-Verdon », afin qu’elle assure son rôle de réponse immédiate aux surchauffes de la consommation électrique. En Provence Alpes Cote d’Azur bien entendu, où les pics de consommation de 17 h en hiver et de 19 h en été alimentent une crainte chronique de la coupure majeure.
Dix minutes pour sauver la situation
La consommation électrique connaît de pics importants en été comme en hiver en Provence (photo MN)
Mais dans la France entière aussi, grâce au réseau de transport électrique et à un protocole bien rôdé. « Un responsable régional en France peut solliciter notre centre de gestion Durance-Verdon, à Sainte-Tulle près de Manosque, » explique Vincent Rivière. « Ste-Tulle s’adresse alors à un centre unique de décision pour le territoire français, le Centre d’Optimisation de la Production. En un instant, sur sa consigne, nous mobilisons assez d’eau pour produire 2000 MW, c'est-à-dire l’équivalent de production de deux tranches nucléaires ».
Avec une différence de taille en cas de risque de coupure généralisée : mobiliser l’énergie d’une centrale nucléaire cela prend une demi journée, mobiliser celle de Durance-Verdon, quelques minutes seulement.
A partir de 2011 la méga réserve d’eau de Serre Ponçon, dans les Alpes, inaugurée en 1959 à la suite de gigantesques travaux, fera l’objet d’un programme de rénovation sur quatre ans, destiné à garder le niveau d’efficacité des ses équipements.
« Nous consacrerons aussi 30 M€ à la réfection d’un canal d’amenée d’eau en Haute Provence que nous entamons en 2011, Curbans, dont la capacité productrice équivaut à la moitié de celle de Serre Ponçon » ajoute M. Rivière.
Le Verdon ne sera pas en reste puisqu’entre autres, EDF améliorera ses capacités de production en particulier à Gréoux-les-Bains et, très en amont du cours d’eau, à Chaudanne.
Ces travaux destinés à garder à la « chaîne Durance-Verdon » ses capacités répondent à un souci concret. Le 31 juillet 2009 encore, 1,2 million de foyers provençaux étaient privés d’électricité à la suite d’un délestage, il est vrai du à une capacité des lignes de transports trop faible dans cette région.
Communiqué_Centrale du Largue.zip
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