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Crédit carbone au Maroc : une dizaine de projets très avancés

Le Maroc compte une cinquantaine de projets carbone identifiés, correspondant à une réduction des émissions de l’ordre de 7,2 millions de tonnes équivalent CO² par an. Une dizaine sont opérationnels ou bientôt prêts.


L'éolien, l'un des principaux leviers des projets carbone au Maroc (DR)
L'éolien, l'un des principaux leviers des projets carbone au Maroc (DR)
MAROC. Mégaprojet solaire de 2 GW, parcs éoliens, élaboration d’une charte environnementale qui sera présentée en avril prochain : le Maroc amorce un nouveau virage et entend faire de l’environnement une opportunité de développement économique.

Second pays sur le continent, après l’Afrique du Sud, pour les projets MDP (mécanisme de développement propre), le Maroc a un potentiel d’atténuation estimé à 15 millions de tonneS équivalent CO² par an vers 2012 et 30 millions de tonnes vers 2020.

Aujourd’hui, les émissions de gaz à effets de serre du Maroc sont faibles : de l’ordre de 2,3 tonnes de CO² par an et par habitant, soit 10 fois moins qu’un Américain, 5 fois moins qu’un habitant des Emirats arabes unis et 2 fois moins qu’un Algérien.

Pour autant, « le Maroc est menacé par un climat très déformé. Plusieurs secteurs de notre économie peuvent être touchés comme l’eau, l’agriculture, donc nous aurons à nous adapter », indique Ali Agoumi, expert en changement climatique et professeur à l’école Hassania des Travaux Publics.

Dans le pipe, une cinquantaine de projets

Actuellement, le Maroc compte une cinquantaine de projets identifiés, correspondant à une réduction des émissions de l’ordre de 7,2 millions de tonnes équivalent CO² par an.

Dans ce portefeuille, 5 projets ont déjà été approuvés et enregistrés par les Nations Unies: le parc éolien de 10 MW mis en place à Tétouan par la cimenterie Lafarge Maroc, le parc éolien de 60 MW à Essaouira et l’installation de 100 000 kits photovoltaïques en milieu rural pour le compte de l’Office national d’électricité, la décharge de Salé qui récupère le biogaz, l’utilisation de la bagasse par une sucrerie de la Cosumar.

« Six autres sont à un stade très avancé », confie Ali Agoumi. Il s’agit de deux stations d’épuration des eaux usées à Agadir et Fès, pour lesquelles le méthane sera torché, un projet de récupération de la vapeur sur le site de Jorf par l’Office chérifien des phosphates, la décharge de la ville de Fès, un projet de l’industrie de la pêche et enfin celui d’une briqueterie.

« Aujourd’hui, le Maroc au niveau des projets MDP est intéressant selon deux axes : l’énergie et la gestion des déchets solides et liquide », indique Ali Agoumi.

Parmi les principaux intervenants du secteur : l’Etat marocain, les intervenants dans le secteur de l’éolien et de l’électricité, l’industrie sucrière et des phosphates, les cimentiers.


Christelle Marot, à CASABLANCA


Mercredi 9 Décembre 2009



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