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Des grains de sable allongent le temps de la réunification à Chypre


Les négociations se poursuivent entre les parties grecques et turques de Chypre pour arriver à une réunification voulue par la population comme par les deux dirigeants de cette île divisée en deux depuis 1974. Mais elles sont lentes et perturbées par des incidents.



L'île est partagée en deux depuis 1974 (carte : wikipedia)
L'île est partagée en deux depuis 1974 (carte : wikipedia)
CHYPRE. Contre toute attente, alors que les espoirs de réunification de l'île de Chypre se trouvent au plus fort parmi la population, des pourparlers sur le sujet ont été brusquement interrompus jeudi 16 février 2017. En cause, une polémique scolaire qui a tendu les rapports entre la partie chypriote grecque, internationalement reconnue, et la partie chypriote turque, minoritaire uniquement reconnue par la Turquie.
 
Sur une proposition de l'extrême droite, le parlement chypriote grec a accepté que soit réintroduite dans les écoles la commémoration d'un référendum organisé dans les années 50 où 95% des Chypriotes grecs s'étaient prononcés en faveur du rattachement de Chypre à la mère patrie, la  Grèce. 
Pour les Chypriotes turcs, il s'agit ni plus ni moins que d'une provocation. Pour les Chypriotes grecs d'un simple rappel de l'histoire. 
Du coup, des manifestations étaient organisées samedi 18 février 2017 tout le long de la ligne de démarcation qui sépare les deux communautés depuis quarante-deux ans. Des mouvements organisés essentiellement par les jeunes qui veulent, je cite, "faire tomber le mur".

Claquement de portes

L'envoyé spécial de l'ONU a assuré de son coté que les négociations allaient se poursuivre. Espen Barth Eide a affirmé que "les deux leaders (ndlr : chypriote grec et chypriote turc) sont engagés dans le processus et que personne ne le voit comme terminé ou même suspendu."
 
Pourtant, à ce jour, rien n'indique que la reprise de ces pourparlers, prévue pour jeudi 23 février 2017, aura bien lieu,. D'où les manifestation de colère des jeunes. "Nous en avons marre", déclare Orestis Granistis, organisateur de ce  mouvement. "Ils font un pas en avant et deux en arrière. Nous voulons une Chypre unie et nous la voulons maintenant. Ca ne peut plus durer."

Une réunion entre les dirigeants des deux parties s'est interrompue jeudi 16 février 2017 lorsque l'envoyé spécial de l'ONU a mentionné ce sujet controversé de commémoration, a indiqué Mustafa Akinci, dirigeant de la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée). "Le dirigeant (ndlr : de Chypre Nicos Anastasiades) a dit: "Je n'ai rien à dire" et est sorti en claquant la porte", a déclaré Mustafa Akinci. "Comme l'atmosphère nécessaire à la poursuite des discussions dans un climat de respect s'était dissipée, nous avons également quitté la réunion", a-t-il ajouté. Mais Nicos Anastasiades conteste cette présentation des faits. Selon lui, c'est le dirigeant chypriote turc qui a quitté la table des négociations. "Le retrait de M. Akinci était injustifié, sans cause ou raison", a-t-il déclaré à la télévision. L'ONU, présente à ces négociations, refuse de donner sa version.

Changement de mentalité nécessaire

Le Secrétaire général de l'Onu António Guterres avec Nicos Anastasiades, Président de la République de Chypre (à gauche) et Mustafa Akinci, chef de la communauté chypriote turque (à droite) à Genève (photo : ONU/Jean-Marc Ferré)
Le Secrétaire général de l'Onu António Guterres avec Nicos Anastasiades, Président de la République de Chypre (à gauche) et Mustafa Akinci, chef de la communauté chypriote turque (à droite) à Genève (photo : ONU/Jean-Marc Ferré)
Sur fond de futures exploitations gazières des réserves de l'île très prometteuses, les pourparlers entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs se sont intensifiés ces dernières semaines en vue de réunifier l'île divisée.

Pour nombre d'observateurs, ce nouvel élan a été rendu possible par l'implication personnelle de Mustafa Akinci et Nicos Anastasiades. Mais, tout le monde s'accorde à dire que le plus grand obstacle à ces négociations reste la question des pays garants. La Turquie exige de le rester alors que Nicosie et Athènes ne veulent même pas en entendre parler. 
 
D'où les déclarations du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui exige que "les Chypriotes grecs changent leur mentalité pour accepter les Chypriotes turcs comme copropriétaires de l'île."
 
Chypre, qui compte un million d'habitants, est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone chypriote. 
Plusieurs résolutions de l'Onu demandant le départ des quelques 30 000 soldats turcs considérés comme une armée d'occupation sont restées lettre morte.




Lundi 20 Février 2017



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