Dubaï et l'idée fixe de son obélisquePar Frédéric Dubessy
Citius, Altius, Fortius ! En cette année olympique, et malgré l'écrin neigeux qui s'apprête à accueillir dans un mois à Vancouver les jeux d'hiver, c'est dans la chaleur de Dubaï que transpire la célèbre devise du baron Pierre de Coubertin. N'y voyez pas un signe du réchauffement climatique allègrement critiqué.
La piste de ski créée de toutes pièces dans le désert n'a non plus aucun rapport avec cette analogie. Laissons la neige artificielle pour admirer le feu d'artifices qui a conclu l'inauguration, début janvier 2010, de la désormais plus haute tour du monde, le Burj Khalifa. Plus vite, le sommet de cette tour est atteint en moins de 2 minutes grâce à des ascenseurs filant à 40 kms/h. Plus haut, ses 828 mètres relèguent au rang de naine la tour Tapaï 101 à Taïwan et ses 508 petits mètres. Plus fort, cette inauguration intervient comme un véritable pied de nez adressé aux Cassandre qui prédisaient la faillite de Dubaï. Dubaï n'a plus de pétrole mais donc toujours l'idée fixe de la démesure. En inaugurant cette obélisque, symbole phallique par excellence, le petit émirat montre qu'il en a encore... sous le pied. Et qu'on l'a peut-être enterré trop vite. Une belle réussite marketing avec un bon timing ! Alors que l'on croyait les cheiks sans provision, victimes d'une indigestion de projets, le Burj Khalifa et son milliard d'euros d'investissements sonnent l'heure du réveil. Avec dans le rôle du bailleur (de fonds !), le cheik Khalifa ben Zayed ben Sultan Al Nahyan, émir d'Abu Dhabi, également président des Emirats Arabes Unis, dont la tour porte désormais le patronyme. Enfin une partie seulement... Dubaï est bien sorti de sa très courte sieste et, paradoxalement, grâce à cette tour tutoyant le ciel et offrant une vision à 100 kilomètres à la ronde, on ne pourra plus dire que l'Emirat d'or. Frédéric Dubessy
Lundi 11 Janvier 2010
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