« Des milliers d'entreprises privées algériennes verront leurs dettes rééchelonnées »Abderrahmane Benkhalfa, délégué général de l’Association des banques et établissements financiers en Algérie (ABEF), revient pour econostrum.info sur le plan de sauvetage d’envergure qui concerne des milliers d’entreprises privées algériennes en difficulté dont le rééchelonnement des dettes coûtera plus de 2 mrds € à l’État.
Abderrahmane Benkhalfa précise le plan de sauvetage des entreprises privées algériennes (photo F.Dubessy)
Econostrum.info : Quelle appréciation portez-vous sur les mesures annoncées lors de la dernière tripartite (29 et 30 septembre 2011), particulièrement celles concernant le rééchelonnement des dettes des entreprises privées?
Abderrahmane Benkhalfa : Une série de mesures à caractère économique a été prise lors de cette tripartite. Parmi ces mesures, il y a tout ce qui est rééchelonnement fiscal mais également le rééchelonnement des dettes de l’entreprise et la continuité dans la bonification des crédits d’investissements. Nous avons mis l’accent sur ce plan de sauvetage d’envergure des entreprises privées en difficulté. C’est la première fois qu’un aussi grand et aussi étendu programme est mis en place avec une série de mesures. Econostrum.info : Quelles sont ces mesures? Abderrahmane Benkhalfa : Il s’agit de trois mesures : un rééchelonnement de l’endettement, un effacement en grande partie des intérêts non recouvrés et un différé de deux ou trois années. Le coût de cette opération est extrêmement élevé. Le montant des dettes rééchelonnées tournera autour de 200 mrds de dinars algériens (2 mrd€) et sera supporté par le Trésor et les banques.
Econostrum.info : Quelle sera la durée de rééchelonnement de ces dettes?
Abderrahmane Benkhalfa : Si ces dettes devaient être rééchelonnées sur deux ou trois ans, elles seront rééchelonnées sur quatre, cinq et six ans et peut-être jusqu’à neuf ans. Ce rééchelonnement donnera aux entreprises un peu d’air et un peu d’aisance. Ce sont des milliards de dinars qui seront engagés au titre des intérêts annulés. Non seulement, il y a de l’étalement mais il y a aussi de l’annulation. Econostrum.info : Combien d’entreprises sont concernées par cette opération? Abderrahmane Benkhalfa :Nous n’avons pas encore déterminé le nombre exact d’entreprises. Mais il ne s’agit pas de dizaines, pas de centaines mais de quelques milliers d’entreprises qui vont bénéficier de ce programme, notamment dans les secteurs de l’industrie et du BTPH qui sont générateurs d’emplois. Nous avons décidé de nous rencontrer dans deux semaines. Les banques vont rencontrer le patronat pour relayer ensemble les décisions qui vont être prises et pour s’assurer que l’on n’oublie personne dans ce processus de rééchelonnement qui doit se terminer vers le mois d’avril prochain. Le processus a commencé, 100 entreprises ont déjà signé. Les banques ont fait leur recensement et certaines entreprises ont déposé leur dossier. Encore une fois, c’est un processus lourd qui a un impact financier extrêmement important à partager entre les banques et le Trésor. C’est un processus à obligation mutuelle. Les entreprises ont des obligations de performances, de diminution des coûts… Ce n’est pas un processus d’effacement banal. C’est la première fois que l’on fait cet exercice et il faut dire que nous sommes condamnés ensemble à le mener à terme d’ici avril prochain. Il aura un effet certain sur le tissu des Pme Pmi. Lire aussi: La tripartite algérienne à caractère social profite d’abord au patronat Propos recueillis par Amal Belkessam, à ALGER
Lundi 3 Octobre 2011
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