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Du producteur au consommateur : encore plus court !


Manger sain, manger bio, consommer des produits frais et de qualité tout en réduisant au maximum l’empreinte écologique. De nouvelles habitudes d’achat voient le jour dans la filière fruits et légumes. La vente en circuit court se développe.Tendance lourde ou phénomène de mode?



Environ 7% des fruits et légumes vendus en supermarchés sont issus des productions locales. (Photo N.B.C)
Environ 7% des fruits et légumes vendus en supermarchés sont issus des productions locales. (Photo N.B.C)
Une nouvelle éthique a émergé ces dernières années chez les producteurs de fruits et légumes désireux de s’affranchir du circuit classique qui passe par les grossistes ou les centrales d’achats de la grande distribution. L’image des agriculteurs vendant à perte à la grande distribution et déversant leur production sur le bitume a marqué les esprits.

En parallèle, les consommateurs se sont mis en quête de fruits et légumes frais, sains, gouteux et de qualité. Agriculteurs et consommateurs ont souhaité ainsi développer le circuit direct qui jusque-là s’effectuait seulement sur les marchés. De nouveaux canaux de distribution ont vu le jour ces dernières années.

Précurseurs en la matière, les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) aspirent à « favoriser l'agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l'agro-industrie », selon Daniel Vuillon membre fondateur du concept en France. Le consommateur achète directement un panier de fruits et légumes au producteur. Un concept qui se développe dans l’ensemble des pays du bassin méditerranéen.

Au Maroc, dans les jardins maraîchers agro écologiques de Shoul ou Swani Tiqa (dans la région de Salé), paysans et consommateurs passent un contrat dans lequel les producteurs s’engagent à livrer un panier par semaine aux familles. Les producteurs fournissent un panier de leur récolte et de son côté, le consommateur s’engage à venir chercher son « panier » chaque semaine sur le lieu de distribution. Le transport et la logistique en sont réduits à leur plus simple expression.

Quand la banque s'intéresse aux circuits courts

Patricia Juthiaud, fondatrice de paysans.fr. (Photo paysans.fr)
Patricia Juthiaud, fondatrice de paysans.fr. (Photo paysans.fr)
La vente des fruits et légumes par les maraîchers et les Amap ne répond pas à une organisation industrielle. Impossible dans cette logique artisanale de réaliser des économies d’échelle. Les prix des fruits et légumes sont généralement plus élevés qu’en grande distribution en dépit de la suppression des intermédiaires commerciaux.

Dans une logique industrielle des agréeurs sont à pied d’œuvre pour vérifier la nature et la qualité des fruits et légumes commercialisés. Sur une vente en circuit court, directement chez le paysan, les fruits et légumes ne répondent pas à cette logique quasi mécanique mais sont tout aussi contrôlés.

Les tomates sont moins rondes, les carottes plus rugueuses… C’est ce qu’apprécient les CSP +, souvent « bobos » en quête de produits bios qui ne sont pas standardisés et qui ont été arrachés il y a quelques heures à peine. Au cours des dix prochaines années, les adeptes du bio sont en passe de devenir « locavores » en cherchant s’approvisionner auprès de producteurs près de chez eux.

La révolution Internet dans les années 2000 a également ouvert le champ des possibles aux paysans en quête de nouveaux débouchés commerciaux. Les sites internet de vente de fruits et légumes en ligne se sont mis à fleurir sur la toile.

A la différence de l’électroménager ou du textile, les fruits et légumes, au cycle de vie extrêmement court, se prêtent moins facilement à la vente à distance pour des raisons multiples : fragilité (en particulier pour les fraises et les framboises), saisonnalité des produits, climat… sans compter que le transport est un service onéreux au regard d’une filière dont les marges sont extrêmement serrées.

