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De la rigueur au menu de l'Europe du Sud


EUROPE. Grèce, Italie, France, Espagne, Portugal... un à un tous les pays méditerranéens de la zone euro annoncent des plans de rigueur. Certains gouvernements réfutent le mot, mais y engagent pourtant leur nation. La période 2010-2013 sera placée sous le signe de l'austérité et d'une croissance faible.



L'euro, cible de la spéculation (photo CE)
L'euro, cible de la spéculation (photo CE)
EUROPE. Le mot honteux n'est pas toujours prononcé, mais c'est bien de cela qu'il s'agit. Les gouvernements des pays méditerranéens de la zone euro engagent des politiques de rigueur destinées à rassurer les marchés et à redresser des comptes publics mal en point. Les dettes atteignaient déjà des sommets, la crise les a gonflées un peu plus alors que les marges de manœuvre étaient inexistantes. Il faut maintenant payer une addition sans cesse retardée et augmentée.
 
Le plan de sauvetage mis en place par les gouvernements européens a permis aux places boursières de remonter en flèche, aux banques et aux grandes entreprises de retrouver leur capitalisation.
 
En marge des prêts massifs claironnés devant les médias par les chefs d'état européens, le plan prévoit également un nettoyage à la paille de fer des finances publiques. Un volet beaucoup plus discret car peu populaire même s'il semble indispensable.

L'Espagne annonce 65 mds€ d'économies

A la tête de l'Espagne, José Luis Rodriguez Zapatero lance un plan de rigueur sans précédent dans le pays (photo CE)
A la tête de l'Espagne, José Luis Rodriguez Zapatero lance un plan de rigueur sans précédent dans le pays (photo CE)
Les pays européens le mettent aujourd'hui en musique, par petites touches pour de pas effrayer leurs électeurs. Sauf, bien sûr, en Grèce, qui affiche pour 2010 un déficit de 9,3% du PIB et une dette de 124,9% du PIB. La composition du remède de cheval administré à l'économie hellénique a dû être annoncée sans ménagement à la population sous la pression de l'Allemagne et du FMI.

Le gouvernement socialiste espagnol a ainsi dévoilé en deux temps un plan d'économie sur trois ans de 50 mds€, porté ces derniers jours à 65 Mds€. La dette frôle les 65% du PIB, pour un déficit public de 11,2% que le gouvernement entend ramener à 3% en 2013.  

José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé mercredi 12 mai devant son parlement une cure d'austérité extrêmement sévère. Les fonctionnaires sont en première ligne avec une baisse de 5% de leurs salaires en 2010 puis un gel en 2011. Les membres du gouvernement montreront l'exemple avec une baisse de 15% de leurs émoluments.

Arrêt des revalorisations des retraites, suppression de l'aide à la naissance de 2 500 € versée aux jeunes parents, réduction de 600 M€ de l'aide au développement et de 6 Mds€ des investissements publics, José Luis Rodriguez Zapatero met l'Espagne au pain sec et à l'eau. Il demande parallèlement aux collectivités de réduire leurs dépenses de 1,2 Mds€.

Hausse d'impôts probable au Portugal

Le Portugal retarde des investissements structurels (photo GT)
Le Portugal retarde des investissements structurels (photo GT)
Au Portugal, plusieurs investissements majeurs sont reportés, comme la construction du nouvel aéroport de Lisbonne ou d'un pont sur le Tage destiné à faire passer le TGV Madrid-Lisbonne.
Le ministre des Finances Fernando Teixeira prépare la population à une hausse d'impôts en déclarant cette mesure « pas impossible ».
 
Le parlement a déjà voté la taxation des plus-values boursières et la création d'une nouvelle tranche d'impôts pour les plus hauts revenus. La situation apparaît, comme en Espagne, très tendue avec un déficit public de 9,4% du PIB et une dette qui atteindra 86% du PIB fin 2010. Le gouvernement se donne comme objectif un déficit de 5,1%.

La France s'engage dans une politique de rigueur

Nicolas Sarkozy réfute le terme, mais s'engage pourtant bien dans une politique de rigueur (photo CE)
Nicolas Sarkozy réfute le terme, mais s'engage pourtant bien dans une politique de rigueur (photo CE)
En France, le président Nicolas Sarkozy joue avec les mots, préférant « politique responsable » à « politique de rigueur ». Pour faire passer le déficit public de 8% à 3% d'ici 2010, le gouvernement devra trouver pas moins de 95 Mds€. Son Premier ministre François Fillon a déjà annoncé un gel des dépenses sur trois ans.

A l'occasion du sommet social du 10 mai 2010, Nicolas Sarkozy a fait un pas de plus en annulant toute une série de mesures prises l'année dernière : prime de 150 euros pour les plus défavorisés, remise d'impôts sur le revenu pour la première tranche, bons d'achats pour les services à la personne, exonérations de charges sociales pour les très petites entreprises qui embauchent...

A force de prendre des coups, son bouclier fiscal se fendille et le président français admet qu'il demandera « un effort supplémentaire des hauts revenus et des revenus du capital » pour financer une partie des retraites. Et surtout, l'age de la retraite va être retardé. La dette française atteindra 83,6% du PIB en 2010.

L'Italie endettée à hauteur de 118,4% du PIB

L'Italie tremble également même si sa situation apparaît moins précaire que celle du Portugal ou de l'Espagne. Le déficit n'atteint « que » 5,3% du PIB et les agences de notation, comme Moody's, estiment que la péninsule ne fait pas partie des pays à risque. Mais l'Italie croule littéralement sous une dette qui représente 118,4% du PIB.

Pour l'instant, le président du Conseil Silvio Berlusconi n'a pas annoncé de mesures de rigueur supplémentaires, tout en prévoyant un déficit 2012 de 2,7%. Il lui faudra pourtant trouver au minimum 25 Mds€ dans un pays privé de croissance.


Gérard Tur


Mardi 11 Mai 2010



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