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Des surcapacités de pêche excessives pour pêcher des ressources surexploitées




La rareté croissante du poisson en relation avec des surcapacités de pêche croissantes elles aussi (photo MN)
La rareté croissante du poisson en relation avec des surcapacités de pêche croissantes elles aussi (photo MN)

MÉDITERRANÉE. Les rayons « poissonnerie » des hypermarchés mettent sous nos yeux un paradoxe. Il y a toujours autant de poissons proposés, et cependant en mer, ils sont de plus en plus rares.

« L’âge d’or de la pêche en Méditerranée est bel et bien derrière nous » résume Didier Sauzade, coordinateur du programme du Plan Bleu sur la durabilité des activités maritimes en Méditerranée, « la production annuelle stagne, mais la réserve, elle, diminue. En fait ce sont les avancées technologiques qui expliquent qu’on puisse malgré tout encore pêcher autant, pour un temps ».
 

Commandité par le Plan Bleu, le rapport de Serge Michel Garcia, un expert international spécialisé dans les pêcheries, développe cette thèse en cent pages : « Tendances à long terme des pêcheries de petits pelagiques et de poissons de fond en Méditerranée entre 1950 et 2008  » (Long-term trends in small pelagic and bottom fisheries in the Mediterranean : 1950-2008). Si les débarquements de poissons ont augmenté en Méditerranée jusque dans le milieu des années 1990, on a vu apparaître depuis des phénomènes d’affaiblissement inquiétants. A ce jour, cette sénescence concernerait 60% des stocks exploités de poissons.
 

« Le poisson est plus rare et plus petit, les pêcheries investissent donc plus pour en capturer la même quantité. Sans les subventions publiques, elles n’y arriveraient pas » souligne encore M. Sauzade, présentant l’étude de son collègue. Une étude de la Banque Mondiale a estimé les bénéfices actuellement perdus par les pêcheries mondiales à 50 mrds $ par an par rapport à une exploitation optimale de cette ressource renouvelable.  
 

Il suffirait pourtant de plans d’action de quelques années, assortis d’un soutien des pêcheurs côtiers impactés, pour que les réserves de poissons se reconstituent en Méditerranée et que l’activité redevienne pérenne.


Surexploitation mise en évidence

Serge Michel Garcia s'est basé sur les débarquements, une source plus fiable dans le temps et l'espace que les trop rares enquêtes nationales sur l'état des stocks de poissons (photo DR)
Serge Michel Garcia s'est basé sur les débarquements, une source plus fiable dans le temps et l'espace que les trop rares enquêtes nationales sur l'état des stocks de poissons (photo DR)
Serge Michel Garcia s'est basé sur les débarquements, une source plus fiable dans le temps et l'espace que les trop rares enquêtes nationales sur l'état des stocks de poissons (photo DR)
Serge Michel Garcia s'est basé sur les débarquements, une source plus fiable dans le temps et l'espace que les trop rares enquêtes nationales sur l'état des stocks de poissons (photo DR)

Mais aujourd’hui la surexploitation des stocks, particulièrement complexe à établir, est souvent contestée par les pêcheurs. L’exemple du thon, qui a alimenté le débat ces dernières années, a montré la force du lobbying en la matière.
 
Les études scientifiques sur les stocks de pêche sont onéreuses, rares, et leurs conclusions sont parfois contestées. Pour le Plan Bleu, M. Garcia lui, a d’abord pris en compte les débarquements, c’est à dire les quantités de poisson enregistrées à leur arrivée à quais par les administrations nationales. Celles-ci les déclarent aux institutions internationales chargées du suivi des pêches.
 

Ces données officielles sont mieux suivies dans le temps et dans l’espace depuis les années 1950. Avec elles, il devient possible de décrire les caractéristiques de l’exploitation d’un stock de poissons quand on connaît le type de pêche pratiquée.
 

Un fait est certain, la surexploitation est avérée. Ses effets aujourd’hui sont une augmentation du prix du poisson, demain ce sont les quantités vendues qui fatalement baisseront.

 

Toutefois, au sud et à l'est de la Méditerranée (Syrie et Turquie), certains stocks semblent encore matures. «Ce n'est que partie remise, car ces pays sont en train d'investir, mais il est encore temps de le faire à bon escient pour rendre ces pêcheries plus durables, et ne pas répéter les erreurs des pays du nord»  prévient Didier Sauzade.


Article réalisé en partenariat avec Plan Bleu
 





Vendredi 22 Avril 2011



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