Retrait à la ferme ou sur un marché

Mickaël Le Nezet, responsable du marché de l’agriculture pour la Banque Populaire. (Photo Miller /BPCE)
Mickaël Le Nezet, responsable du marché de l’agriculture pour la Banque Populaire. (Photo Miller /BPCE)
Fondatrice de paysans.fr, Patricia Juthiaud, travaille essentiellement avec des producteurs du Lot et Garonne. « Au coût de revient, nous appliquons un coefficient qui comprend la sélection des produits, la préparation de commande et la livraison à domicile. Une commande supérieure à 80€ ne comprend pas de frais de livraison, en dessous nous facturons 15€. Sur les trois quart des sites de vente de fruits et légumes en ligne, les coûts réels n’apparaissent pas », explique Patricia Juthiaud.

Elle estime néanmoins que la livraison à domicile évite aux particuliers de prendre leur véhicule pour se déplacer pour aller au supermarché ce qui contribue à réduire, selon elle, les dépenses en CO².

Paysans.fr livre ses clients à domicile ou sur leur lieu de travail en Chronopost sur toute la France dans des colis auto réfrigérés avec de la glace à l’intérieur pour être conservée au froid entre 2° et 4° C. Les colis sont préparés la veille pour être livrés le lendemain. La société possède ses propres camions réfrigérés pour livrer le grand Sud-Ouest (avec une capacité de trente colis) et fait appel à une sous-traitant pour les livraisons sur Paris.

Nouveau venu dans l’univers numérique, le site  directetbon.com a été créé à l’initiative de la Banque Populaire désireuse d’accompagner ses clients agriculteurs dans leur développement.

« Nous constatons depuis six ans, deux formes d’agriculture, les exploitations de grande taille avec plus de 100 ha (82 %) et les exploitations de petite taille, diversifiées et commercialisant via des circuits courts (18 %) »,  explique Mickaël Le Nezet, responsable du marché de l’agriculture pour la Banque Populaire.

Le site Direct et Bon, créé en avril 2011, fédère les portails des agriculteurs libres de fixer eux même les règles du jeu. « Il existe plusieurs possibilités pour la livraison : le colissimo, le point relai, les marchés et le retrait à la ferme. Le portail offre un accès direct à 190 boutiques. Chaque producteur s'abonne pour 50 € par mois », détaille Mickaël Le Nezet qui ambitionne d’abriter 3 500 producteurs d’ici quatre à cinq ans.

Le circuit court mis en avant sur les linéaires

A Perpignan, les producteurs ont compris il y a plus de douze ans l’intérêt de se fédérer. Sous la marque les « Jardins de Perpignan  » les producteurs du Roussillon valorisent les ventes de fruits et légumes en circuit court auprès des particuliers (avec les paniers en ligne), des collectivités locales avec l’opération « Un fruit  à la récré », et de la grande distribution avec des animations dans les grandes surfaces.

Ces dernières valorisent de plus en plus dans les rayons les produits achetés localement.

Ils ne représentent que 7% des fruits et légumes commercialisés par une grande surface. L’approvisionnement local est assuré soit directement par le magasin soit via la centrale mais dans ce cas, les fruits et légumes après un séjour dans les chambres froides perdent indéniablement de leur craquant.

Depuis trente ans, Michel Jonnart, producteur de salades à Châteauneuf les Martigues, sur 7 ha, approvisionne en direct les hypermarchés Carrefour de la région Paca en feuilles de chêne et autres laitues. Le circuit court n’est donc pas nouveau mais à présent il se développe et est largement mis en avant sur les linéaires. Les grandes surfaces développent en parallèle les commerces de proximité et les ventes en ligne incluant bien entendu les fruits et légumes.

Afin de limiter au maximum la circulation des véhicules, l'internaute peut choisir son jour de livraison. Auchan.fr a ainsi développé les "créneaux malins" indiquant qu'une livraison est déjà prévue dans le quartier.

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Article réalisé en partenariat avec le Medfel .





Lundi 23 Avril 2012



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