Dockers et agents portuaires dénoncent les retombées néfastes de la réforme sur l’emploiDockers et agents portuaires CGT ont répondu massivement au mot d’ordre de la Fédération Nationale des ports et Docks CGT en observant un arrêt de travail de 24 heures, le 6 novembre 2009, dans l’ensemble des ports français. Ils dénoncent une réforme qui va se traduire, selon eux, par des plans sociaux dans les sociétés de manutention notamment.
Le sénateur Charles Revet (photo NBC)
FRANCE. Opérations ports morts le 6 novembre 2009, de Bastia au Havre en passant par Marseille, Bordeaux, Nantes et La Rochelle.
La Fédération Nationale des Ports et Docks a frappé un grand coup, déçue de sa rencontre, le 26 octobre 2009, avec Dominique Bussereau. Le secrétaire d’Etat aux Transports de son côté, table toujours sur un détachement des personnels et un transfert des outillages vers les opérateurs privés de manutention au premier trimestre 2010. « Il s’est dit satisfait de la réforme et a dressé un tableau très édulcoré. Dans les ports, la réalité est toute autre. Lorsque nous l’avons interrogé, sur les 30 000 emplois qui devaient être créés grâce à la réforme, Dominique Bussereau s’est réfugié derrière la crise en expliquant qu’elle avait ralentie pas mal de choses. Dans les projets stratégiques élaborés en France, il n’y a pas de projets nouveaux. Le seul vrai projet était celui du terminal méthanier de Bordeaux qui a été retoqué par l’autorité de tutelle », explique Daniel Manca, nouveau secrétaire général des dockers des bassins Est de Marseille.marseille depuis le 1er juillet 2009. Départs de cadres, d’administratifs, de dockers en vue
Daniel Manca (photo NBC)
S’exprimant sur la réforme des ports, lors d’un colloque fin octobre 2009, l’auteur de la loi du 4 juillet 2008, le sénateur Charles Revet, s’est félicité de la teneur du texte et de la rapidité avec laquelle il a été appliqué. « Mon seul regret ? Que les ports n’aient pas été assez ambitieux, surtout lorsqu’il s’agit de perspectives à 2010/2020. Hambourg et Anvers se sont fixés des objectifs très hauts en termes de trafics à 15 M Evp par an chacun », a-t-il déclaré.
Sur les quais, la réalité est tout autre, y compris chez les chefs d'entreprise, qu’ils soient armateurs ou transitaires : « Pour les professionnels, cette réforme est un chemin de croix », admettait récemment le président de l’Union maritime et Fluviale de Marseille-Fos, Hervé Balladur. Qu’ils soient dockers ou agents, à fortiori dans les bassins Est de Marseille, les professionnels ont la conviction que le détachement des agents vers les sociétés de manutention va s’accompagner d’un «plan de restructuration avec des départs de cadres, d’administratifs, de dockers », ajoute Daniel Manca. Et le docker en veut pour preuve le malaise financier de la société de manutention Intramar qui devrait perdre 8 M€ en 2009. Cette société de manutention, fragilisée par les mouvements sociaux depuis 2007, devrait absorber entre « 14 et 36 grutiers et 18 agents de maintenance du port de Marseille », selon le responsable syndical. De nouvelles actions dans les jours à venir
Robert Cret (photo NBC)
Cette journée de grève est un coup de semonce, la FNPD appelant à de nouvelles actions dans les jours à venir, à compter de la mi-novembre 2009.
« Nous allons mener un conflit de longue haleine car des garanties s’imposent en termes d’emplois et de projets d’assouplissements. La réforme a été faite pour Marseille et Le Havre et les petits ports vont en payer l’addition. Nous voulons que le gouvernement soutienne le secteur portuaire, garantisse les emplois», commente Robert Cret, secrétaire général des agents de Fos-sur-Mer. La FNPD exprime également ses inquiétudes quant à la nouvelle convention collective commune aux dockers et agents et à la considération de la pénibilité du travail. Pour Jean-Louis Le Yondre, président du syndicat des transitaires havrais : « Cette réforme s’attaque au bastion de la CGT dans les ports. On avait pour habitude d’assister à des accords secrets entre l’Etat et la CGT des dockers. Le vrai moment fort de cette réforme sera le transfert des portiqueurs chez Intramar ». Le bras de fer engagé entre le gouvernement et la CGT n'est donc pas prêt de s'arrêter. Lire aussi: Les grands ports maritimes français en grève le 6 novembre 2009 Et : Ravis du service à Fos-sur-Mer, les armateurs refusent de regagner les bassins Est Nathalie Bureau du Colombier
Vendredi 6 Novembre 2009
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